Exercice Étude critique de document · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 1 remplacement 2024
Thème : Le changement climatique : approches historique et géopolitique · Tiré du sujet Métropole France 1 remplacement (2024)
Énoncé
Le candidat traitera l'étude critique de document suivante.
Étude critique de document – Le changement climatique, au cœur des préoccupations politiques et géopolitiques
Consigne – En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le changement climatique est au cœur des préoccupations politiques et géopolitiques actuelles.
Document
C'est au nom de la justice climatique que je m'exprime aujourd'hui devant vous. C'est au nom de la justice climatique que nous devons agir. Prenons conscience de la gravité de la menace sur les équilibres du monde. Le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l'orage, il provoque des migrations qui jettent sur les routes plus de réfugiés que n'en génèrent les guerres. Des États risquent de ne plus pouvoir satisfaire les besoins vitaux de leur population avec des risques de famine, d'exode rural ou d'affrontements pour accéder à ce bien de plus en plus rare qui s'appelle l'eau.
Oui, ce qui est en cause avec cette Conférence sur le Climat, c'est la paix. Et pourtant, une espérance s'est levée avec la préparation de la COP21. La communauté internationale s'est dotée, en septembre dernier, d'un agenda complet à travers les objectifs de développement durable qui ont été adoptés lors de l'assemblée générale des Nations unies, et je veux en féliciter le secrétaire général Ban Ki-moon.
190 États, c'est-à-dire la quasi-totalité des pays de la planète, ont formulé des plans d'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s'adapter au dérèglement climatique. Et tous les acteurs de la société mondiale, les collectivités locales, les entreprises, les investisseurs, les citoyens de toutes les grandes régions se sont également engagés pour le climat.
À cette prise de conscience, à cette mobilisation s'ajoutent les progrès fulgurants réalisés dans les énergies propres et renouvelables, qui ouvrent la perspective d'une économie non carbonée [...].
L'ensemble des dirigeants locaux, des investisseurs, des acteurs économiques et sociaux, des citoyens et même des grandes consciences, des religions, tous ceux qui contribuent à ce qui façonne l'esprit public mondial, tout ce mouvement doit comprendre que la donne a changé. Là est la clé pour relever le défi climatique.
Je veux rendre hommage à cet instant à tous les pionniers de la cause écologique, à tous les précurseurs qu'il n'y a pas si longtemps devaient affronter l'incrédulité ou le dédain pour leurs alertes et leurs propositions. En quelques années, les esprits ont profondément évolué, les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s'engager et à modifier leur comportement.
Faut-il encore leur envoyer les signaux indispensables ? C'est l'enjeu de l'introduction progressive du prix du carbone pour que les émissions de gaz à effet de serre aient un coût qui corresponde aux dommages infligés à la planète; et pour que les choix d'investissement soient peu à peu modifiés, afin que toutes les technologies puissent être accessibles à tous.
Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, pour résoudre la crise climatique, je vous le dis franchement: les bons sentiments, les déclarations d'intention ne suffiront pas, nous sommes au bord d'un point de rupture. Paris doit être le départ d'une profonde mutation, nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul et plein accomplissement.
Source: déclaration de M. François Hollande, Président de la République française, en ouverture de la Conférence de Paris pour le climat (COP21), 30 novembre 2015

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Consigne – En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le changement climatique est au cœur des préoccupations politiques et géopolitiques actuelles.
Réponse : Proposition d'analyse rédigée structurée : Introduction : - Accroche / Contexte : Le 30 novembre 2015 s'ouvre au Bourget la 21e Conférence des Parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, 1992). Le contexte est celui d'une urgence environnementale (rapports du GIEC) et géopolitique (attentats du 13 novembre, crise migratoire). La conférence fait suite à l'échec de Copenhague (2009). - Présentation du document : Discours officiel d'ouverture prononcé par François Hollande, président de la République française (pays hôte), devant les chefs d'État et de gouvernement des quelque 195 parties. - Problématique : En quoi ce discours montre-t-il que le changement climatique est devenu un enjeu politique et géopolitique majeur, menaçant la paix et appelant une gouvernance mondiale renouvelée, mais confrontée à de réelles limites ? - Annonce du plan : 1. Le dérèglement climatique, un multiplicateur de menaces ; 2. La construction d'une gouvernance multilatérale et multi-acteurs ; 3. Les limites de l'ambition politique et les écueils de la justice climatique. I. Le dérèglement climatique comme enjeu sécuritaire et géopolitique majeur : - Menace sur la paix et multiplicateur de conflits : F. Hollande affirme que « ce qui est en cause [...], c'est la paix ». Le réchauffement perturbe l'accès aux ressources vitales (eau douce, terres arables). Il provoque famines et tensions interétatiques ou intra-étatiques (ex. Sahel, lac Tchad, Moyen-Orient, bassin du Nil). - Les migrations environnementales : Le texte évoque les réfugiés climatiques (« plus de réfugiés que n'en génèrent les guerres »). Ces déplacés n'ont pas de statut juridique reconnu par la convention de Genève. Leurs déplacements déstabilisent les équilibres régionaux. - Changement de paradigme : La conclusion du discours appelle à rompre avec une vision de la nature comme « vulgaire et inépuisable réservoir de ressources », héritée de la révolution industrielle (Anthropocène). II. L'émergence d'une gouvernance mondiale renouvelée : la mobilisation multilatérale et multi-acteurs : - Le rôle moteur de la diplomatie et du multilatéralisme onusien : Le discours mentionne les Objectifs de développement durable (ODD), adoptés en septembre 2015, et rend hommage à Ban Ki-moon. 190 États ont soumis des contributions nationales (INDC/CDN), logique « par le bas » qui rompt avec les objectifs contraignants du protocole de Kyoto (1997). La diplomatie française est fortement investie (L. Fabius). - Une gouvernance polycentrique : Le texte insiste sur l'élargissement des acteurs : collectivités locales, entreprises, investisseurs, citoyens, ONG, religions (référence implicite à l'encyclique *Laudato si'*, 2015). Il rend hommage aux « pionniers » de l'écologie (lanceurs d'alerte, GIEC, mouvements écologistes). - Outils économiques et transition : Il appelle à la tarification du carbone (marché européen du carbone, taxe carbone) et au développement des énergies renouvelables pour bâtir une « économie non carbonée ». III. Regard critique : des déclarations d'intention aux contradictions géopolitiques : - Le dilemme de la « justice climatique » : F. Hollande l'invoque d'emblée. Elle renvoie au principe des « responsabilités communes mais différenciées » (Rio, 1992) : les pays du Nord, émetteurs historiques, doivent aider les pays du Sud, les plus vulnérables mais les moins responsables. Le Fonds vert (100 milliards de dollars par an promis dès 2020) n'a été abondé que tardivement et partiellement, ce qui nourrit les tensions Nord/Sud. Les pays émergents (Chine, Inde) revendiquent leur droit au développement. - Un accord non contraignant : L'accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015, fixe l'objectif de limiter le réchauffement « bien en dessous de 2 °C », si possible 1,5 °C. Mais il ne prévoit pas de sanctions, et les CDN cumulées mènent vers un réchauffement d'environ 2,5 à 3 °C. L'auteur lui-même reconnaît que « les déclarations d'intention ne suffiront pas ». - Un discours de puissance et des contradictions : Le discours sert aussi le soft power français, la France se posant en leader de la diplomatie climatique. L'accord reste soumis aux aléas politiques nationaux : retrait des États-Unis annoncé par D. Trump en 2017, retour sous J. Biden en 2021, nouveau retrait annoncé en 2025. Le poids des énergies fossiles reste majeur (pays producteurs, COP organisées par des pétro-États comme Dubaï en 2023). Conclusion : Ce discours montre que le changement climatique est devenu une question de paix, de sécurité et de justice. Il est donc au cœur des relations internationales et appelle une gouvernance associant États, organisations internationales et société civile. L'accord de Paris est un succès diplomatique historique. Mais l'écart persistant entre les engagements et leur mise en œuvre révèle les limites du multilatéralisme climatique, dans un contexte de rivalités de puissance et d'inégalités Nord/Sud.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
‹ Sujet de dissertation 1 · Métropole 2024 (sujet 1) · Exercice Étude critique de document · Métropole 2024 (sujet 2) ›
Plus d’exercices de Le changement climatique : approches historique et géopolitique
- Sujet de dissertation 1 · Métropole 2025 (sujet 2)
- Sujet de dissertation 1 · Métropole 2024 (sujet 1)
- Exercice Étude critique de document · Métropole 2024 (sujet 2)
- Exercice Étude critique de documents · Métropole 2023 (sujet 2)
- Sujet de dissertation 2 · Métropole 2 remplacement 2023
- Exercice Étude critique de documents 1 · Métropole 2 remplacement 2021