Sujet 4 · Bac STMG Philosophie Métropole remplacement 2021

Thème : La nature · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2021)

Énoncé

Expliquez le texte suivant:

Les forces réunies du genre humain tout entier ne pourraient pas créer une nouvelle propriété de la matière en général, non plus que de l'un de ses corps. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de tirer parti pour nos fins des propriétés que nous découvrons. Un navire flotte sur les eaux en vertu des mêmes lois de pesanteur spécifique et d'équilibre qu'un arbre déraciné par les vents et précipité dans l'eau. Le blé que l'homme produit pour s'en nourrir, pousse et forme son grain en vertu des mêmes lois de végétation qui font porter à la rose sauvage et au fraisier des montagnes leurs fleurs et leurs fruits. Une maison se tient debout et fait corps en vertu des propriétés naturelles, du poids et de la cohésion des matériaux qui la composent. Une machine à vapeur produit des effets par la force expansive naturelle de la vapeur, qui exerce une pression sur un point d'un mécanisme approprié, pression qui, en vertu des propriétés mécaniques du levier, se transmet de ce point à un autre où elle élève un poids ou écarte un obstacle qu'on a mis en contact avec elle. Dans ce cas comme dans toutes les autres opérations artificielles, le rôle de l'homme, ainsi qu'on l'a souvent remarqué, demeure renfermé dans d'étroites limites; il se borne à changer les choses d'une place à une autre place donnée. Nous mettons un objet en mouvement, et par là nous plaçons certaines choses en contact, qui étaient séparées auparavant, ou nous en séparons d'autres qui étaient en contact; et par ce simple changement de lieu, des forces naturelles, auparavant en sommeil, entrent en jeu et produisent l'effet voulu. Bien plus, la volonté qui décide d'un projet, l'intelligence qui en combine le plan, et la force musculaire qui l'exécute, tous ces mouvements sont eux-mêmes des forces de la nature.

MILL, Trois essais sur la religion (1874)

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l'explication de texte. Il peut:

soit répondre dans l'ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);

soit suivre le développement de son choix (option n°2).

Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.

A. Éléments d'analyse

Comment les quatre exemples (le navire, le blé, la maison, la machine à vapeur) permettent-ils de comprendre les rapports entre les « opérations artificielles » de l'homme et la nature ?

Pourquoi « les forces réunies du genre humain tout entier ne pourraient-elles pas créer une nouvelle propriété de la matière » ?

Comment comprendre que « la volonté », « l'intelligence » et la « force musculaire » soient elles-mêmes des « forces de la nature » ?

B. Éléments de synthèse

Quelle est la question à laquelle l'auteur tente de répondre ?

Quelles sont les principales étapes du raisonnement dans ce texte ?

En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l'idée principale du texte.

C. Commentaire

En quel sens, d'après le texte, peut-on dire que « l'homme est renfermé dans d'étroites limites » ?

Comment comprendre, à partir de ce texte, la place de l'homme dans la nature ?

Consultez la solution proposée ci-dessous pour comparer avec votre rédaction.

Énoncé: Sujet 4 · Bac STMG Philosophie Métropole remplacement 2021

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Expliquez le texte suivant : [...] MILL, Trois essais sur la religion (1874)

Réponse : Option n°1 A. Éléments d'analyse 1. Les quatre exemples (le navire qui flotte comme un arbre déraciné, le blé qui pousse comme la rose sauvage, la maison qui tient debout grâce au poids et à la cohésion des matériaux, la machine à vapeur qui transmet une pression par un levier) vont du plus simple au plus complexe. Tous montrent que l'objet fabriqué par l'homme obéit exactement aux mêmes lois naturelles que les phénomènes purement naturels : pesanteur, végétation, cohésion, mécanique. L'« opération artificielle » n'introduit donc aucune loi nouvelle ; elle exploite des lois déjà à l'œuvre dans la nature. L'artifice n'est pas une rupture avec la nature mais un usage particulier de ses propriétés. 2. Les forces humaines ne peuvent créer une nouvelle propriété de la matière parce que ces propriétés (pesanteur, cohésion, expansion de la vapeur...) appartiennent à la nature même des choses, indépendamment de toute volonté humaine. Créer une propriété nouvelle supposerait de changer la nature intime de la matière, ce qui dépasse le pouvoir de l'homme. Celui-ci peut seulement découvrir ces propriétés et « en tirer parti pour ses fins », jamais en conférer de nouvelles aux choses. 3. La volonté, l'intelligence et la force musculaire sont elles-mêmes des « forces de la nature » car l'homme est un être naturel. Son corps (la force musculaire) et son esprit (la volonté, l'intelligence) obéissent eux aussi à des lois physiologiques et psychologiques. Quand l'homme agit, ce n'est donc pas une force extérieure à la nature qui intervient, mais une force naturelle parmi d'autres, simplement orientée par un projet. B. Éléments de synthèse 1. L'auteur cherche à répondre à la question suivante : quel est le véritable pouvoir de l'homme sur la nature, et en quoi consiste au juste une « opération artificielle », c'est-à-dire une technique ? 2. Le raisonnement se déroule en quatre étapes : - (a) Thèse initiale : l'homme ne peut créer aucune propriété nouvelle de la matière ; il peut seulement utiliser celles qu'il découvre. - (b) Illustration par quatre exemples gradués : les objets fabriqués obéissent aux mêmes lois que les objets naturels. - (c) Généralisation : toute opération artificielle se réduit à déplacer des choses, à les mettre en contact ou à les séparer, ce qui réveille des forces naturelles « en sommeil ». - (d) Conclusion radicale : même la volonté, l'intelligence et la force musculaire, qui semblent être l'origine de l'action, sont des forces naturelles. 3. L'idée principale est que la technique humaine n'est pas une création ex nihilo mais une simple combinaison de forces naturelles préexistantes. L'homme, agent naturel parmi d'autres, ne fait que déplacer les choses pour libérer et orienter des forces données par la nature. Son action tout entière, y compris sa volonté et son intelligence, appartient à la nature. C. Commentaire 1. L'homme est « renfermé dans d'étroites limites » en ce sens que son pouvoir propre se réduit à un changement de lieu : mettre en mouvement, rapprocher, séparer. Tout l'effet produit (le navire qui flotte, le grain qui mûrit, le poids soulevé) est l'œuvre des forces naturelles, non de l'homme. Il ne crée ni lois ni propriétés ; il dépend entièrement de ce que la nature lui offre et de la connaissance qu'il en a. Cette limite n'est pourtant pas une impuissance pure. En connaissant mieux les lois, l'homme accroît considérablement son efficacité, selon la formule de Bacon : « on ne commande à la nature qu'en lui obéissant ». L'étroitesse concerne la nature de son pouvoir, qui consiste à agencer et non à créer, et non son étendue pratique. On peut aussi discuter ce point : la chimie moderne ou les biotechnologies ne produisent-elles pas des matériaux aux propriétés inédites ? Mill répondrait qu'elles ne font encore que combiner des propriétés existantes. 2. Le texte situe l'homme à l'intérieur de la nature et non face à elle. Il rejette l'idée d'un homme « maître et possesseur » qui serait extérieur à la nature et la dominerait comme un créateur. L'homme est une partie de la nature qui se sert de la nature, ses fins elles-mêmes étant portées par des forces naturelles. Cette conception, naturaliste et proche du déterminisme, a deux conséquences : - Elle rabaisse l'orgueil technicien : l'homme n'invente rien d'absolu. - Elle interdit d'opposer artificiel et naturel comme deux ordres séparés. On peut en tirer une leçon d'humilité et de responsabilité : puisque nous dépendons des lois naturelles, notre action doit les connaître et les respecter. On peut toutefois objecter que la spécificité humaine tient à la capacité de se fixer des fins, à la conscience et à la liberté. Même si l'intelligence est une force naturelle, elle est la seule qui conçoive un projet et se représente la nature. Ainsi, l'homme n'est pas hors de la nature, mais il y occupe une place singulière : celle d'un être qui la comprend et l'oriente.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Sujet 1 · Métropole 2024

Plus d’exercices de La nature