Sujet 3 · Bac STMG Philosophie Polynésie remplacement 2023
Thème : La vérité · Tiré du sujet Remplacement (2023)
Énoncé
SUJET 3
Expliquer le texte suivant:
Il n’y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d’autrui 1, et qui ne suppose beaucoup plus de vérités qu’il n’en établit.
Ceci est non seulement nécessaire, mais désirable. Un homme qui entreprendrait d’examiner tout par lui-même, ne pourrait accorder que peu de temps et d’attention à chaque chose; ce travail tiendrait son esprit dans une agitation perpétuelle qui l’empêcherait de pénétrer profondément dans aucune vérité et de se fixer avec solidité dans aucune certitude. Son intelligence serait tout à la fois indépendante et débile 2. Il faut donc que, parmi les divers objets des opinions humaines, il fasse un choix et qu’il adopte beaucoup de croyances sans les discuter, afin d’en mieux approfondir un petit nombre dont il s’est réservé l’examen.
Il est vrai que tout homme qui reçoit une opinion sur la parole d’autrui 3 met son esprit en esclavage; mais c’est une servitude salutaire 4 qui permet de faire un bon usage de la liberté.
Il faut donc toujours, quoi qu’il arrive, que l’autorité se rencontre quelque part dans le monde intellectuel et moral. Sa place est variable, mais elle a nécessairement une place. L’indépendance individuelle peut être plus ou moins grande; elle ne saurait être sans bornes.
TOCQUEVILLE, De la Démocratie en Amérique, (1840)
1 « sur la foi d’autrui »: en faisant confiance aux autres
2 « débile »: faible.
3 « recevoir sur la parole d’autrui »: croire quelqu’un sur parole
4 « salutaire »: bénéfique.
Rédaction de la copie
Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte.
Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n° 1);
- soit suivre le développement de son choix (option n° 2).
Il indique son option de rédaction (option n° 1 ou option n° 2) au début de sa copie.
Questions de l’option n° 1
A – Éléments d’analyse
1.
Pourquoi selon Tocqueville examiner tout par soi-même empêcherait-il d’accéder à la vérité et à la certitude ?
2.
Expliquer pourquoi il est « désirable (...) [de croire] un million de choses sur la foi d’autrui » ?
3.
Expliquer: « tout homme qui reçoit une opinion sur la parole d’autrui met son esprit en esclavage ». En quoi une telle « servitude » pourrait-elle se révéler « salutaire » ?
4.
Pourquoi selon l’auteur l’indépendance même dans le domaine intellectuel ne « saurait être sans bornes » ?
B – Éléments de synthèse
1.
Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre ?
2.
Dégagez les différents moments de l’argumentation.
3.
En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.
C – Commentaire
1.
Croire autrui sur parole révèle-t-il une faiblesse de l’esprit ?
2.
Faut-il s’en remettre à l’autorité au lieu de chercher la vérité par soi-même ?
Option n° 2 – Développement libre
Si vous choisissez l'option n° 2, rédigez ci-dessous une explication suivie et ordonnée de l'ensemble du texte selon le plan de votre choix.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
1. Pourquoi selon Tocqueville examiner tout par soi-même empêcherait-il d’accéder à la vérité et à la certitude ?
Réponse : Examiner tout par soi-même disperserait l'esprit dans une agitation perpétuelle, lui interdisant d'accorder le temps et l'attention nécessaires pour pénétrer en profondeur les vérités et s'établir dans des certitudes stables.
2. Expliquer pourquoi il est « désirable (...) [de croire] un million de choses sur la foi d’autrui » ?
Réponse : Il est désirable de croire sur la foi d'autrui parce que cette économie intellectuelle permet de concentrer son énergie et son temps sur un petit nombre de vérités fondamentales que l'on peut alors approfondir rigoureusement.
3. Expliquer : « tout homme qui reçoit une opinion sur la parole d’autrui met son esprit en esclavage ». En quoi une telle « servitude » pourrait-elle se révéler « salutaire » ?
Réponse : Recevoir une opinion d'autrui aliène l'autonomie du jugement en abdiquant son propre examen critique (« esclavage ») ; néanmoins, cette servitude est « salutaire » parce qu'elle libère l'esprit de l'angoisse du doute universel et lui permet d'agir, de penser et d'exercer véritablement sa liberté sur ce qui lui importe le plus.
4. Pourquoi selon l’auteur l’indépendance même dans le domaine intellectuel ne « saurait être sans bornes » ?
Réponse : L'indépendance intellectuelle ne saurait être sans bornes car l'autorité est une nécessité inhérente à la nature humaine et à la vie en société : nul esprit ne peut posséder à lui seul l'omniscience nécessaire pour tout fonder par ses propres moyens.
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre ?
Réponse : L'esprit humain peut-il être pleinement indépendant de toute autorité et tout examiner par lui-même, ou bien la confiance accordée à autrui est-elle la condition nécessaire de l'exercice de la pensée et de la liberté ?
Les réponses des 5 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
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