Partie économique - Sujet 1 · Bac STMG Droit et Économie Métropole 2021

Thème : Les politiques économiques de l'État et de l'Europe · Tiré du sujet Métropole France (2021)

Énoncé

Le candidat traite l'un des 2 sujets proposés parmi le sujet 1 et le sujet 2.

SUJET 1

À partir de vos connaissances et de la documentation fournie en annexe:

Annexe 1: La loi psychologique fondamentale exposée par J.M. KEYNES

La demande globale comprend les dépenses des consommateurs et des investisseurs. Concernant la consommation, Keynes met en avant une « loi psychologique fondamentale », selon laquelle « lorsque le revenu croît, la consommation aussi, mais dans une mesure moindre », et il définit la propension à consommer comme la relation entre consommation et le revenu national. [...] Dans la Théorie générale, Keynes distingue la propension moyenne et la propension marginale à consommer.

Source: ENS Lyon

Annexe 2: L'accroissement de la propension à consommer par des politiques de redistribution

D'après l'analyse keynésienne, toute réduction des inégalités dans la distribution des revenus doit accroître la propension à consommer au niveau macroéconomique, puisque l'épargne s'accroît quand on s'élève dans la hiérarchie des revenus. La mise en œuvre de politiques de redistribution, comme la progressivité de l'impôt sur le revenu ou les transferts sociaux, serait donc susceptible d'accroître la consommation.

Source: Patrick VILLIEU, Macroéconomie: consommation et épargne, Édition La Découverte, 1997.

Annexe 3: Pouvoir d'achat et consommation

La consommation des ménages a certes ralenti en 2018, [...] mais, comme déjà observé au premier trimestre 2019 avec une progression de 0,4 %, la consommation des ménages gagnerait désormais en vigueur, soutenue par les gains de pouvoir d'achat. Elle accélérerait d'ici fin 2019, puis conserverait un rythme soutenu en 2020 (1,7 % en moyenne annuelle).

Source: INSEE et Banque de France, 30 avril 2019

Annexe 4: 2019, le pouvoir d'achat des Français est en hausse

Dans leurs études respectives, l'Insee et l'Institut des Politiques Publiques anticipent une forte hausse du pouvoir d'achat des Français. Le budget 2019 et les mesures d'urgence économique et sociale décrétées par le président de la République en sont les principaux responsables. [...]

L'Institut des Politiques Publiques (IPP) a publié la semaine dernière une étude analysant l'impact pour les ménages des réformes fiscales et sociales mises en œuvre par le gouvernement. Elle s'intéresse au budget 2019 et particulièrement aux mesures d'urgence économique et sociale mises en place en décembre 2018 par le président de la République. [...]

Ces études notent une augmentation notable du pouvoir d'achat des Français par rapport au début du quinquennat. Selon l'INSEE, cette augmentation est de 2% pour les classes moyennes et de 4.2% pour les actifs. L'augmentation globale, tous français confondus, est estimée à au moins + 1.6%. 72% des ménages bénéficieront de cette hausse selon l'IPP. [...]

Les mesures d'urgence économique et sociale jouent un rôle important dans cette hausse. La prime d'activité [a vu son montant augmenter] de 90€ et le nombre de bénéficiaires a été élargi, passant de 3,8 millions à 5 millions de personnes concernées. Couplée à la revalorisation légale du SMIC, cette augmentation sera d'environ 100€ par mois pour une personne célibataire percevant autour d'un SMIC. [...] Les heures supplémentaires sont défiscalisées et exonérées de cotisations: désormais, pour chaque heure supplémentaire travaillée, c'est zéro charge et zéro impôt dessus. Le gouvernement souhaite faire en sorte que le travail paye et qu'il paye bien. [...]

Quelques jours avant, le Premier ministre avait annoncé une série d'autres mesures pour les plus fragiles. Notamment le chèque énergie, ce versement annuel qui aide ceux qui en ont le plus besoin à payer leurs factures d'énergie, a été augmenté de 50€ et son nombre de bénéficiaires a été élargi. C'est désormais 5,8 millions de personnes qui y sont éligibles en France. [...]

La taxe d'habitation sera supprimée intégralement pour 4 Français sur 5 d'ici à 2020: elle a déjà baissé de 30% en 2018, elle baissera à nouveau de 30% en 2019 jusqu'à être supprimée en 2020. C'est une mesure de justice sociale et fiscale: en moyenne, c'est +600€ par an pour 80% des Français.

Source: gouvernement.fr, 28 janvier 2019

Annexe 5: Le poids de la dépense publique

Le montant des dépenses publiques de la France a atteint 1 294 milliards d'euros en 2017. Cela représente 56,5 points de PIB, soit le ratio le plus élevé parmi les pays de l'Union européenne. Au vu de cette situation, il paraît justifié de se fixer pour objectif de réduire le poids des dépenses publiques de 3 points de PIB en cinq ans, de façon structurelle, c'est-à-dire sous l'hypothèse conventionnelle que la croissance s'inscrira sur son rythme potentiel de moyen terme. En effet, cet objectif permet à la fois de dégager des marges de manœuvre en matière de recettes publiques, en autorisant leur baisse de 2 points de PIB [de 2017 à 2022], tout en assurant la soutenabilité à long terme de la dette publique de la France, en installant celle-ci sur une trajectoire descendante de près de 100 points de PIB aujourd'hui jusqu'à un niveau compris entre 70 et 75 points de PIB à horizon 2040.

1.

Identifiez l'arbitrage que fait chaque ménage à partir de son revenu disponible.

2.

Expliquez le lien entre l'augmentation du revenu d'un ménage et sa propension marginale à consommer.

3.

Présentez les conséquences de l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages sur la consommation et la richesse d'un pays.

4.

Montrez que la France fait plus appel à la dépense publique que la moyenne des pays européens.

5.

Rédigez une argumentation qui vous permette de répondre à la question suivante: Les politiques économiques de demande permettent-elles toujours de relancer la croissance ?

Énoncé: Partie économique - Sujet 1 · Bac STMG Droit et Économie Métropole 2021

Corrigé

Corrigé établi d’après les éléments de correction officiels

1. Identifiez l'arbitrage que fait chaque ménage à partir de son revenu disponible.

Réponse : Les ménages réalisent des arbitrages à partir de leur revenu disponible : choix de consommer et/ou d'épargner, à des niveaux qui vont varier en fonction du niveau de leur revenu disponible. Pour certains ménages, ces arbitrages sont très contraints et ne résultent pas vraiment d'un choix du fait d'un certain nombre de dépenses obligatoires.

2. Expliquez le lien entre l'augmentation du revenu d'un ménage et sa propension marginale à consommer.

Réponse : Le choix du niveau de consommation dépend du revenu courant. La propension marginale à consommer mesure la variation de la consommation lorsque le revenu disponible augmente d'une unité (variation de la dépense de consommation finale d'un ménage / variation du revenu disponible du ménage). Cette propension marginale à consommer diminue au fur et à mesure que le revenu s'élève.

3. Présentez les conséquences de l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages sur la consommation et la richesse d'un pays.

Réponse : Si les ménages, en particulier les plus modestes, perçoivent une hausse de leur revenu disponible, par le moyen de baisse des impôts, de versement de primes d'activité, ou de chèque énergie (annexe 4), ils pourront ainsi transférer ces gains de pouvoir d'achat, vers de la consommation. La consommation des ménages permet ensuite aux entreprises d'augmenter leur niveau de production et donc leur richesse créée. Pour le pays, cela se traduit par une hausse du PIB et donc du taux de croissance. Lorsque la production augmente, les entreprises peuvent augmenter leur demande sur le marché du travail. Cela crée de l'emploi et une augmentation des revenus pour les ménages, qui voit leur pouvoir d'achat augmenter. Il s'agit d'un cercle vertueux. Ce mécanisme vertueux ne peut être constaté que si le gain de pouvoir d'achat est transféré vers la consommation et non de l'épargne. Il sera d'autant plus fort si la consommation se porte sur des produits fabriqués en France et non importés.

4. Montrez que la France fait plus appel à la dépense publique que la moyenne des pays européens.

Réponse : Retraite, vieillesse, social, santé, subventions et aides à l'économie, défense sont les catégories dans lesquelles la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. La France s'inscrit ainsi dans une logique de politique de la demande, qui consiste pour un État à ne pas se contenter d'intervenir dans les seules fonctions régaliennes mais également d'essayer de stimuler la demande par diverses politiques, en particulier au niveau des politiques sociales, ou encore au soutien de différents secteurs économiques stratégiques (Exemples : +3,4% dépenses en faveur des retraites, +1,9% dépenses en faveur de l'économie). (Annexe 5)

5. Rédigez une argumentation qui vous permette de répondre à la question suivante : Les politiques économiques de demande permettent-elles toujours de relancer la croissance ?

Réponse : Le candidat peut se positionner sur un seul axe ou développer les deux (au moins trois arguments attendus). Axe 1 : Oui, les politiques économiques de demande permettent de relancer la croissance Argument 1 : L'utilisation de la politique conjoncturelle via la politique budgétaire (augmentation des dépenses de l'état et réduction des impôts et taxes) permet la mise en place d'une politique de la demande qui soutient la consommation. (Annexe 4) Argument 2 : La hausse du pouvoir d'achat des ménages, induite par les différentes mesures conjoncturelles décidées par l'État, a un effet sur la consommation des ménages, et donc la hausse du PIB, ce qui permet d'entretenir la croissance économique. (Annexes 3, 4 et connaissances du candidat) Argument 3 : La mise en œuvre de politiques de redistribution, comme la progressivité de l'impôt sur le revenu ou transferts sociaux est susceptible d'accroître la consommation, dans la mesure où la propension marginale à consommer des ménages à bas revenus est plus importante que la propension marginale à consommer des ménages plus aisés. (Annexes 1, 2 et connaissances des candidats) Argument 4 : L'utilisation des politiques structurelles via la politique de l'emploi permet la création d'emploi donc l'augmentation des revenus. (Connaissances du candidat) Axe 2 : Non, les politiques économiques de demande ne permettent pas toujours de relancer la croissance Argument 1 : Les ménages peuvent développer une épargne de précaution importante, en lien avec la crainte d'une conjoncture économique défavorable et d'une méfiance. De ce fait, les mesures prises par l'État en faveur d'une hausse de pouvoir d'achat sont inutiles car transférées vers un comportement d'épargne. (Connaissances personnelles du candidat) Argument 2 : En Europe, le processus d'intégration économique a entraîné la mise en place de règles communes de politique budgétaire ainsi que des critères européens concernant les déficits publics, ce qui contraint la France en termes de déficits publics et de politique budgétaire. (Annexe 5 et connaissances personnelles du candidat) Argument 3 : Une politique monétaire visant à stabiliser les prix en augmentant les taux directeurs ne favorisera pas l'octroi de crédit et la consommation des ménages. (Connaissances personnelles du candidat) Argument 4 : L'utilisation d'une politique de la demande peut entraîner un niveau de dépenses publiques qui va à terme avoir un effet sur le niveau de déficit public et de dette publique et donc risque de provoquer une hausse des prélèvements obligatoires pour les agents économiques (ménages et entreprises). Même si cette hausse des prélèvements ne se produit pas immédiatement, les ménages peuvent anticiper cette hausse et constituer une hausse de l'épargne de précaution, ce qui est défavorable à la croissance. (Connaissances personnelles du candidat) Argument 5 : Enfin, l'effet sur la croissance sera moindre si la consommation se porte sur des produits importés, ce qui va augmenter le déficit commercial (pour la France) et contraindre à des politiques économiques restrictives (connaissances du candidat). En conclusion, face aux limites des politiques de demande, un certain nombre de pays ont mis en œuvre des politiques de l'offre, qui visent à développer l'offre des entreprises grâce à des politiques structurelles (amélioration du fonctionnement des marchés, dont le marché du travail, financement de la recherche et de l'investissement). Accepter tous les autres arguments pertinents proposés par le candidat.

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