Épreuve composée - Sujet A - Première partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie jour 2 - Remplacement 2022

Thème : Les politiques économiques dans le cadre européen · Tiré du sujet Jour 2 - Remplacement (2022)

Énoncé

Première partie: Mobilisation des connaissances (4 points)

Comment peut-on expliquer la difficulté à gérer les chocs asymétriques dans la zone euro ?

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Corrigé

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Comment peut-on expliquer la difficulté à gérer les chocs asymétriques dans la zone euro ?

Réponse : Un choc asymétrique est une perturbation imprévue de l'offre ou de la demande qui touche spécifiquement un seul pays ou une région donnée de la zone euro, ou qui affecte différemment les pays membres. La gestion d'un tel choc est particulièrement complexe au sein de la zone euro pour plusieurs raisons principales : 1. La perte de l'instrument monétaire et du taux de change au niveau national : Les pays membres partagent une monnaie unique gérée par la Banque centrale européenne (BCE). La politique monétaire est unique et vise la stabilité des prix pour l'ensemble de la zone euro. Un État touché par un choc négatif ne peut donc ni dévaluer sa monnaie pour restaurer sa compétitivité-prix, ni baisser unilatéralement ses taux d'intérêt directeurs pour relancer l'activité. 2. Les contraintes sur les politiques budgétaires nationales : Pour absorber un choc négatif, l'État affecté ne peut compter que sur sa politique budgétaire (hausse des dépenses publiques ou baisse des impôts). Cependant, ces politiques sont encadrées par des règles budgétaires strictes (Pacte de stabilité et de croissance : limitation du déficit public à 3 % du PIB et de la dette publique à 60 % du PIB), ce qui restreint les marges de manœuvre budgétaires des gouvernements. 3. L'absence d'un budget fédéral conséquent et de solidarité automatique : Contrairement à une véritable union budgétaire ou fédérale (comme les États-Unis), l'Union européenne dispose d'un budget réduit (environ 1 % du RNB européen) qui ne permet pas d'effectuer des transferts financiers automatiques et massifs vers les pays en crise. 4. La faible mobilité du travail : Selon la théorie des zones monétaires optimales (Mundell), la mobilité des facteurs de production (notamment du travail) peut atténuer les chocs asymétriques. Or, en Europe, la mobilité de la main-d'œuvre entre pays reste limitée en raison des barrières linguistiques, culturelles et institutionnelles.

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