Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2023

Thème : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel : typologie et acteurs · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2023)

Énoncé

Sujet de dissertation 1

Quelle est la place des États dans les conflits depuis la fin du XX e siècle ?

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Quelle est la place des États dans les conflits depuis la fin du XXe siècle ?

Réponse : Proposition d'un plan détaillé et éléments de corrigé : Introduction - Accroche : Fin de la guerre froide (1991) et illusion d'un « nouvel ordre mondial » pacifié (G. H. W. Bush). Elle est vite démentie par la prolifération de conflits nouveaux. - Définition des termes : - L'État : puissance souveraine disposant du monopole de la violence légitime selon Max Weber. - Les conflits : affrontements armés sous diverses formes (interétatiques, intraétatiques, asymétriques, hybrides). - Problématique : Dans quelle mesure les États, traditionnellement au cœur du modèle clausewitzien de la guerre, ont-ils vu leur rôle transformé et contesté par de nouveaux acteurs, tout en demeurant des pivots essentiels de la conflictualité contemporaine ? - Annonce du plan : 1. L'effacement relatif et la remise en cause du rôle central des États face aux « nouvelles guerres ». 2. L'adaptation et la persistance de la puissance étatique dans la conduite de la guerre. 3. Le retour en force des conflits interétatiques de haute intensité et les limites de la régulation internationale. Partie 1 : L'effacement relatif du modèle étatique face aux conflits asymétriques et non étatiques - *A. La prolifération des conflits intraétatiques :* Guerres civiles et faillite des États (« États faillis » comme la Somalie, l'Afghanistan ou la RDC). On peut aussi citer les guerres d'ex-Yougoslavie et le génocide des Tutsi au Rwanda (1994). - *B. L'émergence d'acteurs non étatiques majeurs :* Groupes terroristes transnationaux (Al-Qaïda et le 11 septembre 2001, Daech et son « califat » 2014-2019). S'y ajoutent seigneurs de guerre, cartels et milices qui échappent aux logiques territoriales étatiques. - *C. La privatisation de la violence :* Recours croissant aux sociétés militaires privées (Blackwater/Academi, groupe Wagner) et aux mercenaires. La frontière entre sécurité publique et intérêts privés se brouille. Partie 2 : L'adaptation des États et leur maintien comme acteurs stratégiques incontournables - *A. La projection de puissance et les coalitions internationales :* Interventions militaires sous leadership étatique : - guerres du Golfe (1991, 2003) ; - interventions de l'OTAN au Kosovo (1999) et en Libye (2011) ; - guerre en Afghanistan (2001-2021) ; - opérations Serval puis Barkhane menées par la France au Sahel. - *B. Les guerres hybrides et les nouveaux théâtres d'affrontement :* Cyberespace, guerre de l'information, militarisation de l'espace et des fonds marins. Les moyens financiers et technologiques des États y restent décisifs. Les États agissent aussi par l'intermédiaire d'acteurs non étatiques (« guerres par procuration » en Syrie, au Yémen ; soutien de l'Iran au Hezbollah). - *C. Le rôle des États dans la construction de la paix :* - diplomatie et médiations ; - Conseil de sécurité de l'ONU et Casques bleus ; - justice pénale internationale créée par les États (TPIY, TPIR, CPI en 2002). Partie 3 : Le retour de la guerre interétatique de haute intensité et les limites du multilatéralisme - *A. Le retour des rivalités de puissances :* Tensions croissantes entre grandes puissances nucléaires (États-Unis, Chine, Russie), réarmement mondial et prolifération nucléaire (Corée du Nord, Iran). On passe de la « fin de l'Histoire » (Fukuyama) au retour des empires et des sphères d'influence. - *B. La réaffirmation de la guerre conventionnelle interétatique :* - guerre russo-géorgienne (2008) ; - annexion de la Crimée et guerre du Donbass (2014) ; - invasion de l'Ukraine par la Russie (février 2022), guerre de haute intensité (artillerie, tranchées, drones) qui mobilise des États et des alliances (OTAN, aide occidentale) ; - Haut-Karabakh (2020, 2023) ; - tensions autour de Taïwan et en mer de Chine. - *C. Les limites de la régulation internationale :* - paralysie du Conseil de sécurité par le droit de veto (Syrie, Ukraine) ; - violations du droit international par des États membres permanents ; - difficulté à faire appliquer les mandats de la CPI ; - les États restent maîtres de la guerre comme de la paix. Conclusion - Bilan : Depuis la fin du XXe siècle, l'État a été concurrencé par des acteurs non étatiques et par la privatisation de la violence. Le modèle clausewitzien semblait alors dépassé. Mais l'État ne disparaît pas : il s'adapte (guerres hybrides, coalitions, intermédiaires). Il redevient même l'acteur central avec le retour de la guerre interétatique de haute intensité. - Ouverture : Les nouvelles technologies (IA, drones autonomes, cyberarmes) et l'affaiblissement du multilatéralisme pourraient redéfinir encore le rôle des États dans les conflits du XXIe siècle.

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