Aufgabe NT 3 - Teilaufgabe 3.1 · Abitur NRW Französisch LK · Nachtermin · fortgeführt 2021
Thema: Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Aus der Prüfung LK · Nachtermin · fortgeführt (2021)
Aufgabenstellung
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
Au choix: Teilaufgabe 3.1
Klausurteil A
Honoré de Balzac
Ferragus – Chef des Dévorants (1833)
Il est dans Paris certaines rues déshonorées autant que peut l’être un homme coupable
d’infamie; puis il existe des rues nobles, puis des rues simplement honnêtes, puis de jeunes
rues sur la moralité desquelles le public ne s’est pas encore formé d’opinion; puis des rues
assassines, des rues plus vieilles que de vieilles douairières ne sont vieilles, des rues estimables,
5 des rues toujours propres, des rues toujours sales, des rues ouvrières, travailleuses, mercantiles.
Enfin, les rues de Paris ont des qualités humaines, et nous impriment par leur physionomie
certaines idées contre lesquelles nous sommes sans défense. Il y a des rues de mauvaise
compagnie où vous ne voudriez pas demeurer, et des rues où vous placeriez volontiers votre
séjour. Quelques rues, ainsi que la rue Montmartre, ont une belle tête et finissent en queue
10 de poisson. La rue de la Paix est une large rue, une grande rue; mais elle ne réveille aucune
des pensées gracieusement nobles qui surprennent une âme impressible au milieu de la rue
Royale, et elle manque certainement de la majesté qui règne dans la place Vendôme. Si vous
vous promenez dans les rues de l’île Saint-Louis, ne demandez raison de la tristesse nerveuse
qui s’empare de vous qu’à la solitude, à l’air morne des maisons et des grands hôtels déserts.
15 Cette île, le cadavre des fermiers-généraux 1, est comme la Venise de Paris. La place de la
Bourse est babillarde, active, prostituée; elle n’est belle que par un clair de lune, à deux heures
du matin: le jour, c’est un abrégé de Paris; pendant la nuit, c’est comme une rêverie de la
Grèce. La rue Traversière-Saint-Honoré n’est-elle pas une rue infâme ? Il y a là de méchantes
petites maisons à deux croisées, où, d’étage en étage, se trouvent des vices, des crimes, de la
20 misère. Les rues étroites exposées au nord, où le soleil ne vient que trois ou quatre fois dans
l’année, sont des rues assassines qui tuent impunément; la Justice d’aujourd’hui ne s’en mêle
pas; mais autrefois le Parlement eût peut-être mandé le lieutenant de police pour le vitupérer à
ces causes, et aurait au moins rendu quelque arrêt contre la rue […]. Cependant monsieur
Benoiston de Châteauneuf 2 a prouvé que la mortalité de ces rues était du double supérieure à
25 celle des autres. Pour résumer ces idées par un exemple, la rue Fromenteau n’est-elle pas tout
à la fois meurtrière et de mauvaise vie ? Ces observations, incompréhensibles au-delà de Paris,
seront sans doute saisies par ces hommes d’étude et de pensée, de poésie et de plaisir qui
savent récolter, en flânant dans Paris, la masse de jouissances flottantes, à toute heure, entre
ses murailles; par ceux pour lesquels Paris est le plus délicieux des monstres: là, jolie femme;
30 plus loin, vieux et pauvre; ici, tout neuf de la monnaie d’un nouveau règne; dans ce coin,
élégant comme une femme à la mode. Monstre complet d’ailleurs ! Ses greniers, espèce de
tête pleine de science et de génie, ses premiers étages, estomacs heureux; ses boutiques,
véritables pieds; de là partent tous les trotteurs 3, tous les affairés 4. Eh ! quelle vie toujours
active a le monstre ? À peine le dernier frétillement 5 des dernières voitures de bal cesse-t-il
35 au cœur que déjà ses bras se remuent aux Barrières 6, et il se secoue lentement. Toutes les
portes bâillent, tournent sur leurs gonds, comme des membranes d’un grand homard,
invisiblement manœuvrées par trente mille hommes ou femmes, dont chacune ou chacun
vit dans six pieds carrés, y possède une cuisine, un atelier, un lit, des enfants, un jardin, n’y
voit pas clair, et doit tout voir. Insensiblement les articulations craquent, le mouvement se
40 communique, la rue parle. À midi, tout est vivant, les cheminées fument, le monstre mange;
puis il rugit, puis ses mille pattes s’agitent. Beau spectacle ! Mais, ô Paris ! qui n’a pas admiré
tes sombres paysages, tes échappées de lumière, tes cul-de-sac profonds et silencieux; qui
n’a pas entendu tes murmures, entre minuit et deux heures du matin, ne connaît encore rien
de ta vraie poésie, ni de tes bizarres et larges contrastes. Il est un petit nombre d’amateurs,
45 de gens qui ne marchent jamais en écervelés 7, qui dégustent leur Paris, qui en possèdent si
bien la physionomie qu’ils y voient une verrue 8, un bouton, une rougeur. Pour les autres, Paris
est toujours cette monstrueuse merveille, étonnant assemblage de mouvements, de machines
et de pensées, la ville aux cent mille romans, la tête du monde. Mais, pour ceux-là, Paris est
triste ou gai, laid ou beau, vivant ou mort; pour eux, Paris est une créature; chaque homme,
50 chaque fraction de maison est un lobe du tissu cellulaire 9 de cette grande courtisane de laquelle
ils connaissent parfaitement la tête, le cœur et les mœurs fantastiques. Aussi ceux-là sont-ils
les amants de Paris.
Annotations
1 le cadavre des fermiers généraux: ici: Überbleibsel der Abgrenzungen eines Steuergebiets
2 Louis-François Benoiston de Châteauneuf: 1776 – 1856, économiste, statisticien et démographe français
3 le trotteur: Traber (Pferderasse)
4 l’affairé: der Beschäftigte
5 le frétillement: ici: Aufheulen der Motoren
6 les Barrières: la route des Barrières
7 en écervelé,e: sans réfléchir
8 la verrue: eine Warze
9 un lobe du tissu cellulaire: ein Stück Zellgewebe
3.1
Commentez la citation « Paris est le plus délicieux des monstres » (l. 29) en la mettant en rapport avec la métropole française du XIX e siècle ainsi qu'avec le Paris actuel. (commentaire) (12 Punkte)

Lösung
Nach den offiziellen Korrekturhinweisen
3.1 Commentez la citation « Paris est le plus délicieux des monstres » (l. 29) en la mettant en rapport avec la métropole française du XIXe siècle ainsi qu'avec le Paris actuel. (commentaire)
Lösung: Un commentaire équilibré doit développer deux volets principaux : 1. Paris au XIXe siècle : justification de l'oxymore (« délicieux » vs « monstre ») à travers le contraste entre le faste des salons, la beauté architecturale et l'effervescence intellectuelle d'une part, et la misère noire, les crimes, les maladies et les vices des bas-fonds d'autre part (société bourgeoise et clivages sociaux). 2. Paris aujourd'hui : actualisation de la formule en montrant les aspects « délicieux » contemporains (richesse culturelle, musées, gastronomie, rayonnement international, tourisme) face aux aspects « monstrueux » d'une métropole moderne (crise du logement, gentrification, pollution, densité étouffante, trafic, surtourisme).
Die ausführliche Erklärung Schritt für Schritt (mit KI) gibt es mit Premium. Premium
Löse sie direkt hier: automatische Korrektur, Hinweise und Lösung Schritt für Schritt.
‹ Aufgabe NT 2 - Teilaufgabe 3.1 · LK · Nachtermin · fortgeführt 2021
Mehr Aufgaben zu Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
- Aufgabe HT 1 - 3.1 · LK · Haupttermin · fortgeführt 2021
- Aufgabe HT 2 - 3.1 · LK · Haupttermin · fortgeführt 2021
- Aufgabe HT 3 - 3.1 · LK · Haupttermin · fortgeführt 2021
- Aufgabe NT 1 - Teilaufgabe 3.1 · LK · Nachtermin · fortgeführt 2021
- Aufgabe NT 2 - Teilaufgabe 3.1 · LK · Nachtermin · fortgeführt 2021