Exercice Étude critique de document(s) 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2021 (jour 2)
Thème : Le défi de la construction de la paix : traités de Westphalie et sécurité collective · Tiré du sujet Jour 2 (2021)
Énoncé
Étude critique de document(s) 2: Différents modes de résolution des conflits
En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez les différents types de relations qu'entretiennent les acteurs des guerres.
Document 1
Les représentants diplomatiques de toutes les parties prenantes négocient, pendant le congrès de la paix en Westphalie, à Munster en 1648. Dessin à l'encre sur papier. Les notations manuscrites ne sont pas lisibles.
Document 2
Les otages autrichiens ont été libérés en octobre 2008, après le versement d'une rançon.
« Nous ne négocions pas avec les terroristes » a déclaré le chancelier [autrichien] Alfred Gusenbauer vendredi en marge du sommet de l'UE à Bruxelles. Néanmoins, comme l'a révélé Die Presse, des négociations ont lieu pour la libération des deux otages de Salzbourg. Il est question d'une rançon. Le montant, on ne le connaît pas. Dans des cas comparables, Berlin, Paris ou Rome ont payé des millions de dollars.
Le soir, sur la chaîne de télévision ZiB2, Ursula Plassnik, ministre des Affaires étrangères [autrichienne] a apporté un démenti: « Non, nous ne négocions pas ». L'Autriche serait en contact avec les gouvernements concernés, mais les exigences des preneurs d'otages même avec « la meilleure volonté de l'Autriche » ne pourraient pas être satisfaites. [...] L'Algérie et la Tunisie refusent de libérer les membres d'Al-Qaïda.
Jeudi soir, les preneurs d'otages ont adressé à l'Autriche un ultimatum par internet. Ils exigeaient la libération de tous les membres « d'Al-Qaïda au Maghreb » détenus dans les prisons tunisiennes et algériennes d'ici dimanche à minuit. Une fois ce délai expiré, l'Autriche serait « responsable de la vie des deux otages ». [...] Il n'est pas possible de satisfaire la revendication des preneurs d'otages qui consiste à obtenir la libération de prisonniers dans d'autres pays, a déclaré Alfred Gusenbauer.
Le président français Nicolas Sarkozy a assuré, lors du sommet de l'UE, que son pays ferait tout pour sauver les Autrichiens enlevés. Il a également assuré qu'Alfred Gusenbauer avait demandé l'aide de services secrets européens. D'après Nicolas Sarkozy, les services secrets extérieurs français travaillent étroitement avec l'Autriche.
Les services secrets amis sont déjà, bien sûr, impliqués depuis longtemps. Les experts du terrorisme pensent que des contacts ont déjà été pris pour la libération des otages en passant par des intermédiaires. [...]
Les dirigeants politiques autrichiens excluent une action militaire. Alfred Gusenbauer a condamné l'enlèvement des deux Salzbourgeois en le qualifiant « d'acte complètement hors de toute règle de droit » et a exigé « la libération immédiate et sans condition des otages ».
Source: d'après le quotidien autrichien Die Presse, 15 mars 2008

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Montrez les différents types de relations qu'entretiennent les acteurs des guerres.
Réponse : Une étude critique réussie doit : 1) Présenter les documents (nature, auteur, date, contexte : le congrès de paix de Westphalie en 1648 qui met fin à la guerre de Trente Ans par la négociation diplomatique entre États souverains ; l'article de 2008 sur la prise d'otages autrichiens par un groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb). 2) Montrer que le Document 1 illustre une relation interétatique officielle et institutionnalisée : des représentants diplomatiques légitimes négocient publiquement selon des règles protocolaires reconnues, aboutissant aux traités de paix. 3) Montrer que le Document 2 illustre des relations plus complexes et souvent occultes : un État (l'Autriche) doit négocier, malgré des dénégations publiques (« Nous ne négocions pas avec les terroristes »), avec un acteur non étatique (groupe terroriste) qui ne reconnaît pas les règles du droit international, via des intermédiaires et des services secrets, et en versant une rançon. 4) Confronter les deux documents : opposition entre une diplomatie officielle, publique et fondée sur le droit (1648) et une négociation officieuse, niée publiquement mais bien réelle, avec des acteurs non étatiques qui échappent au cadre du droit international (2008) ; point commun : dans les deux cas, même quand la force ou le refus de négocier sont affichés, la négociation reste le moyen concret de mettre fin au conflit et de sauver des vies. 5) Élargir avec des connaissances : rôle croissant des acteurs non étatiques (groupes terroristes, ONG, organisations internationales) dans les conflits contemporains, coopération internationale entre services secrets et États alliés (France-Autriche), limites du droit international face à des acteurs qui ne le reconnaissent pas.
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