Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Nouvelle-Calédonie 2023 (jour 1)
Thème : Le défi de la construction de la paix : traités de Westphalie et sécurité collective · Tiré du sujet Jour 1 (2023)
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PREMIÈRE PARTIE
Dissertation au choix du candidat.
Dissertation 2:
Négocier la paix depuis 1648: permanences et mutations

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Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Dissertation 2 : Négocier la paix depuis 1648 : permanences et mutations
Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - *Accroche :* Les traités de Westphalie (1648) ont mis fin à la guerre de Trente Ans et inauguré un ordre international nouveau fondé sur la souveraineté des États. - *Définitions :* « Négocier la paix » renvoie aux processus diplomatiques, traités, arbitrages et mécanismes institutionnels visant à résoudre les conflits armés. « Permanences et mutations » invite à confronter la continuité des principes (souveraineté, diplomatie interétatique) aux ruptures majeures (sécurité collective, élargissement des acteurs, nouveaux types de conflits). - *Cadre chronologique :* De 1648 (traités de Münster et d'Osnabrück) à l'époque contemporaine. - *Problématique :* Comment les modalités de négociation de la paix ont-elles évolué depuis le modèle westphalien classique face à la transformation de la nature des guerres et à l'avènement de la sécurité collective ? I. L'ordre westphalien classique (1648 - début du XXe siècle) : une paix négociée entre États souverains : - A. La naissance du système westphalien : égalité souveraine des États, non-ingérence dans les affaires intérieures, diplomatie de congrès multilatéraux (congrès de Münster et d'Osnabrück). - B. L'équilibre des puissances comme garant de la paix : de la paix d'Utrecht (1713) au congrès de Vienne (1815), qui instaure le « concert européen » pour maintenir le statu quo territorial et politique. - C. Une paix souvent précaire et dictée par les vainqueurs : négociation réservée aux souverains et aux diplomates, compromis territoriaux qui ignorent les aspirations nationales des peuples (lesquelles s'affirment au XIXe siècle). II. Les mutations du XXe siècle : l'invention et les épreuves de la sécurité collective : - A. L'idéal de la sécurité collective après les guerres totales : les 14 points de Wilson, la création de la Société des Nations (SDN) en 1919 et ses faiblesses face aux totalitarismes. - B. La refondation du multilatéralisme avec l'ONU (1945) : Charte de San Francisco, rôle central du Conseil de sécurité et droit de veto, opérations de maintien de la paix des « Casques bleus » (action de Dag Hammarskjöld). - C. Les blocages et contournements durant la guerre froide : paralysie fréquente du Conseil de sécurité, paix garantie par l'équilibre de la terreur (dissuasion nucléaire), accords bilatéraux Est-Ouest (accords SALT) et conférence d'Helsinki (1975). III. Négocier la paix aujourd'hui : nouveaux défis et redéfinition des acteurs : - A. La transformation de la conflictualité : déclin des guerres interétatiques classiques au profit des guerres civiles, des conflits asymétriques et du terrorisme transnational (Al-Qaïda, Daech). Face à des acteurs non étatiques qui rejettent les règles internationales, la négociation devient difficile. - B. L'élargissement des voies de la paix : - rôle de la justice pénale internationale (TPI pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, Cour pénale internationale créée en 1998) pour juger les crimes de guerre et favoriser la réconciliation ; - médiations d'ONG et d'acteurs religieux (communauté de Sant'Egidio au Mozambique en 1992) ; - commissions vérité et réconciliation (Afrique du Sud). - C. Une paix toujours dépendante des puissances et difficile à construire : - échecs de l'ONU (Rwanda 1994, Srebrenica 1995) ; - interventions unilatérales ou contestées (Irak 2003) ; - processus de paix inaboutis (accords d'Oslo en 1993 et conflit israélo-palestinien) ; - retour de la guerre interétatique (Ukraine depuis 2022) et de la diplomatie de puissance ; - importance croissante du « peacebuilding » (reconstruction de l'État et de la société). Conclusion : - *Bilan :* Depuis 1648, négocier la paix reste d'abord une affaire d'États souverains et de rapports de force ; c'est la grande permanence de l'héritage westphalien. Les mutations sont pourtant profondes : passage de l'équilibre des puissances à la sécurité collective (SDN puis ONU), intégration du droit et de la justice internationale, multiplication des acteurs (organisations internationales, ONG, médiateurs) face à des conflits devenus surtout intra-étatiques et asymétriques. - *Réponse à la problématique :* La négociation de la paix s'est élargie et institutionnalisée sans pour autant échapper aux logiques de puissance. - *Ouverture :* Le retour des guerres de haute intensité et la crise du multilatéralisme posent la question de la capacité de l'ordre international actuel à construire une paix durable.
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