Exercice Étude critique de document · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2025
Thème : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel : typologie et acteurs · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2025)
Énoncé
Le candidat traitera l'étude critique de document suivante.
Étude critique d'un document – Le tournant du XXIe siècle, un changement dans la manière de faire la guerre et de faire la paix
Consigne – En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous montrerez que la manière de faire la guerre et faire la paix change à la fin du XXe et au début du XXIe siècle.
Document
« Avec la fin de l'affrontement entre les deux blocs, nous avons changé de monde. Si le droit a été placé au cœur des préoccupations internationales, sa relation avec la force a été profondément modifiée.
Pendant près de cinquante ans, l'ordre avait été assuré par la dissuasion nucléaire. 5 L'Occident, comme le monde communiste, savait que le recours à la force entraînerait des deux côtés des dommages incalculables. Dès lors, la guerre aurait signifié l'échec 10 de la dissuasion, et l'impossible apocalypse.
Mais, avec la fin de la guerre froide, la force est redevenue une option. Elle a pu à nouveau être envisagée, parce qu'elle n'entraînait plus de dommages supérieurs aux gains qu'une puissance pouvait escompter.
Si pourtant elle a été peu employée, c'est pour deux raisons: l'affirmation des valeurs occidentales a rencontré peu d'opposition; et les États-Unis ont su faire un usage 15 modéré de leur force. Or, depuis toujours, seule la modération rend acceptable la puissance, comme l'affirmait déjà Thucydide 1: « Nous méritons des éloges, pour nous être montrés plus justes que ne l'impliquerait notre puissance. »
Aucun ordre international cependant ne peut reposer sur le seul bon vouloir des puissances. Des normes collectives ont donc été définies, visant à contenir l'emploi de la force dans les limites de la responsabilité collective.
Ce nouvel ordre a enregistré des succès importants. Il a mis un terme aux agressions 20 territoriales: en 1991, le respect du droit et l'emploi de la force ont permis de chasser Saddam Hussein du Koweït. Aujourd'hui, une invasion similaire ne manquerait pas de conduire à une réaction immédiate et déterminée de la communauté internationale.
Cet ordre a également permis de porter secours aux populations victimes de la guerre civile, de régimes autoritaires ou de catastrophes naturelles. [...]
Enfin, le nouvel ordre a contribué à la définition d'un ensemble de normes mettant la 25 force à la disposition d'un droit fondé sur l'humanisme. Le respect de l'individu, la défense des libertés, la lutte contre la pauvreté ou les épidémies ont eu force de loi.
Mais cet équilibre entre le droit et la force n'a pas apporté de solution à tous les problèmes de sécurité. D'abord, il n'a pas répondu à la question du désarmement de 30 l'Irak, sinon par une politique de sanctions qui a affecté en premier lieu la population irakienne. Ensuite, il n'a pas ouvert de perspectives de règlement des crises régionales qui menacent la stabilité de la planète: le Proche-Orient en premier lieu, qui reste prisonnier d'une logique de violence et de représailles; mais aussi les différends de Chypre et du Sahara occidental, ou la crise du Cachemire. Dans ces régions, les 35 promesses du nouvel ordre mondial ont buté sur la complexité des rapports religieux et ethniques, le poids de l'histoire, les données de la géographie. [...]
Le 11 septembre 2001 a mis fin à la période de construction d'un nouvel ordre mondial.
D'abord, le monde est entré dans l'ère du terrorisme de masse. Désormais, nous 40 savons que les organisations terroristes ne reculeront devant aucun moyen pour propager leur message de haine. »
Source: discours prononcé par Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, le 27 mars 2003 à l'invitation de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres, sur le thème « Le droit, la force et la justice ».
1. Thucydide: historien grec du Ve siècle avant notre ère.
Réponse enregistrée. Consultez la proposition de corrigé pour évaluer votre travail.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous montrerez que la manière de faire la guerre et faire la paix change à la fin du XXe et au début du XXIe siècle.
Réponse : Proposition de plan détaillé. Introduction Le document est un extrait du discours prononcé le 27 mars 2003 par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, devant l'International Institute for Strategic Studies à Londres. Il est prononcé quelques jours après le déclenchement de la guerre d'Irak (intervention américano-britannique du 20 mars 2003), à laquelle la France s'est opposée à l'ONU. Le texte propose une lecture rétrospective de l'ordre international depuis la fin de la guerre froide : un ordre fondé sur l'encadrement du recours à la force par le droit international, que la question irakienne et les attentats du 11 septembre 2001 viennent fragiliser. Il s'agit d'un point de vue situé, celui de la diplomatie française, attachée au multilatéralisme. Problématique : comment la fin de la guerre froide puis le choc du 11 septembre 2001 transforment-ils la manière de faire la guerre et de construire la paix ? Plan annoncé : I. Un nouvel ordre international fondé sur le droit (années 1990) ; II. Un ordre fragilisé par des conflits persistants et de nouvelles formes de guerre (depuis 2001). I. La fin de la guerre froide fait naître un nouvel ordre international fondé sur le droit (lignes 1 à 27) - La paix de la guerre froide : - pendant la guerre froide, la paix reposait sur l'équilibre de la terreur nucléaire (dissuasion) ; - celle-ci rendait impossible la guerre directe entre les deux blocs (lignes 5-10) ; - les conflits étaient alors indirects ou périphériques (Corée, Vietnam, Afghanistan). - Après 1991 : - la force redevient une option, dans un monde dominé par l'hyperpuissance américaine, qui en fait un usage « modéré » (lignes 11-17) ; - elle est encadrée par des normes collectives (Charte de l'ONU, Conseil de sécurité) ; - la guerre du Golfe de 1991, menée par une coalition sous mandat de l'ONU (résolution 678) pour libérer le Koweït, illustre la sécurité collective et la légitimation de la force par le droit (lignes 19-22) : c'est le « nouvel ordre mondial » annoncé par George H. W. Bush. - Ce nouvel ordre permet aussi : - le développement de l'ingérence humanitaire, puis de la « responsabilité de protéger », avec les interventions en Somalie, en Bosnie et au Kosovo (lignes 23-24) ; - l'affirmation de normes universelles fondées sur l'humanisme : droits de l'homme, lutte contre la pauvreté et les épidémies (lignes 24-27) ; - la naissance d'une justice pénale internationale : TPI pour l'ex-Yougoslavie (1993) et pour le Rwanda (1994), Cour pénale internationale (1998-2002). - Limites à rappeler : les échecs de l'ONU au Rwanda (1994) et à Srebrenica (1995), et le contournement du Conseil de sécurité par l'OTAN au Kosovo (1999). II. Un ordre remis en cause par des conflits persistants et de nouvelles formes de guerre (lignes 28 à 41) - La question irakienne : - elle n'est réglée que par des sanctions (programme « pétrole contre nourriture ») qui frappent surtout les civils (lignes 28-31) ; - cela annonce la guerre d'Irak de 2003, menée sans mandat de l'ONU au nom de la guerre préventive, et contestée par la France (discours de Villepin au Conseil de sécurité, 14 février 2003). - Les conflits régionaux anciens résistent au nouvel ordre mondial : - Proche-Orient avec la seconde Intifada, Chypre, Sahara occidental, Cachemire (lignes 31-36) ; - en cause, des logiques religieuses, ethniques, historiques et géographiques ; - la paix par le droit se heurte à des conflits de longue durée. - Le 11 septembre 2001 marque une rupture : l'entrée dans « l'ère du terrorisme de masse » (lignes 37-41). - La guerre n'oppose plus seulement des États : elle met aussi aux prises des acteurs non étatiques transnationaux, comme les réseaux terroristes (Al-Qaïda). - C'est une guerre asymétrique, sans front ni fin clairement définis. - La réponse des États change : - « guerre contre le terrorisme » de George W. Bush, avec l'intervention en Afghanistan (2001), d'abord soutenue par l'ONU et l'OTAN ; - doctrine de la guerre préventive et unilatéralisme américain ; - faire la paix devient plus difficile : les guerres ne se terminent plus par des traités, et la reconstruction des États (nation building) échoue souvent. Conclusion Le document montre le passage d'une paix fondée sur la dissuasion nucléaire à un ordre multilatéral où la force est mise au service du droit et de l'humanitaire, dans les années 1990. Il montre ensuite la remise en cause de cet ordre par la persistance des conflits régionaux, le terrorisme de masse et l'unilatéralisme américain après 2001. C'est un témoignage engagé : il défend la position française en 2003 et minimise les échecs des années 1990 (Rwanda, Srebrenica). Ouverture : la suite lui donne en partie raison. La guerre d'Irak conduit au chaos et à l'émergence de Daech, puis vient un retour des conflits interétatiques et de la compétition entre puissances (Ukraine, 2014 puis 2022).
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
Sujet de dissertation 1 · Métropole 2 remplacement 2023 ›