Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2021

Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2021)

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Dissertation 1

Les formes de la guerre du XVIII e siècle à nos jours

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Dissertation 1 : Les formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

Réponse : ### Proposition de plan détaillé #### Introduction - Accroche : Clausewitz, dans *De la guerre* (1832), définit la guerre comme « un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté ». Il y voit aussi la « continuation de la politique par d'autres moyens ». - Définition des termes : les « formes de la guerre » désignent : - les acteurs (États, coalitions, groupes non étatiques) ; - les modalités de combat (bataille rangée, guerre totale, guérilla, terrorisme, guerre hybride) ; - les finalités (politiques, idéologiques, existentielles). - Bornes chronologiques : du XVIIIe siècle (guerres limitées des princes, guerre de Sept Ans) à nos jours (guerres irrégulières, cyberguerre, retour de la haute intensité en Ukraine). - Problématique : dans quelle mesure les transformations des conflits depuis le XVIIIe siècle remettent-elles en cause le modèle clausewitzien de la guerre interétatique régulière, au profit de formes totales, asymétriques et hybrides ? - Annonce du plan : 1. la guerre réglée d'Ancien Régime ; 2. la montée aux extrêmes jusqu'à la guerre totale (1792-1945) ; 3. la diversification des conflictualités depuis 1945. --- #### I. La guerre d'Ancien Régime : une guerre réglée et interétatique (XVIIIe siècle) A. La guerre de cabinet au service de l'équilibre européen : armées professionnelles et coûteuses, guerre de sièges et de manœuvres, batailles rangées qui ne visent pas l'anéantissement de l'adversaire (guerre de Succession d'Autriche, guerre de Sept Ans). B. Une violence contenue et codifiée : usages coutumiers de la guerre, recours aux mercenaires, populations civiles relativement épargnées par les combats directs. C. Une guerre instrument du souverain : la guerre est un duel rationnel aux objectifs limités (territoires, successions), conclu par des traités diplomatiques. --- #### II. Du « peuple en armes » à la guerre totale (1792-1945) A. La rupture révolutionnaire et napoléonienne : levée en masse (1793), conscription, mobilisation patriotique et idéologique. La bataille devient décisive (Austerlitz, Iéna) et la guerre tend vers la « guerre absolue » théorisée par Clausewitz. Apparaissent aussi les premières guérillas (Espagne, 1808-1814). B. L'industrialisation de la guerre : chemins de fer, armes à répétition, artillerie lourde, mitrailleuses (guerre de Sécession, guerre franco-prussienne de 1870). Les conflits coloniaux sont, eux, asymétriques. C. L'apogée de la guerre totale avec les deux guerres mondiales : - mobilisation de toutes les ressources humaines, économiques et morales ; - guerre d'anéantissement et brutalisation ; - effacement de la distinction entre civils et militaires : génocides (Arméniens, Shoah), bombardements stratégiques, armes atomiques (Hiroshima et Nagasaki, 1945). --- #### III. De nouvelles formes de conflictualité depuis 1945 : asymétrie et hybridité A. Dissuasion nucléaire et guerres périphériques : la dissuasion empêche l'affrontement direct entre les deux Grands pendant la guerre froide. Les conflits se déplacent vers : - des guerres par procuration (Corée, Vietnam, Afghanistan) ; - des guerres de décolonisation (Indochine, Algérie), où la guérilla et la guerre révolutionnaire (Mao) mettent en échec des armées conventionnelles. B. Après 1991, la prolifération des conflits asymétriques et non étatiques : - guerres civiles et identitaires (ex-Yougoslavie, Rwanda) ; - terrorisme de masse (11 septembre 2001) et « guerre contre le terrorisme » (Afghanistan, Irak) ; - acteurs djihadistes (Daech) et sociétés militaires privées. La guerre devient de plus en plus « au milieu des populations ». C. Guerres hybrides et retour de la haute intensité : - combinaison de moyens militaires, cyber, informationnels et économiques (Crimée, 2014) ; - nouveaux espaces de conflictualité (cyberespace, espace extra-atmosphérique), drones ; - retour de la guerre interétatique conventionnelle avec l'invasion de l'Ukraine (2022), sous ombrelle nucléaire. --- #### Conclusion - Bilan : on est passé d'une guerre limitée et réglée entre souverains à la guerre nationale puis totale, qui culmine en 1945. Depuis, la dissuasion nucléaire a favorisé des formes asymétriques, irrégulières puis hybrides, portées par des acteurs de plus en plus divers. - Réponse à la problématique : le modèle interétatique classique n'a pas disparu, comme le montre l'Ukraine. Mais il coexiste avec des formes qui brouillent les frontières entre guerre et paix, civils et combattants, États et groupes armés. La définition de Clausewitz, la guerre comme instrument politique, reste toutefois pertinente. - Ouverture : face à ces mutations, le droit international humanitaire (conventions de Genève) et les organisations internationales (ONU) peuvent-ils encore encadrer la guerre ?

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