Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2023 (jour 1)

Thème : La structuration de la société française actuelle · Tiré du sujet Jour 1 (2023)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que, depuis la seconde moitié du XX e siècle, la structure socioprofessionnelle française a connu des évolutions importantes.

DOCUMENT 1

Source: d'après Charline BABET, « Comment ont évolué les métiers en France depuis 30 ans ? Forte progression des métiers du tertiaire et des métiers les plus qualifiés », DARES analyses, janvier 2017.

DOCUMENT 3

Depuis le début des années 1960, les femmes ont massivement investi le marché du travail. Le taux d'activité 1 des femmes a fortement augmenté: de 46 % au début des années 1960, il est passé à 67,2 % en 2017 pour les femmes de 15 à 64 ans. Dans le même temps, celui des hommes s'est réduit, passant de 89 % à 75,6 %, sous l'effet de l'allongement de la durée des études [...].

C'est un changement majeur. Au sein des couples, la norme n'est plus celle de la femme au foyer, mais celle du ménage à double apporteur de revenu.

Cela ne signifie pas que les femmes n'ont jamais travaillé, dans l'histoire, mais que leur activité n'était pas, le plus souvent, rémunérée. Une partie des évolutions décrites pour la période 1960-2017 résulte de l'intégration à la sphère marchande d'un travail invisible et gratuit (épouse d'agriculteurs, d'artisans, de commerçants, etc.). Mais elle ne s'y réduit pas. Et l'intégration au salariat, donc au travail rémunéré, change la donne.

La volonté d'indépendance financière, d'indépendance tout court, a conduit les femmes, à partir des années 1960, à s'insérer dans les études et dans l'emploi bien plus massivement qu'elles ne l'avaient fait auparavant. La croissance économique des Trente Glorieuses a facilité cette insertion (besoin important de main-d'œuvre), en même temps qu'elle en a résulté. De force d'appoint, les femmes sont devenues partie prenante de la population active. Elles représentent 48,8 % de la population active en 2017 et 49,8 % des salarié.e.s.

Source: Louis CHAUVEL, Anne LAMBERT, Dominique MERLLIE, Françoise MILEWSKI, Les mutations de la société française, 2019.

1: Le taux d'activité correspond au nombre d'actifs rapporté à l'ensemble de la population en âge de travailler. On considère comme étant en âge de travailler les personnes âgées de 15 à 64 ans.

Énoncé: Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2023 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Sujet : À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que, depuis la seconde moitié du XXe siècle, la structure socioprofessionnelle française a connu des évolutions importantes.

Réponse : Proposition de plan et éléments de réponse : ### Introduction - Accroche : Depuis 1945, la France a connu de profondes transformations économiques et sociales qui ont bouleversé le monde du travail. - Définition : La structure socioprofessionnelle désigne la répartition de la population active entre différents groupes professionnels (PCS de l'INSEE). - Problématique : En quoi les transformations de l'emploi depuis la seconde moitié du XXe siècle ont-elles modifié la composition de la population active française ? - Annonce du plan : La structure de l'emploi a été marquée par une salarisation, une tertiairisation et une féminisation massives (I). On analysera ensuite l'élévation du niveau de qualification et la recomposition des métiers (II). --- ### I. La salarisation, la tertiairisation et la féminisation de la population active 1. Une salarisation quasi généralisée et le recul des indépendants : - Les agriculteurs exploitants, artisans et commerçants déclinent, sous l'effet des gains de productivité et de la concentration des entreprises. - Document 1 : la part des indépendants dans l'emploi passe d'environ 13,3 % en 1982-1984 à environ 7,4 % en 2012-2014. - Le salariat devient la norme (près de 90 % de l'emploi). Document 2 : le taux de salarisation de l'emploi féminin passe d'environ 69 % en 1960 à près de 95 % en 2000. 2. La tertiairisation de l'économie : - Les emplois se déversent du primaire puis du secondaire vers le tertiaire, avec la hausse du niveau de vie et l'évolution de la demande. - Document 2 : la part des services dans l'emploi féminin passe d'environ 48 % en 1960 à environ 76 % en 2000. - Les professions intermédiaires et les employés des services progressent, au détriment des ouvriers de l'industrie. 3. La féminisation massive du marché du travail : - Document 3 : le taux d'activité des femmes de 15 à 64 ans passe de 46 % au début des années 1960 à 67,2 % en 2017. Celui des hommes baisse de 89 % à 75,6 %. - Document 2 : l'emploi féminin représentait environ 62 % de l'emploi masculin en 1960, contre 92,5 % en 2000 (phrase de lecture). - Document 3 : les femmes représentent 48,8 % de la population active et 49,8 % des salariés en 2017. - Facteurs explicatifs : volonté d'indépendance financière, allongement des études, essor du tertiaire, besoin de main-d'œuvre des Trente Glorieuses, passage au modèle du ménage à double apporteur de revenu. --- ### II. L'élévation des qualifications et la recomposition des métiers 1. La progression des métiers les plus qualifiés : - Elle s'explique par la massification scolaire et par le progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié. - Document 1 : la part des cadres passe d'environ 7,8 % (1982-1984) à environ 16,1 % (2012-2014), soit un doublement. Celle des professions intermédiaires passe d'environ 19,6 % à environ 24,7 %. 2. Le recul des ouvriers, surtout non qualifiés : - La désindustrialisation, l'automatisation et les délocalisations font reculer l'emploi ouvrier. - Document 1 : les ouvriers non qualifiés passent d'environ 11 % à environ 4,9 % de l'emploi. Les ouvriers qualifiés passent d'environ 19,1 % à environ 16,5 %. 3. Une polarisation partielle de l'emploi : - Les employés qualifiés reculent (d'environ 18,9 % à 17 %). Les employés non qualifiés progressent (d'environ 10,1 % à 13,2 %) : aide à domicile, nettoyage, commerce. Ces emplois de services peu qualifiés sont souvent occupés par des femmes. - On observe ainsi une montée aux deux extrémités (cadres d'un côté, employés non qualifiés de l'autre) et une recomposition du milieu de la hiérarchie des emplois. ### Conclusion Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la structure socioprofessionnelle française s'est profondément transformée. Elle est devenue plus salariée, plus tertiaire, plus féminine et plus qualifiée, avec cependant une polarisation de certains emplois de services peu qualifiés. Ouverture possible : ces évolutions posent la question des inégalités entre femmes et hommes (ségrégation professionnelle, temps partiel) et de la précarité de certains emplois.

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