Exercice 2 - Sujet A : Contraction de texte · Bac STMG Français Centres étrangers (Afrique) session normale 2026
Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Session normale (2026)
Énoncé
Sujet A
Œuvre: Étienne de La Boétie, Discours sur la servitude volontaire. Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté
Sujet A
Œuvre: Étienne de La Boétie, Discours sur la servitude volontaire. Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté
Texte: Tahar Ben Jelloun, Pensées pour la liberté, Préface, 1999
La liberté est une valeur universelle. Cela paraît simple à dire. Mais que d'États rejettent la dimension universelle de la liberté (et d'autres valeurs comme le droit et la démocratie), avançant comme argument la spécificité et la différence ! Ils parlent de « traditions et coutumes », de « relativité du droit », de « droit à la différence » dans le sens « chacun chez soi ». Or s'il est une valeur sans frontières et non négociable, c'est bien la liberté, celle qui engage, implique des devoirs et présente des droits, ouvre des potentialités créatrices chez chacun, conjugue l'épanouissement de l'être avec la volonté des autres à exister et à exercer leurs droits, acte créateur par excellence.
On dit souvent que la liberté n'est pas le désordre. Elle n'est pas non plus l'ordre statique, immuable 1, militaire. Elle est la vie, dans ses mouvements contradictoires, dans ses élans pleins de lumière, dans ses fantaisies réparatrices du malheur, elle est la vie dans ses tourments, ses passions, son irrationalité, ses couleurs, ses musiques et ses épices.
Jean-Paul Sartre a mis en évidence la liberté comme volonté d'existence, volonté que n'altère 2 et n'empêche pas l'enfermement (il fait référence à la liberté du prisonnier pendant l'Occupation). Cette liberté-là est un sentiment, une conviction profonde, une attitude qu'aucun élément extérieur, aucune brutalité n'atteint. C'est la force et la puissance de la pensée. Elle est à la base de tout contrat social et politique. Rien ne sera fait, rien ne pourra être admis et respecté si on ne tient pas compte de ce sentiment profondément ancré en chacun de nous. Le prisonnier – celui privé de liberté de circuler, de faire ce qu'il a envie de faire – est condamné à être libre, c'est-à-dire à être là, présent avec ses principes et ses valeurs. Il les fait valoir même et surtout quand il en est privé par la prison.
Alors pourquoi on constate tant de manquements à ces droits ? Pourquoi tant de régimes politiques consacrent une grande partie de leur énergie à lutter contre la liberté de leurs citoyens ? C'est la tentation de la force sans justice, le pouvoir sans contrôle, le triomphe de la barbarie sur la civilisation, la volonté de puissance au mépris de l'humain, c'est la corruption de l'âme, l'absence de valeurs, la nostalgie des ténèbres, époque où le plus grand gourdin 3 imposait sa loi. Cela existe encore aujourd'hui. Car la liberté n'est pas un acquis définitif, un état immuable. À n'importe quel moment de l'Histoire, la barbarie peut triompher et balayer cet acquis.
[...] La modernité est un des acquis de la Révolution de 1789. Elle a imposé l'individu. Un individu est une voix égale à une autre voix. C'est ce qui fonde le principe de la démocratie. La liberté est un produit de la démocratie et l'illustration de la volonté de faire de chaque citoyen un individu responsable, acteur et créateur de vie et d'imaginaire.
L'abolition de l'esclavage est une des grandes victoires de l'homme sur l'homme. L'esclavage est la privation de liberté et l'appropriation d'un être humain en tant qu'objet soumis à la volonté de celui qui l'a acheté. Il a fallu beaucoup de luttes et de résistance, beaucoup de martyrs pour arriver à abolir cette chose horrible. Mais l'esclavage existe encore sous d'autres formes, sous d'autres cieux voisins de l'Europe, voire en Europe. Le travail des enfants, la prostitution, le racisme banalisé, tout cela essaie de se maintenir en refusant la liberté. Mais le combat pour la liberté nous concerne tous. À aucun moment nous ne devons renoncer à la vigilance. Je cite Victor Schoelcher, celui qui a tant combattu pour l'abolition de l'esclavage. Il écrit en 1842, six ans avant d'obtenir gain de cause: « La violence commise envers le membre le plus infime de l'espèce humaine affecte l'humanité tout entière; chacun doit s'intéresser à l'innocent opprimé, sous peine d'être victime à son tour, quand viendra un plus fort que lui pour l'asservir. La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle, vous ne pouvez toucher à l'une sans compromettre l'autre tout à la fois. »
(724 mots)
1 Immuable: qui ne peut pas changer.
2 Altère: dénature, dégrade.
3 Gourdin: grand bâton qui sert à frapper.
Contraction
Vous ferez la contraction de ce texte en 181 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise: les limites sont donc fixées à au moins 163 mots et au plus 199 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Vous ferez la contraction de ce texte en 181 mots.
Réponse : La liberté est une valeur universelle que certains contestent au nom de la différence culturelle, alors qu'elle engage des droits et des devoirs et permet à chacun de créer son existence. La liberté n'est pas le désordre : elle est vivante, faite de mouvements contradictoires, de passions, de couleurs. (50) Sartre montre qu'elle subsiste dans l'enfermement, comme une conviction intérieure inébranlable : le prisonnier reste condamné à être libre, fidèle à ses valeurs. Pourtant, de nombreux régimes bafouent ce droit, par goût du pouvoir sans contrôle, par corruption et mépris de l'humain. La liberté n'est jamais acquise (100) définitivement : la barbarie peut toujours triompher. La modernité, héritée de 1789, a imposé l'individu comme voix égale aux autres, fondant la démocratie, dont la liberté est le produit. L'abolition de l'esclavage fut une grande victoire, mais l'oppression perdure sous d'autres formes : travail des enfants, prostitution, (150) racisme. Le combat nous concerne tous et exige une vigilance constante. Schœlcher le rappelait : la violence faite au plus faible touche l'humanité entière, et la liberté de chacun est une parcelle de la liberté universelle. (186 mots)
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Exercice 2 - Sujet B : Contraction de texte · Centres étrangers (Afrique) session normale 2026 ›
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