Exercice 2 · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Polynésie jour 1 - Remplacement 2022
Thème : Contraction musculaire et production d'ATP · Tiré du sujet Jour 1 - Remplacement (2022)
Énoncé
EXERCICE 2 - Corps humain et santé (8 points)
La dystrophie myotonique de Steinert
La maladie de Steinert ou dystrophie myotonique de type 1 (DM1), est une maladie rare, d'origine génétique où le gène DMPK a été identifié comme responsable. Cette maladie affecte les muscles, qui, non sollicités, s'affaiblissent (dystrophie) et qui se relâchent mal après contraction (myotonie). Elle touche également d'autres organes.
Expliquer, dans le cas particulier de la DM1, en quoi l'utilisation du système enzymatique CRISPR/Cas9 peut constituer un espoir thérapeutique.
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires.
DOCUMENT 1 – Caractéristiques génétiques d'une famille atteinte de la dystrophie myotonique de Steinert (DM1)
Les médecins distinguent différentes formes de DM1 en fonction de l'âge du patient au début de la maladie. La maladie peut ainsi être congénitale, infantile, juvénile, adulte ou tardive.
Plus les manifestations de la maladie sont précoces, plus les symptômes sont marqués et aggravés. Une famille concernée par cette myopathie est représentée dans l'arbre généalogique ci-dessous:
DOCUMENT 2 – Électrophorèse du gène DMPK
Plusieurs individus ont effectué un test génétique par électrophorèse sur le gène DMPK. Les résultats des individus I.2 et II.2 y sont indiqués par des flèches.
Nombre de répétitions du triplet CTG:
Inférieur ou égal à 20: allèle sain, phénotype normal;
Compris entre 20 et 100: allèle responsable de la forme adulte ou tardive de la maladie;
Supérieur à 100: allèle responsable de la forme juvénile de la maladie.
DOCUMENT 3 – Conséquences des répétitions du triplet CTG dans le gène DMPK
Dans la DM1, les répétitions élevées de triplets CTG, au niveau de l'ADN, sont transcrites dans les ARN messagers (1). Ces ARN trop longs ne sortent plus du noyau, mais au contraire s'y accumulent constituant des agrégats nucléaires (2). Les ARN messagers anormaux fixent et piègent diverses protéines nucléaires les empêchant de jouer leur rôle (3).
L'altération de la production de certaines protéines induit un dysfonctionnement cellulaire (4).
DOCUMENT 4 – Une utilisation du système enzymatique CRISPR/Cas9
CRISP/Cas9 est un outil moléculaire qui ouvre de nouvelles perspectives pour des travaux concernant l'ADN. Un ARN « guide » se fixe à une séquence cible de l'ADN dont il est complémentaire. La nucléase Cas9 coupe alors la double hélice d'ADN de la région ciblée. L'association de l'ARN « guide » et de la nucléase Cas9 permet ainsi de réparer la région d'ADN ciblée.
DOCUMENT 5 – Efficacité du système Crisp-Cas9 sur l'expression de différents gènes
Le gène DMPK qui est la cible du traitement enzymatique Crisp-Cas9, contrôle l'expression d'autres gènes. Ainsi trois gènes s'expriment dans les myoblastes sains sous le contrôle du gène DMPK: MBLN1, INSR et ATP2A1. On évalue leur niveau d'expression dans des myoblastes d'individus sains et d'individus atteints de myopathie de Steinert, traités ou non par l'action enzymatique Crisp-Cas9.
Les barres horizontales au sommet des histogrammes indiquent la marge d'erreur.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Expliquer, dans le cas particulier de la DM1, en quoi l'utilisation du système enzymatique CRISPR/Cas9 peut constituer un espoir thérapeutique.
Réponse : Introduction La dystrophie myotonique de Steinert (DM1) est une maladie génétique due à une anomalie du gène *DMPK*. Elle affecte les muscles et d'autres organes. Il s'agit d'expliquer pourquoi l'outil d'édition du génome CRISPR/Cas9 peut constituer un espoir thérapeutique face aux mécanismes de cette maladie. 1. Origine génétique et transmission de la DM1 (Documents 1 et 2) - Chez les individus sains, le gène *DMPK* compte au plus 20 répétitions du triplet CTG (ex. I.1 : 18 CTG). - Chez les malades, ce triplet subit une expansion : - I.2 porte 90 CTG (entre 20 et 100) : forme tardive, faiblement affectée, symptômes à 81 ans. - II.2 porte 416 CTG (symptômes à 58 ans) et II.5 400 CTG (51 ans). - III.2 et III.3 portent 870 CTG (31 et 20 ans). - IV.1 porte 1500 CTG : forme congénitale, symptômes dès 3 mois. - Un seul allèle muté suffit à provoquer la maladie (transmission dominante). - On observe une anticipation : d'une génération à l'autre, le nombre de triplets augmente, la maladie apparaît plus tôt et elle est plus sévère. 2. Conséquences cellulaires (Document 3) - Les répétitions CTG sont transcrites : l'ARNm DMPK contient alors des répétitions CUG trop nombreuses. - Ces ARNm trop longs, repliés en épingle, ne sortent plus du noyau. Ils s'y accumulent en agrégats nucléaires. - Ces agrégats piègent des protéines nucléaires qui servent à la maturation (épissage) d'autres ARNm. - La maturation de ces autres ARNm est alors altérée, de même que la production de certaines protéines. Il en résulte un dysfonctionnement cellulaire, à l'origine de la dystrophie et de la myotonie. - La cause première se situe donc dans l'ADN : c'est l'expansion de triplets. 3. Principe de CRISPR/Cas9 (Document 4) - Un ARN guide, complémentaire de la séquence cible, se fixe sur la région des répétitions CTG du gène *DMPK*. - La nucléase Cas9 coupe alors la double hélice à cet endroit, ce qui permet d'exciser les triplets surnuméraires. - L'ADN est ensuite ressoudé : on obtient un gène *DMPK* réparé, donc une correction à la source de la maladie. 4. Efficacité sur les myoblastes (Document 5) - Myoblastes DM1 non traités : - L'expression de *MBLN1* est d'environ 97-98, contre environ 40 chez les sains. - L'expression de *INSR* (environ 0 à 0,3 contre environ 6,5) et celle de *ATP2A1* (environ 0 contre environ 25) sont quasi nulles. - Myoblastes DM1 traités par CRISPR/Cas9 : - *MBLN1* redescend entre environ 30 et 57, c'est-à-dire proche du niveau sain (environ 40). - *INSR* et *ATP2A1* sont de nouveau exprimés. - Pour un des traitements (barre noire), le niveau est même équivalent à celui des cellules saines : environ 7,7 pour *INSR* et environ 40 pour *ATP2A1*, compte tenu des marges d'erreur. - Pour les autres traitements, la restauration est partielle : environ 1-2 pour *INSR* et 11-13 pour *ATP2A1*. - La réparation du gène *DMPK* rétablit donc, en partie ou en totalité, l'expression normale des gènes qu'il contrôle. On peut supposer que les ARNm DMPK ne forment plus d'agrégats et que les protéines nucléaires redeviennent fonctionnelles. Conclusion La DM1 est due à une expansion de triplets CTG dans *DMPK*. Les ARNm anormaux produits s'accumulent dans le noyau et perturbent l'expression d'autres gènes. CRISPR/Cas9 permet de cibler et de supprimer cette expansion directement dans l'ADN : il agit sur la cause même de la maladie et non sur ses symptômes. In vitro, les myoblastes traités retrouvent une expression de *MBLN1*, *INSR* et *ATP2A1* proche de la normale, d'où l'espoir thérapeutique. Cet espoir reste à confirmer, pour plusieurs raisons : - l'efficacité varie selon les traitements ; - les résultats n'ont été obtenus qu'en culture cellulaire ; - il faudrait atteindre toutes les cellules musculaires d'un patient, sans coupure hors cible ; - il s'agit d'une thérapie somatique, non transmise à la descendance.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
‹ Exercice 1 - Deuxième proposition · Polynésie 2022 (jour 1) · Exercice 2 - Première proposition · Polynésie 2021 (jour 2) ›