Dissertation - Sujet 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2023 (jour 2)

Thème : Le changement climatique : approches historique et géopolitique · Tiré du sujet Jour 2 (2023)

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Dissertation – Sujet 1

Changement climatique et sociétés, depuis le Moyen Âge.

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Changement climatique et sociétés, depuis le Moyen Âge.

Réponse : Proposition d'un plan détaillé et éléments de contenu attendus pour la dissertation : Introduction - Accroche : Depuis les travaux pionniers d'Emmanuel Le Roy Ladurie (Histoire du climat depuis l'an mil, 1967) jusqu'aux rapports du GIEC, l'histoire du climat et de ses interactions avec les sociétés est devenue un enjeu historique, écologique et géopolitique majeur. - Définitions : Le changement climatique désigne une variation durable du climat terrestre (températures, précipitations), d'origine naturelle ou anthropique. Les sociétés sont les groupes humains organisés (structures économiques, sociales, politiques) qui interagissent avec leur milieu. - Bornes chronologiques : Du Moyen Âge (Xe-XIe siècle) à nos jours, avec la rupture de la révolution industrielle (XIXe siècle), souvent retenue comme point de départ de l'Anthropocène. - Problématique : Dans quelle mesure les sociétés sont-elles passées d'une vulnérabilité subie face aux variations climatiques naturelles à une responsabilité active dans le réchauffement global, qui impose de nouvelles formes d'adaptation et de gouvernance ? - Annonce du plan : I. Du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle : des sociétés vulnérables face aux variations naturelles. II. Depuis la révolution industrielle : l'Anthropocène et l'impact inédit des activités humaines sur le climat. III. Depuis la fin du XXe siècle : prise de conscience, adaptation et difficile gouvernance mondiale du climat. --- I. Du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle : des sociétés agraires vulnérables aux aléas climatiques naturels - A. L'Optimum climatique médiéval (vers 950-1300) : un contexte favorable. Températures plus douces : extension des cultures (vigne en Angleterre, céréales en altitude), grands défrichements, essor démographique, installation des Vikings au Groenland (Érik le Rouge, vers 985). - B. Le Petit Âge glaciaire (XIVe - milieu XIXe siècle) : crises et déstabilisations. Hivers rigoureux, étés pourris, avancée des glaciers alpins. Mauvaises récoltes, cherté des grains, famines (1315-1317, grand hiver de 1709, 1693-1694 en France). Abandon des colonies vikings du Groenland. Émeutes frumentaires ; les mauvaises récoltes de 1788 contribuent au contexte de la Révolution française. L'éruption du Tambora (1815) provoque « l'année sans été » de 1816. - C. Des réponses limitées. Lecture religieuse des aléas (processions, colère divine). Puis, progressivement, une gestion plus rationnelle : greniers, police des grains, diffusion de nouvelles cultures comme la pomme de terre, premières observations météorologiques. --- II. De la révolution industrielle à la fin du XXe siècle : l'Anthropocène, l'homme devient un facteur du changement climatique - A. L'ère des énergies fossiles. Charbon, puis pétrole et gaz : industrialisation, urbanisation, croissance démographique. Hausse des émissions de CO2 et de la concentration atmosphérique (environ 280 ppm vers 1850, plus de 420 ppm aujourd'hui). « Grande accélération » après 1945. - B. La découverte scientifique du réchauffement anthropique. Fourier et Tyndall (effet de serre), Arrhenius (1896), courbe de Keeling (Mauna Loa, 1958), carottes glaciaires (Vostok). Notion d'Anthropocène proposée par Paul Crutzen (2000). - C. Des effets désormais mesurables et inégaux. Hausse d'environ 1,1-1,2 °C depuis l'ère préindustrielle, recul des glaciers, montée du niveau des mers, événements extrêmes (canicule de 2003 en Europe). Les vulnérabilités sont inégales : petits États insulaires, Sahel, deltas (Bangladesh). Les responsabilités sont historiquement inégales entre pays du Nord et émergents. --- III. Depuis la fin du XXe siècle : la difficile construction d'une réponse collective - A. L'institutionnalisation d'une gouvernance mondiale. Création du GIEC (1988), Sommet de la Terre de Rio (1992, CCNUCC), protocole de Kyoto (1997), accord de Paris (COP21, 2015) avec un objectif inférieur à 2 °C, idéalement 1,5 °C. - B. Des tensions géopolitiques et des limites. Opposition Nord-Sud (responsabilités communes mais différenciées), retraits américains de l'accord de Paris, poids de la Chine et de l'Inde, échec relatif de Copenhague (2009). Les engagements restent insuffisants et non contraignants. - C. La multiplication des acteurs et des stratégies. Atténuation (transition énergétique, Pacte vert européen) et adaptation (digues aux Pays-Bas, migrations climatiques). Rôle des villes, des ONG, de la société civile (mobilisations de la jeunesse, procès climatiques comme « l'Affaire du siècle ») et des entreprises. --- Conclusion - Bilan : D'abord soumises aux fluctuations naturelles (Optimum médiéval, Petit Âge glaciaire), les sociétés sont devenues, depuis la révolution industrielle, le principal moteur d'un réchauffement rapide et global. - Réponse à la problématique : On passe d'une vulnérabilité subie à une responsabilité active. Cela impose une gouvernance mondiale encore fragile et inégalitaire. - Ouverture : Question de la justice climatique, des réfugiés climatiques et de la capacité des démocraties à engager une transition à la hauteur de l'enjeu.

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