Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2025 (jour 1)
Thème : Les politiques économiques dans le cadre européen · Tiré du sujet Jour 1 (2025)
Énoncé
Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire
Il est demandé au candidat:
de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
À quelles difficultés se heurtent les politiques conjoncturelles dans la zone euro ?
Ce sujet comporte trois documents.
DOCUMENT 1
Principaux indicateurs conjoncturels dans quelques pays de la zone euro en 2023
1: Différence entre les recettes et les dépenses des administrations publiques. Si le solde est négatif, il s'agit d'un déficit public.
Source: D'après Eurostat, 2024.
DOCUMENT 2
L'Union européenne dispose d'un budget limité, qui s'est élevé à 160 milliards d'euros pour 2018. À lui seul, le budget général de l'État français était de 446 milliards d'euros en 2018, soit près de trois fois plus que celui de l'Union Européenne. Si on rapporte ces deux enveloppes respectivement aux populations concernées, on s'aperçoit que l'État français dépense en moyenne autour de 6 700 euros par habitant, quand l'Union européenne dispose d'un peu plus de 300 euros par citoyen. [...]
Le budget européen repose surtout sur deux grands piliers, l'agriculture et l'environnement (59 milliards d'euros en 2018) ainsi que la cohésion sociale et territoriale (56 milliards d'euros), qui représentaient à eux seuls plus de 70 % du total en 2018.
Le budget de fonctionnement de l'Union Européenne, qui inclut les frais liés à la Commission de Bruxelles, au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne, était quant à lui d'un peu moins de 10 milliards d'euros la même année, soit environ 6 % du total.
[...] Les États membres conservent des prérogatives budgétaires de premier plan. Les enveloppes consacrées en France à l'enseignement scolaire (72 milliards d'euros en 2018), à la défense et à la sécurité (63 milliards d'euros) ainsi qu'aux retraites et pensions (58 milliards d'euros) dépassent à elles seules le budget total de l'Union européenne.
Autre point de comparaison pour jauger le budget européen: le produit intérieur brut des États membres était de 15 300 milliards d'euros sur l'ensemble des Vingt-Huit en 2017. Les 160 milliards dont dispose Bruxelles ne représentent donc qu'autour de 1 % des richesses produites chaque année par les Vingt-Huit.
Source: Les Décodeurs, « Que représente le budget total de l'Union européenne », Le Monde, le 18 mars 2019.
DOCUMENT 3

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
À quelles difficultés se heurtent les politiques conjoncturelles dans la zone euro ?
Réponse : Proposition d'organisation et éléments clés de corrigé : Introduction : - Accroche : Les crises successives (dettes souveraines, Covid-19, choc inflationniste et énergétique après 2022) ont mis à l'épreuve l'architecture économique de la zone euro. - Définitions : Les politiques conjoncturelles sont des actions de court terme sur l'activité. Elles visent les objectifs du « carré magique » de Kaldor : croissance, plein emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur. Elles reposent sur la politique monétaire et la politique budgétaire. La zone euro est une union économique et monétaire : elle partage une monnaie unique et une banque centrale commune, la BCE, mais les politiques budgétaires y restent nationales. - Problématique : Dans quelle mesure l'asymétrie entre une politique monétaire unique et des politiques budgétaires nationales contraintes limite-t-elle l'efficacité des politiques conjoncturelles face à l'hétérogénéité des économies membres ? - Annonce du plan : - I. Une politique monétaire unique difficile à conduire dans une zone hétérogène. - II. Des politiques budgétaires contraintes et mal coordonnées. Partie I : Une politique monétaire unique confrontée à la divergence des conjonctures nationales A. Un taux unique pour des situations hétérogènes (chocs asymétriques) : - La BCE fixe un taux directeur unique (« one size fits all »). Document 3 : le taux baisse jusqu'à 0 % de 2016 à 2022, puis remonte fortement jusqu'à 4,5 % en septembre 2023 pour lutter contre l'inflation. - Les conjonctures nationales divergent pourtant fortement en 2023 (Document 1) : - croissance : de +5,6 % à Malte à -3,2 % en Irlande et -3,0 % en Estonie ; - chômage : de 3,5 % à Malte à 12,2 % en Espagne ; - inflation : 2,4 % en Belgique et en Espagne contre 9,6 % en Slovaquie. - Le tableau cite aussi la Hongrie et la Tchéquie, qui n'appartiennent pas à la zone euro : il faut les manier avec prudence. - Un même taux est trop restrictif pour les pays en récession et trop accommodant pour les pays en surchauffe. Les écarts d'inflation produisent en outre des taux d'intérêt réels différents d'un pays à l'autre. - L'ajustement par le taux de change nominal est impossible au sein de la zone. Les autres mécanismes d'ajustement (mobilité du travail, flexibilité des salaires) restent faibles : la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale (Mundell). B. Un mandat centré sur la stabilité des prix et des dilemmes : - L'objectif prioritaire de la BCE est une inflation proche de 2 % à moyen terme. - Face à un choc d'offre (stagflation), la hausse des taux freine l'activité et l'emploi. - La politique monétaire est peu efficace près de la borne zéro (trappe à liquidité). Elle a dû recourir à des instruments non conventionnels (assouplissement quantitatif). - La remontée des taux renchérit le service de la dette des États très endettés. Partie II : Des politiques budgétaires nationales contraintes et un budget européen insuffisant A. Des marges de manœuvre nationales encadrées et souvent épuisées : - Le Pacte de stabilité et de croissance plafonne le déficit à 3 % du PIB et la dette à 60 % du PIB. Il vise à éviter les comportements de passager clandestin et les crises de dette. - Ces règles sont procycliques : elles imposent l'austérité en période de crise, comme en 2010-2014. - Les situations budgétaires sont très hétérogènes (Document 1) : - dette : 162 % du PIB en Grèce, 137 % en Italie, 111 % en France, contre 19,6 % en Estonie ; - solde public : déficit de 7,4 % en Italie et de 5,9 % en France, contre un excédent de 3,1 % à Chypre. - Les pays qui en auraient besoin ont peu de marges, sous la contrainte des marchés (primes de risque) et de la hausse des taux. B. Un défaut de coordination et l'absence de véritable budget fédéral : - Le budget européen est très limité (Document 2) : 160 milliards d'euros, soit environ 1 % du PIB de l'UE et un peu plus de 300 € par citoyen, contre 6 700 € par habitant pour l'État français. - Ce budget est surtout consacré à l'agriculture et à la cohésion (plus de 70 %). Il n'a donc pas de fonction de stabilisation conjoncturelle. - Les politiques budgétaires nationales sont mal coordonnées : chaque pays profite des relances de ses voisins sans en supporter le coût (externalités, passager clandestin), et la politique monétaire est mal articulée avec les budgets nationaux (policy mix). - Des avancées existent, mais elles restent limitées : clause dérogatoire générale de 2020, plan de relance NextGenerationEU (emprunt commun), réforme des règles budgétaires en 2024. Conclusion : - Les politiques conjoncturelles de la zone euro se heurtent à une politique monétaire unique mal adaptée à des économies hétérogènes. Elles se heurtent aussi à des politiques budgétaires nationales contraintes et peu coordonnées, faute de budget fédéral. - Ouverture : une plus grande intégration budgétaire (capacité budgétaire commune, eurobonds) permettrait-elle de faire de la zone euro une zone monétaire plus proche de l'optimalité ?
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
Épreuve composée - Deuxième partie · Polynésie 2025 (jour 2) ›
Plus d’exercices de Les politiques économiques dans le cadre européen
- Épreuve composée - Deuxième partie · Polynésie 2025 (jour 2)
- Épreuve composée - Première partie · Polynésie jour 1 - Remplacement 2024
- Épreuve composée - Troisième partie · Polynésie 2024 (jour 2)
- Épreuve composée - Sujet A - Première partie · Polynésie 2022 (jour 1)
- Épreuve composée - Sujet B - Première partie - Qu… · Polynésie 2022 (jour 2)
- Épreuve composée - Sujet A - Première partie · Polynésie jour 2 - Remplacement 2022