Partie économique - Sujet 2 · Bac STMG Droit et Économie Métropole remplacement 2021

Thème : Les politiques économiques de l'État et de l'Europe · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2021)

Énoncé

SUJET 2

À partir de vos connaissances et des annexes, répondez aux questions suivantes:

Annexe 1: Taux de croissance du PIB de 2007 à 2020 (en %)

Annexe 2: Évolution du revenu disponible brut et des taux d'épargne et de consommation entre 2019 et 2020

Annexe 3: Les entreprises françaises craignent de perdre leurs débouchés.

Si l'on en croit la Banque de France, entre le 1er mars et le 31 juillet [2020], les ménages ont mis de côté 85 milliards d'euros. Avec un bémol: il s'agit d'un chiffre global qui ne dit rien sur le nombre de ménages qui ont vu leurs revenus disponibles baisser. Là, c'est le trou noir. Personne ne sait ni combien ni quels ménages ont souffert des conséquences économiques de la pandémie.

Reste qu'avec l'aggravation à venir du chômage et alors que la confiance des ménages dans la situation économique reste inférieure à son niveau d'avant crise, l'Insee pointe « le risque d'un choc significatif [forte baisse] de demande [de biens et services]. Les entreprises sont nombreuses à craindre des pertes de débouchés ». […]

Selon une étude de trois économistes de la Banque de France, publiée en 2015, la chute de l'investissement des entreprises dans 22 pays, entre 1996 et 2014, s'explique à 80 % par le manque de demande anticipé et à 17 % par les incertitudes.

D'autant que le contexte international risque de ne pas être très porteur pendant quelque temps, surtout pour un pays comme la France qui fait 15 % de toutes ses exportations de biens dans l'aéronautique, secteur particulièrement touché par la crise. Ainsi, au-delà de la dépense intérieure, « un autre poste de la demande [de biens et services] est à surveiller, il s'agit du commerce mondial qui reprend lentement, ce qui se voit dans les carnets de commandes à l'étranger des entreprises qui ont du mal à se remplir », pointe Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l'Insee.

Source: Les Echos, 8 septembre 2020

Annexe 4: Qu'est-ce qu'une politique budgétaire ?

Lorsque la conjoncture économique se dégrade fortement ou en cas de crise, les pouvoirs publics peuvent décider d'intervenir directement et de mettre en œuvre des mesures spécifiques en termes de dépenses, d'impôts ou de transferts sociaux afin d'influer volontairement sur la conjoncture. […] L'État peut augmenter certaines dépenses publiques comme la rémunération des fonctionnaires, les aides aux entreprises, les dépenses d'investissement dans des infrastructures, etc. ou diminuer certaines recettes (réduction de l'impôt sur le revenu pour les ménages, remises d'impôts pour les entreprises, etc.). Le déficit budgétaire permet ainsi de stimuler l'activité économique à court terme en favorisant une augmentation de la demande des agents économiques qui disposent de davantage de ressources monétaires pour la consommation ou l'investissement. Dans un contexte d'ouverture croissante des économies, une politique de relance budgétaire risque de favoriser les entreprises étrangères au détriment des entreprises nationales. Le soutien de la demande se traduit alors par une augmentation des biens et services importés et un déséquilibre de la balance commerciale. […]

Une autre limite de la politique budgétaire qui est liée au financement du déficit budgétaire concerne l'augmentation de la dette publique. Une dette importante implique en effet le versement d'intérêts considérables. Cette dépense due à la charge des intérêts aggrave le déficit, ce qui conduit à un nouvel endettement public et peut entraîner une hausse des taux d'intérêt. C'est ce que l'on appelle le cercle vicieux de la dette. […]

Source: Vie-publique.fr, septembre 2019

Annexe 5: Lancement du Plan de relance de la France le 3 septembre 2020.

Le Plan de relance de 100 milliards d'euros (40 milliards d'euros du plan seront financés par l'Union européenne) s'articule autour de trois priorités: l'écologie, la compétitivité et la cohésion. […] Il s'inscrit dans la continuité des 470 milliards d'euros déjà mobilisés depuis mars 2020 pour financer les mesures d'urgence destinées aux entreprises et salariés impactés par la crise sanitaire du Coronavirus COVID-19.

L'écologie est au cœur du Plan de relance. Sur 100 milliards d'euros, 30 milliards d'euros sont destinés au financement de la transition écologique. L'objectif est d'accélérer la conversion écologique de l'économie française pour qu'elle soit plus durable et plus économe de nos ressources naturelles et atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Cette orientation stratégique se concrétise dans le Plan de relance à travers: la rénovation thermique des bâtiments, l'aide à la décarbonation de l'industrie, le bonus écologique, la prime à la conversion pour l'achat d'un véhicule propre […].

Pour favoriser le développement d'activités à forte valeur ajoutée en France et créer des emplois, le Plan de relance intègre aussi les transformations qui rendront notre économie plus compétitive. La relance est la clé de notre souveraineté économique et de notre indépendance technologique. Cela se traduit notamment par: la baisse des impôts de production, l'investissement massif dans les technologies d'avenir (technologies vertes), le renforcement du soutien à la recherche, la formation, […].

Pour éviter la hausse des inégalités en France en raison de l'impact économique de la crise, la relance doit aussi être une relance sociale et territoriale. Le Plan de relance porte ainsi un élan collectif à travers: l'accompagnement vers l'emploi des jeunes et des plus vulnérables, dont les personnes en situation de handicap, la sauvegarde de l'emploi (dispositifs d'activité partielle et de formation), le soutien aux personnes précaires (majoration de l'allocation de rentrée scolaire, hébergement d'urgence, plan de soutien aux associations de lutte contre la pauvreté) […].

Source: Economie.gouv.fr

Annexe 6: Les politiques fiscale et budgétaire pour soutenir la reprise de l'activité économique.

Les mesures de politique budgétaire jouent un rôle essentiel pour atténuer les difficultés induites par les règles de confinement, et devraient continuer de le faire alors que les pouvoirs publics s'efforcent d'aider les ménages et les entreprises, de protéger l'emploi et de préparer la reprise économique qui suivra la pandémie mondiale, selon un nouveau rapport de l'OCDE. […]

En outre, les pouvoirs publics aident aussi les entreprises à conserver leurs salariés au moyen de mécanismes de chômage partiel ou de subventions salariales, et ont renforcé le soutien au revenu des ménages, facilité l'accès et assoupli les critères d'éligibilité aux indemnités de maladie, et parfois étendu la couverture des prestations de chômage aux travailleurs indépendants.

Le rapport indique qu'avec la levée progressive du confinement, une politique budgétaire expansionniste pourrait s'avérer nécessaire pendant une période prolongée afin de stimuler la consommation des ménages et l'investissement des entreprises dans les pays où la reprise est faible. Les mesures de relance pourraient renforcer la résilience face aux risques sanitaires et promouvoir la décarbonisation de l'économie, tandis que la coordination des politiques augmentera l'efficacité des mesures de relance.

Source: OCDE, avril 2020

1.

Décrivez l'évolution du taux de croissance entre 2007 et 2020.

2.

Expliquez le lien entre les évolutions du taux de croissance, du revenu disponible et du taux d'épargne entre 2019 et 2020.

3.

Déterminez les effets de la crise sur la demande de biens et services pour les entreprises françaises.

4.

Distinguez les principaux éléments du plan de relance de la France en 2020.

5.

Rédigez une argumentation qui vous permette de répondre à la question suivante:

Une politique budgétaire de relance peut-elle suffire à assurer une reprise de l'activité économique ?

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Corrigé

Corrigé établi d’après les éléments de correction officiels

Décrivez l'évolution du taux de croissance entre 2007 et 2020.

Réponse : Le taux de croissance passe de +2% en 2007 à près de -3% en 2009. Il redevient ensuite positif et oscille entre 0 et 2% de 2009 à 2019. En 2020, il devrait chuter très fortement et redevenir négatif, les prévisions indiquant -8%.

Expliquez le lien entre les évolutions du taux de croissance, du revenu disponible et du taux d'épargne entre 2019 et 2020.

Réponse : Sur la période 2019-2020, le taux de croissance devient négatif, passant de 1,5% à -8%. Sur la même période, le revenu disponible brut évolue négativement, passant d'une augmentation de 0,9% au premier trimestre 2019 à une baisse de 2,3% au deuxième trimestre 2020. Le taux d'épargne augmente quant à lui, passant de 15,1% début 2019 à 27,4% au deuxième trimestre 2020.

Déterminez les effets de la crise sur la demande de biens et services pour les entreprises françaises.

Réponse : La crise entraîne une baisse de la demande de biens et services pour les entreprises françaises à trois niveaux : baisse du revenu des ménages français et donc de la consommation ; baisse de l'investissement se traduisant par une baisse de la demande de biens intermédiaires ; baisse des exportations entraînant une baisse de la demande de biens et services pour les entreprises françaises.

Distinguez les principaux éléments du plan de relance de la France en 2020.

Réponse : Le plan de relance de la France s'articule autour de trois priorités : l'écologie (financement de la transition écologique), la compétitivité (développement d'activités à forte valeur ajoutée, plus exportatrices) et la cohésion (limitation des inégalités et de la pauvreté).

Rédigez une argumentation qui vous permette de répondre à la question suivante : Une politique budgétaire de relance peut-elle suffire à assurer une reprise de l'activité économique ?

Réponse : Le candidat peut développer un ou deux axes, avec au moins trois arguments. Axe 1 (la politique budgétaire de relance peut permettre la reprise) : Argument 1 - une hausse des revenus disponibles des ménages (revenus de transferts) relance la consommation et la demande, donc la reprise (Annexes 1 et 2) ; Argument 2 - un soutien aux entreprises (baisse des impôts de production) permet d'investir davantage et de relancer la demande (Annexe 5) ; Argument 3 - les aides à la rénovation thermique et les bonus écologiques relancent à la fois la consommation et l'investissement « verts » (Annexe 5). Axe 2 (la politique budgétaire peut s'avérer insuffisante) : Argument 1 - en économie ouverte, elle peut favoriser les entreprises étrangères via la hausse des importations (Annexe 4) ; Argument 2 - un endettement excessif peut aggraver le déficit (cercle vicieux de la dette, Annexe 4) ; Argument 3 - l'ampleur inédite de la crise rend ses effets de long terme incertains ; Argument 4 - une politique monétaire et des politiques structurelles doivent accompagner la politique budgétaire pour renforcer son efficacité. Tout autre argument pertinent est à accepter.

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