Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Nouvelle-Calédonie 2023 (jour 2)
Thème : Le défi de la construction de la paix : traités de Westphalie et sécurité collective · Tiré du sujet Jour 2 (2023)
Énoncé
PREMIÈRE PARTIE
Dissertation 2: Les défis de la construction de la paix
Rédigez votre dissertation en mobilisant vos connaissances historiques et géopolitiques. Votre devoir doit comporter une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties équilibrées et une conclusion.

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Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Dissertation 2 : Les défis de la construction de la paix
Réponse : ### Proposition de plan détaillé Introduction - Accroche : Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix (2001), Kofi Annan affirmait que la paix n'est pas seulement l'absence de guerre, mais un édifice qui exige développement, démocratie et respect des droits humains. - Définitions : la paix (absence de conflit violent ; distinction de Johan Galtung entre paix négative et paix positive) ; la construction de la paix (*peacebuilding*, processus de long terme visant à prévenir la reprise des conflits et à consolider les institutions) ; les défis (obstacles politiques, juridiques, diplomatiques, matériels et mémoriels). - Problématique : Comment est-on passé d'une paix d'équilibre négociée entre puissances à la recherche d'une paix universelle et durable, et à quels obstacles cette construction se heurte-t-elle aujourd'hui ? - Annonce du plan : 1) les modèles classiques de la paix par les traités ; 2) l'idéal de sécurité collective et ses limites ; 3) les nouveaux défis de la consolidation de la paix. --- I. De la paix des traités à l'équilibre des puissances : les modèles classiques - A. Le modèle westphalien (1648) - Les traités de Münster et d'Osnabrück mettent fin à la guerre de Trente Ans. - Ils fondent la souveraineté des États et le principe de non-ingérence. - La paix y est un compromis diplomatique entre souverains, reposant sur l'équilibre des puissances. - B. Les limites d'une paix imposée - Le traité de Versailles (1919), vécu comme un « diktat » en Allemagne, nourrit le revanchisme exploité par le nazisme. - Une paix qui ne traite pas les causes profondes des rivalités (nationalismes, impérialismes) reste fragile. --- II. L'ambition de la sécurité collective et ses désillusions - A. Des institutions internationales pour garantir la paix - La SDN (1919), issue de l'idéalisme wilsonien, veut régler pacifiquement les différends. - Elle est affaiblie par l'absence des États-Unis et par l'absence de moyens coercitifs. - L'ONU (Charte de San Francisco, 1945) en prend le relais : - interdiction du recours à la force (article 2 §4) ; - Conseil de sécurité doté de pouvoirs de coercition (Chapitre VII). - B. Les blocages structurels - Pendant la guerre froide, le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto des membres permanents. - Les opérations de maintien de la paix ont un bilan contrasté : - succès au Cambodge et au Mozambique ; - échecs tragiques au Rwanda (génocide des Tutsi, 1994) et à Srebrenica (1995). - L'unilatéralisme fait son retour et contourne l'ONU : Kosovo en 1999, Irak en 2003, Ukraine depuis 2014 et 2022. - Le veto de la Russie et de la Chine bloque l'action sur la Syrie. --- III. Les nouveaux défis de la construction d'une paix durable - A. Des conflits plus difficiles à résoudre - Les conflits sont désormais surtout intra-étatiques et asymétriques, avec des acteurs non étatiques (milices, groupes terroristes comme Daech). - Les États faillis (Somalie, Sahel, Afghanistan) n'offrent pas d'interlocuteur capable de garantir un accord. - Le Moyen-Orient en donne l'exemple : les accords d'Oslo (1993) puis leur échec montrent la difficulté d'une paix négociée lorsque les enjeux territoriaux, identitaires et religieux s'entremêlent. - B. Reconstruire les sociétés après la guerre - La justice pénale internationale juge les crimes les plus graves : TPIY, TPIR, puis la CPI (1998-2002). - La justice transitionnelle et les commissions vérité et réconciliation (Afrique du Sud) traitent le passé des sociétés divisées. - La consolidation passe par le désarmement des combattants (DDR), la reconstruction de l'État et le développement. - Kofi Annan crée la Commission de consolidation de la paix (2005) et promeut la « responsabilité de protéger ». - Une paix durable suppose aussi la participation des sociétés civiles et des femmes (résolution 1325, 2000). --- Conclusion - Bilan : la construction de la paix a évolué vers une conception plus ambitieuse : - d'abord un compromis entre États souverains (Westphalie) ; - puis la sécurité collective portée par l'ONU ; - enfin une paix « positive » qui associe justice, développement et réconciliation. - Obstacles persistants : - les rivalités de puissance et le blocage du Conseil de sécurité ; - la nature nouvelle des conflits ; - le poids des mémoires. - Ouverture : face au retour des guerres de haute intensité (Ukraine) et aux nouvelles menaces (cyber, climat), la paix reste moins un état acquis qu'une construction permanente et fragile.
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