Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2022

Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2022)

Énoncé

Sujet de dissertation 1

Les remises en cause des formes traditionnelles de la guerre depuis les années 1990

Rédigez votre dissertation en respectant les exigences méthodologiques: une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties équilibrées, et une conclusion (bilan et ouverture).

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Les remises en cause des formes traditionnelles de la guerre depuis les années 1990

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - Accroche : La fin de la guerre froide et la dislocation de l'URSS (1991) laissaient espérer un « nouvel ordre mondial » pacifié et des « dividendes de la paix ». Les conflits n'ont pourtant pas disparu : ils se sont profondément métamorphosés. - Définition des termes : La « guerre traditionnelle » renvoie au modèle clausewitzien. C'est un conflit armé interétatique et symétrique, mené par des armées régulières au service d'un but politique (« la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens »). Les « remises en cause » désignent plusieurs évolutions : l'essor d'acteurs non étatiques, les stratégies asymétriques, les conflits intra-étatiques ou hybrides et les nouveaux espaces de confrontation (cyberespace, information). - Problématique : Dans quelle mesure les conflits survenus depuis les années 1990 marquent-ils un dépassement du modèle clausewitzien de la guerre interétatique ? - Annonce du plan : I. Le recul de la guerre interétatique classique au profit de conflits intra-étatiques et asymétriques ; II. De nouvelles conflictualités transnationales et hybrides ; III. Une régulation difficile et la persistance des logiques étatiques. I. L'effacement de la guerre interétatique classique au profit de conflits asymétriques et intra-étatiques : - *A. La prolifération des guerres civiles et identitaires :* l'ex-Yougoslavie (1991-1995, Kosovo 1999) et le génocide des Tutsi au Rwanda (1994) illustrent des guerres intra-étatiques, ethniques, où les civils sont des cibles et où il n'existe pas de front conventionnel. - *B. L'asymétrie et la privatisation de la guerre :* face à la supériorité technologique occidentale, les adversaires recourent à la guérilla et aux engins explosifs improvisés (Afghanistan, Irak). On observe aussi l'essor des seigneurs de guerre et des sociétés militaires privées (Blackwater, puis Wagner). II. De nouveaux visages de la conflictualité : transnationalité et hybridation : - *A. Le terrorisme djihadiste globalisé :* Al-Qaïda (11 septembre 2001) puis Daech (proclamation du « califat » en 2014) mènent une guerre idéologique et déterritorialisée, sans négociation politique possible. Les États-Unis y répondent par une « guerre contre le terrorisme » contre un ennemi non étatique. - *B. Les nouveaux espaces de confrontation :* la militarisation du cyberespace (Estonie 2007, Stuxnet 2010) et la guerre informationnelle brouillent la frontière entre paix et guerre. Les drones et les guerres par procuration participent de cette hybridation. III. Une régulation difficile et la persistance des logiques étatiques : - *A. Les limites du multilatéralisme et de la sécurité collective :* les opérations de l'ONU connaissent des échecs (Somalie 1993, Srebrenica 1995). Les grandes puissances agissent de manière unilatérale (guerre d'Irak en 2003, sans mandat de l'ONU). La justice pénale internationale se développe (TPIY, TPIR, CPI en 2002), mais avec des limites. - *B. Le retour de la guerre de haute intensité :* la puissance militaire des États se réaffirme (rivalités sino-américaines, réarmement). La guerre en Ukraine (2014, puis invasion russe de 2022) est un conflit interétatique de haute intensité qui combine pourtant des dimensions hybrides (cyberattaques, désinformation, mercenaires). Conclusion : - Bilan : depuis les années 1990, le modèle clausewitzien est largement remis en cause par la multiplication des acteurs non étatiques, des conflits asymétriques et des espaces hybrides. Il n'est cependant pas caduc : l'État reste un acteur central, et la guerre interétatique fait un retour spectaculaire. - Ouverture : ces transformations posent la question de l'adaptation des modes de résolution des conflits (ONU, droit international) à des guerres sans déclaration ni traité de paix, ainsi que celle des nouveaux espaces de conflictualité (espace extra-atmosphérique, intelligence artificielle).

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