Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2025
Thème : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités dans l'espace et les océans · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2025)
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Sujet de dissertation 2
Le contrôle de la connaissance des années 1950 à nos jours: un enjeu de puissance.
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Sujet de dissertation 2 : Le contrôle de la connaissance des années 1950 à nos jours : un enjeu de puissance.
Réponse : Proposition d'organisation détaillée et corrigé type de la dissertation : Introduction - Accroche : Aujourd'hui, les États-Unis et la Chine s'affrontent dans une course aux semi-conducteurs et à l'intelligence artificielle (IA). Cette rivalité rappelle que, depuis le milieu du XXe siècle, maîtriser et retenir les savoirs stratégiques est au cœur de la compétition géopolitique. - Définition des termes : - *Connaissance* : ensemble des savoirs scientifiques, technologiques, d'information et de renseignement produits par une société. - *Contrôle de la connaissance* : capacité à produire, breveter, protéger (secret défense, contre-espionnage), capter (espionnage), diffuser ou restreindre l'accès à ces savoirs. - *Puissance* : capacité d'un acteur à imposer sa volonté aux autres (hard power) et à diffuser ses normes ou modèles (soft power). - *Cadre chronologique* : de l'affrontement bipolaire de la guerre froide à l'ère numérique mondialisée, multipolaire et dominée par les géants technologiques. - Problématique : Comment le contrôle de la connaissance est-il devenu, de la guerre froide à l'ère numérique, un instrument central de la hiérarchie de la puissance et de la rivalité entre États et acteurs privés ? - Annonce du plan : (1) la connaissance militarisée de la guerre froide ; (2) l'économie de la connaissance et la globalisation des savoirs depuis les années 1990 ; (3) cyberespace, guerre de l'information et rivalités autour des technologies de rupture. Partie 1 : De 1950 à la fin de la guerre froide : les savoirs scientifiques et techniques, instrument de la rivalité Est-Ouest - *A. La course aux armements et aux technologies stratégiques :* - La recherche est mise au service du hard power militaire : bombe H (1952-1953), missiles balistiques. - Le complexe militaro-industriel américain est dénoncé par Eisenhower en 1961. - Les grandes agences, comme la DARPA (1958), donnent naissance à ARPANET en 1969. - En URSS, des villes scientifiques fermées sont créées. - En France, le CEA concourt à la dissuasion nucléaire (1960). - *B. La conquête spatiale, vitrine technologique et idéologique :* - Spoutnik (1957) et Gagarine (1961) créent un choc chez les Américains, puis les États-Unis marquent leur victoire avec Apollo 11 (1969). - Le National Defense Education Act (1958) montre que l'éducation devient un enjeu de puissance. - *C. Renseignement et rétention du savoir :* - CIA et KGB s'affrontent, avec l'espionnage atomique (époux Rosenberg). - Le COCOM (1949) contrôle les exportations de technologies vers le bloc de l'Est. - Le réseau d'interception Echelon est mis en place. - Les transfuges scientifiques et la fuite des cerveaux de l'Est accompagnent cette rivalité. Partie 2 : Depuis les années 1990 : l'économie de la connaissance et la redéfinition de la puissance - *A. La connaissance, moteur de la mondialisation :* - L'« économie de la connaissance » (Drucker, Machlup) place la R&D au cœur de la croissance. - Les dépôts de brevets explosent (OMPI) et la propriété intellectuelle est protégée par les accords ADPIC de l'OMC (1994). - La stratégie de Lisbonne (2000) de l'UE vise à faire de l'Europe « l'économie de la connaissance la plus compétitive ». - *B. Attractivité universitaire et brain drain :* - Le soft power des universités se mesure notamment par le classement de Shanghai (2003). - Les États-Unis dominent grâce à la Silicon Valley et aux campus de l'Ivy League. - Les étudiants internationaux sont convoités et des programmes cherchent à attirer les talents. - Les pays du Sud subissent la fuite des cerveaux. - *C. L'affirmation de nouvelles puissances de la connaissance :* - La Chine rattrape son retard par le transfert de technologies, l'investissement massif en R&D et le plan Made in China 2025. - L'Inde s'affirme dans l'informatique, la Corée du Sud dans l'électronique. - La hiérarchie de la puissance devient multipolaire. Partie 3 : Aujourd'hui, cyberespace, information et technologies de rupture : de nouveaux champs de rivalité - *A. Le contrôle des données et des réseaux :* - Les GAFAM et BATX deviennent des acteurs quasi-étatiques. - Les révélations de Snowden (2013) montrent la surveillance de masse pratiquée par la NSA. - L'enjeu de la souveraineté numérique conduit l'UE à adopter le RGPD (2018) et la Chine à ériger sa « grande muraille numérique ». - *B. Cyberguerre et guerre de l'information :* - Les cyberattaques se multiplient : Stuxnet (2010) contre l'Iran, NotPetya (2017). - Des ingérences touchent les élections, comme la campagne américaine de 2016. - La désinformation et les infox sont utilisées comme armes. - Les États se dotent de cybercommandements (en France, le COMCYBER en 2017). - *C. La rivalité sino-américaine autour des technologies de rupture :* - La rivalité porte sur les semi-conducteurs (TSMC, sanctions contre Huawei, CHIPS Act de 2022), la 5G, l'IA et l'informatique quantique. - Le contrôle passe par les embargos technologiques et la protection du patrimoine scientifique. - Il passe aussi par la lutte contre l'espionnage économique. - Ces contrôles se heurtent à la logique du libre accès aux savoirs (open science, Wikipédia, logiciels libres). Conclusion - Bilan : - Des années 1950 à nos jours, contrôler la connaissance reste un enjeu majeur de puissance. - Les formes de ce contrôle ont changé : d'abord une logique étatique et militaire propre à la guerre froide, puis une logique géoéconomique de l'économie de la connaissance, enfin une logique numérique où les États rivalisent avec de puissants acteurs privés. - Réponse à la problématique : - Produire, protéger, capter et diffuser les savoirs détermine la hiérarchie des puissances. - Cela concerne à la fois le hard power (armements, cyberdéfense) et le soft power (attractivité, normes). - Ouverture : - L'IA générative et le contrôle des données soulèvent la question de la gouvernance mondiale des savoirs. - Ils posent aussi la question de la place de l'Europe entre les deux grands pôles américain et chinois.
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