Exercice 2.2 et 2.3 - Financement de l'investissement · Bac STMG Management des Sciences de Gestion et du Numérique Métropole remplacement 2023

Thème : Le financement de l'investissement et de l'exploitation · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2023)

Énoncé

Présentation de l'entreprise Myfood

Implantée depuis 2015 à Molsheim dans le département du Bas-Rhin, l'entreprise Myfood est une jeune pousse ( start-up 1) qui propose une gamme de solutions de cultures pour la maison, allant du grand bac à légumes pour appartement à la serre connectée destinée au jardin. Grâce à des capteurs, une application pour téléphones mobiles permet par exemple de surveiller le potager à distance et de régler la température, le taux d'humidité, le pH 2 des sols pour s'assurer que les conditions restent toute l'année favorables à la culture.

Ces systèmes contribuent à l'autonomie alimentaire pour ceux qui l'installent. « Dans une serre de 22 m², on pourra produire jusqu'à 400 kilogrammes de légumes par an. De quoi nourrir quatre personnes pendant un an », précise Mickaël Gandecki, un des fondateurs de l'entreprise.

Le prix des serres varie entre 5 000 et 30 000 euros en fonction de la taille et des équipements.

D'après les calculs des fondateurs, l'installation d'une serre serait rentabilisée en à peine cinq ans.

Cette entreprise a déjà vendu plus de 500 serres connectées en Europe depuis sa création. Les confinements liés à la crise de la COVID-19 ont encore accéléré la croissance de l'entreprise, lui permettant de doubler son chiffre d'affaires entre 2020 et 2021. Myfood a aussi dû faire évoluer son mode de production, ce qui a créé de nouveaux besoins de financement. Aujourd'hui les dirigeants s'interrogent:

Comment Myfood peut-elle poursuivre son développement tout en maintenant sa performance ?

1 Start-up: jeune entreprise innovante notamment dans le secteur des nouvelles technologies

2 pH: unité de mesure d'acidité

Dossier 2 – Le financement de Myfood, soutien de son développement

Documents à exploiter

Document 1: Myfood prépare l'industrialisation de ses serres connectées

Document 7: La cohésion chez Myfood - entretien avec un des responsables

Document 8: la « French Tech Strasbourg »

Document 9: Myfood ouvre son capital aux particuliers

Document 10: bilan fonctionnel de Myfood au 31/12/2021

Les dirigeants de Myfood veillent à mettre en œuvre les décisions et les actions appropriées pour financer leur entreprise et trouver un modèle économique rentable en accord avec ses valeurs. En ce sens, ils ont décidé d'adhérer à la « French tech Strasbourg ».

Par ailleurs, ils s'attachent tout particulièrement à la nature de leurs ressources et donc au choix des modalités de financement de l'investissement de 3 millions d'euros envisagé dans le cadre du développement de l'activité. Ils savent qu'ils doivent envisager différentes sources de financement tout en ayant pour objectif de préserver un minimum de 200 000 euros de trésorerie. Les actionnaires de l'entreprise ont fait savoir qu'ils ne souhaitent pas être sollicités pour cette opération. L'entreprise vient donc récemment d'ouvrir son capital aux particuliers afin de lever des fonds pour financer ce projet.

Document 1

Myfood prépare l'industrialisation de ses serres connectées

En septembre 2017, Myfood a franchi une étape cruciale en levant 1,5 million d'euros auprès du fonds ABA (Alsace Business Angels) et de plusieurs investisseurs privés. De quoi l'aider à s'installer dans de nouveaux locaux plus vastes à Molsheim et renforcer son équipe commerciale.

[…] Pour répondre aux commandes croissantes, la production de serres doit augmenter rapidement. Une partie de l'argent levé va être investie dans l'industrialisation du produit. En somme, l'idée est de passer du stade artisanal à l'échelle industrielle. Cela suppose notamment d'effectuer un travail de normalisation de certains composants, encore au stade de prototype. « Par chance, il existe en Alsace un tissu industriel assez dense de partenaires qui peuvent nous aider à passer ce cap », estime Mickaël Gandecki cofondateur et dirigeant de la start-up.

L'objectif de la start-up est de multiplier le chiffre d'affaires par trois cette année en dépassant 1,5 million d'euros. À l'horizon 2021-2023, elle compte vendre un millier de serres par an.

Source: d'après business.lesechos

Document 7

La cohésion chez Myfood – entretien avec un des responsables

Quelles sont les valeurs que Myfood partage avec ses salariés ?

La qualité de l'ambiance de travail est fondamentale pour nous et fait partie de nos valeurs, encore plus depuis le confinement. Nos bureaux sont récents, aménagés en 2015. Ils ont été organisés pour le confort des collaborateurs et en plateau ( openspace). Cela favorise la communication informelle et le travail en équipe.

Comment vos collaborateurs ont-ils traversé les confinements ?

Presque tous nos salariés étaient en télétravail pendant les confinements. Il n'a pas été simple de garder de la convivialité et de l'efficacité. Nous avons beaucoup utilisé les outils numériques. Les réunions se tenaient à distance. Nous avons même fait des apéros « Zoom 6 ». Plus sérieusement, nous travaillons à distance avec notre application Myfoodhub qui nous permet d'avoir un état des lieux en temps réel sur les projets et de rester en relation avec nos clients et fournisseurs.

Quelle marge de manœuvre laissez-vous à vos collaborateurs en termes d'autonomie ?

Nous cherchons systématiquement à responsabiliser nos collaborateurs sur des projets qu'ils peuvent mener de A à Z. Cela favorise la créativité et donc l'innovation. Les équipes fonctionnent de manière autonome. Chaque semaine nous faisons une réunion d'équipe pendant laquelle chacun présente l'avancée de ses projets. Le système hiérarchique classique est remplacé par une structure plate où les collaborateurs s'auto-dirigent. Avec un effet accélérateur sur le bien-être au travail. Tous les collaborateurs sont convaincus du bienfondé de l'autonomie alimentaire et de notre responsabilité environnementale.

Que vous apporte en la matière le fait d'être membre du réseau French tech Strasbourg ?

Cela nous permet de bénéficier de conseils notamment en matière de recrutement. À titre d'exemple, grâce au réseau, nous avons recruté un community manager 7 qui a joué un rôle important dans l'amélioration de la marque employeur. Par ailleurs, nous discutons régulièrement avec les autres membres afin de partager notre expérience ou mettre en commun des informations importantes. Par exemple, c'est lors d'une réunion du réseau que nous avons fait la connaissance du directeur de l'Institut National du Service Public de Strasbourg. Organisme avec lequel, nous avons depuis peu, créé un partenariat afin d'assurer la formation continue de nos collaborateurs.

De manière plus générale, la participation au réseau nous permet de bénéficier de nombreuses ressources favorisant le développement de l'entreprise.

Source: les auteurs

6 Zoom: plateforme privée qui propose des visioconférences

7 Community manager: animateur de communauté sur les réseaux sociaux

Document 8

La « French Tech Strasbourg »

French Tech Strasbourg est une communauté d'entrepreneurs qui œuvrent pour répondre aux problématiques quotidiennes des entrepreneurs et plus spécifiquement, pour favoriser le développement des startups existantes.

L'ambition de French Tech Strasbourg est de rassembler, animer et faire progresser l'écosystème de startups de Strasbourg et sa région en permettant à ses membres de disposer de diverses ressources:

humaines: conseil en recrutement, développement de la marque employeur, mise en lien avec des organismes de formation, etc.

financières: mise en relation avec des business angels 8, proposition de solutions de financement innovantes, aide à la mise en place du paiement électronique, etc.

organisationnelles: mise en relation avec les autres membres de la communauté afin de favoriser le partage d'expérience, conseil en management ou en communication, aide à la création d'un site internet, etc.

Son action a démarré sous l'impulsion d'un petit groupe d'entrepreneurs strasbourgeois. Ce groupe grandit depuis, au fil des Demo Night successives. […]

Son action se concentre autour de trois fondamentaux:

Une Demo Night par trimestre

Une Demo Night est un événement où […] des porteurs de projets, viennent présenter leur projet de produit ou service sous forme de démo de cinq minutes. […]

C'est un événement sympathique qui permet aux nouveaux talents d'émerger, de se faire connaître et de commencer à être accompagné par les membres du groupe.

À l'issue de la Demo Night, les membres du Founder's Club (voir ci-après) votent pour ou contre l'entrée de chaque startupers dans le groupe. […]

Des meetups 9 mensuels

Si les Demo Night sont des événements exceptionnels, les meetups réguliers permettent d'aborder des sujets intéressants pour les startups: la levée de fonds, le recrutement, le financement, le paiement électronique, etc.

Le Founder's Club

C'est le groupe des fondateurs de startups qui ont été accepté dans le groupe. Une liste de diffusion et un tchat 10 permettent d'échanger sur différents sujets. Environ quatre fois par an, ses membres se réunissent physiquement, pour un dîner […] où l'un d'entre eux vient exposer son expertise sur un sujet intéressant pour la communauté.

Source: d'après frenchtechstrasbourg.com

8 Business angel: investisseur qui décide d'investir dans une start-up innovante à fort potentiel

9 Meetups: rassemblement de personnes ayant un intérêt commun

10 Tchat: dialogue en ligne

Document 9

Myfood ouvre son capital aux particuliers

Myfood, entreprise alsacienne conceptrice de serres connectées, vient d'ouvrir son capital aux particuliers. Sur les conseils de French Tech Strasbourg, l'entreprise a choisi de passer par la plateforme d'investissement participatif en ligne LITA.co. Cette plateforme est dédiée à « une finance durable, transparente et solidaire ».

Avec un ticket minimum de 200 euros, les investisseurs ont pu acquérir des actions et bénéficier d'avantages financiers et d'une plus-value potentielle. Les fonds récoltés à hauteur de 592 974 € vont contribuer à financer une partie du projet d'investissement envisagé par Myfood.

Document 10

Bilan fonctionnel de Myfood au 31/12/2021

ACTIF · · PASSIF

Emplois stables · 790 000 € · Ressources stables · 3 250 000 €

Immobilisations incorporelles · 700 000 € · Capitaux propres · 2 500 000 €

Immobilisations corporelles · 50 000 € · Amortissement des immobilisations · 250 000 €

Immobilisations financières · 40 000 € · Dettes financières (emprunts) · 500 000 €

Actif circulant · 950 000 € · Passif circulant · 490 000 €

Trésorerie active · 2 000 000 € · Trésorerie passive · 0 €

Total général · 3 740 000 € · Total général · 3 740 000 €

Certaines données ont été adaptées pour les besoins du sujet et des raisons de confidentialité.

L'entreprise souhaite conserver une trésorerie d'au moins 200 000 €.

Le ratio d'indépendance financière mesure la dépendance d'une entreprise vis-à-vis du secteur bancaire. Il est généralement admis qu'il doit rester inférieur à 50 %. Il se calcule ainsi:

Indépendance financière = Dettes financières / (Capitaux Propres + Amortissements)

Source: les auteurs

Dossier 2 – Questions 2.2 et 2.3

2.2.

Apprécier la capacité de l'entreprise Myfood à autofinancer son projet d'investissement de trois millions d'euros.

2.3.

Identifier, en justifiant par des calculs appropriés, les modalités de financement externes que Myfood peut mobiliser pour mener à bien son projet d'investissement.

Énoncé: Exercice 2.2 et 2.3 - Financement de l'investissement · Bac STMG Management des Sciences de Gestion et du Numérique Métropole remplacement 2023

Corrigé

Corrigé établi d’après les éléments de correction officiels

2.2. Apprécier la capacité de l'entreprise Myfood à autofinancer son projet d'investissement de trois millions d'euros.

Réponse : L'entreprise ne peut pas autofinancer seule le projet : sa trésorerie mobilisable n'est que de 1 800 000 € (2 000 000 € - 200 000 € de sécurité), ce qui est inférieur aux 3 000 000 € requis.

2.3. Identifier, en justifiant par des calculs appropriés, les modalités de financement externes que Myfood peut mobiliser pour mener à bien son projet d'investissement.

Réponse : Emprunt bancaire et/ou subventions. Calculs : Fonds nécessaires après autofinancement (1 800 000 €) et financement participatif (592 974 €) = 607 026 €. Taux d'endettement actuel = 18,18 % (< 50 %), permettant largement d'emprunter.

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