Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2025 (sujet 1)

Thème : Histoire, mémoire et justice : gacaca et justice pénale internationale · Tiré du sujet Métropole France 1 (2025)

Énoncé

Le candidat traitera l'étude critique de documents suivante.

Étude critique de documents – Juger les génocides

Consigne – En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez comment et pourquoi la justice juge les génocides et les crimes contre l'humanité.

Document 1

« Comme nous le savons tous, le génocide et les massacres ont détruit et endeuillé

ce pays et l'ont laissé face à des problèmes insurmontables, dont certains liés à la

justice.

Les rescapés du génocide et des massacres ont été torturés de manière

5 épouvantable. Les péchés commis doivent être réprimés et punis, mais aussi

pardonnés.

Le nombre de gens qui ont commis le génocide est très élevé. Il est bien connu que

les tribunaux classiques ne peuvent traiter tous ces dossiers. C'est pour ça que les

Rwandais sont allés chercher un autre moyen pour régler le contentieux du génocide.

10 [...]

Il faudrait analyser minutieusement ce qui s'est passé dans notre pays. Établir la

différence entre le génocide et les autres crimes commis pendant ou après la guerre.

Il ne faut pas faire l'amalgame.

Il y a des gens qui ont été tués par des actes de vengeance commis par des individus,

15 et lorsque ces derniers ont été identifiés, ils ont été punis sévèrement. Donc, qu'on

prouve ces crimes et nous poursuivrons leurs auteurs.

On sait que les bourreaux de l'époque ont entraîné la population dans la guerre et les

actes de tueries. [...]

Je demande que les tribunaux gacaca soient respectés comme les tribunaux

20 classiques. Je demande à tous les Rwandais à tous les échelons d'appuyer les

tribunaux gacaca, notamment en disant la vérité. Je voudrais inviter tout

particulièrement les victimes du génocide à faire preuve de tolérance et de patience

envers le témoignage de ceux qui savent.

J'invite les bourreaux à faire preuve de courage et d'avouer, de se repentir et de

25 demander pardon.

Je demande aux personnes élues d'être vraiment des personnes intègres. Je leur

demande d'éviter les discriminations basées sur les relations de famille, sur les tribus,

sur l'origine ou sur les gains qu'ils ont faits (dans le cadre du génocide).

En appuyant la gacaca, nous montrons notre patriotisme et notre amour du Rwanda.

30 La justice est la levure de l'unité et la fondation du progrès. »

Source: extrait du discours de Paul Kagamé, Président de la République du Rwanda, à l'occasion du lancement officiel des juridictions gacaca, le 18 juin 2002.

Document 2

Énoncé: Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2025 (sujet 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Montrez comment et pourquoi la justice juge les génocides et les crimes contre l'humanité, à partir des deux documents et de vos connaissances.

Réponse : Une bonne copie présente une introduction qui définit le sujet (juger les génocides et crimes contre l'humanité), présente les deux documents (nature, auteur, date, contexte) et annonce une problématique du type : comment la justice internationale et les justices nationales/locales jugent-elles les génocides, et quels objectifs poursuivent-elles ? Le développement peut s'organiser en deux ou trois axes : 1) Une justice d'exception née après la Seconde Guerre mondiale (Nuremberg, puis TPI ad hoc comme le TPIY et le TPIR, et la CPI créée en 1998/2002), illustrée par le Document 2 (procès Eichmann, Jérusalem 1961), procès emblématique bien que mené par un État et non un tribunal international, qui a marqué la mémoire de la Shoah et popularisé la notion de « crime contre l'humanité ». 2) Une justice de proximité et participative adaptée à un génocide de masse : le Document 1 (discours de Kagamé, 2002) présente les juridictions gacaca rwandaises, justice traditionnelle réactivée pour juger rapidement un très grand nombre d'accusés que les tribunaux classiques ne pouvaient traiter, et pour favoriser l'aveu, le pardon et la réconciliation nationale. 3) Les objectifs communs et les limites : punir les coupables, rendre justice aux victimes, établir la vérité historique, mais aussi réconcilier la société et construire une mémoire partagée ; limites : lenteur et coût des tribunaux internationaux, risques d'une justice expéditive ou politisée dans les gacaca, difficulté de juger des crimes de masse avec des procédures pénales classiques. La conclusion répond à la problématique en montrant la diversité des instances (nationales, internationales, traditionnelles) mises en place pour juger les génocides, et souligne que la justice remplit à la fois une fonction pénale et une fonction de réconciliation/mémoire.

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