Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Asie 2026 (jour 1)
Thème : Caractéristiques et facteurs de la mobilité sociale · Tiré du sujet Jour 1 (2026)
Énoncé
Il est demandé au candidat:
de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Les ressources et configurations familiales suffisent-elles à expliquer la mobilité sociale ?
DOCUMENT 1
Niveau de vie selon la configuration familiale et le nombre d'enfants en 2021 (en euros)
Configuration familiale · Niveau de vie moyen des individus du ménage (en euros) · Niveau de vie médian des individus du ménage (en euros)
Famille monoparentale avec un enfant · 21 130 · 19 160
Famille monoparentale avec deux enfants ou plus · 17 370 · 15 350
Couple avec un enfant · 29 810 · 26 070
Couple avec deux enfants · 28 740 · 24 980
Couple avec trois enfants ou plus · 22 090 · 18 740
Champ: France métropolitaine.
Source: INSEE, 2024.
DOCUMENT 2
Évolution des catégories socioprofessionnelles des personnes en emploi de 1982 à 2023 en France (en %)
Champ: France, hors Mayotte.
Source: D'après INSEE, 2023.
DOCUMENT 3
Catégorie socioprofessionnelle occupée par un individu selon son niveau de diplôme en France (en %)
Champ: Emplois occupés en octobre 2020. Personnes nées en France.
Source: D'après « les politiques publiques en faveur de la mobilité sociale », France Stratégie, 2023.
Note: en raison des arrondis, le total ne fait pas toujours 100 %.
1: Artisans commerçants et chefs d'entreprise.
2: Supérieur court: bac + 2 à bac + 4.
3: Supérieur long: bac + 5 et plus, y compris grandes écoles.
Lecture: 69 % des diplômés du supérieur long occupent un emploi de cadre.
DOCUMENT 4
Prenons le cas de Dylan. Celui-ci n'a pas connu ses grands-parents paternels mais, aîné d'une fratrie de deux enfants, arrivé 6 ans avant sa petite sœur, il a bénéficié d'une attention privilégiée de la part de ses grands-parents maternels.
Sa grand-mère a quitté les études secondaires sans diplôme. Son grand-père, avait réussi une première année de comptabilité mais le manque de ressources familiales et le dynamisme économique d'après-guerre l'ont amené à l'interrompre. Il a tenu un commerce assez florissant qui lui a permis d'entretenir un bon niveau de vie.
Ayant toujours regretté de ne pas avoir pu poursuivre d'études supérieures, il a poussé sa fille, la mère de Dylan, à en faire autant. Cependant, celle-ci tombe enceinte durant sa deuxième année d'études supérieures et abandonne alors.
Marquée par ces deux actes « manqués », la famille de Dylan valorise fortement la réussite scolaire. La stabilité financière de ses parents constitue un atout non négligeable en ce sens. Qui plus est, la mère de Dylan a toujours aimé les livres et a partagé cette passion avec son fils en l'amenant tous les mercredis à la bibliothèque.
[...]. Durant [ses études à l'école primaire], celui-ci s'est lié d'amitié avec Jérôme, dont les parents appartenaient à la classe moyenne. Il a insisté pour le suivre dans le même établissement secondaire prestigieux. Les parents de Dylan, bien que très investis dans la scolarité de leur fils ne disposaient pas des codes leur permettant de choisir une école secondaire en adéquation 1 avec le projet d'études supérieures de leur fils.
Par la suite, il aura la chance de rencontrer un professeur de mathématiques, [...] qui aura à cœur de l'aider à choisir « les bonnes options » pour valoriser son parcours secondaire et anticiper le supérieur. Il s'inscrit ensuite à l'université en économie.
Malheureusement, son grand-père décède quelques mois avant l'obtention de son [baccalauréat], avec distinction. [...]. Marqué par un nouveau sentiment d'urgence à réussir autant que par la frustration de n'avoir pu partager ses résultats avec son grand-père, Dylan se dépasse et réussit brillamment son master.
Source: Hughes DRAELANTS, Branka CATTONAR, Manuel de sociologie de l'éducation, 2022.
1: Adéquation: en accord; qui correspond.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Les ressources et configurations familiales suffisent-elles à expliquer la mobilité sociale ?
Réponse : Plan indicatif en deux parties : I. Les ressources et configurations familiales jouent un rôle important dans la mobilité sociale 1. La configuration familiale influence le niveau de vie et donc les ressources économiques disponibles pour l'enfant (document 1 : les enfants de couples ont un niveau de vie moyen et médian plus élevé que ceux de familles monoparentales, ce qui conditionne l'accès à des ressources éducatives et culturelles). 2. Le document 4 illustre la transmission du capital économique (le commerce du grand-père, la stabilité financière des parents), du capital culturel (le goût des livres transmis par la mère, le choix des « bonnes options ») et du capital social (le réseau du professeur de mathématiques, l'entourage de Jérôme) qui favorisent la réussite scolaire et donc la mobilité sociale ascendante de Dylan. 3. Le document 3 confirme statistiquement ce rôle : plus le niveau de diplôme (en partie conditionné par les ressources familiales) est élevé, plus la probabilité d'occuper une position de cadre augmente (69 % des diplômés du supérieur long sont cadres contre 2 % des non-diplômés), ce qui montre l'importance de la reproduction et de la mobilité liées aux ressources familiales et scolaires. II. Mais les ressources et configurations familiales ne suffisent pas à expliquer entièrement la mobilité sociale 1. Le document 2 montre une transformation structurelle de l'emploi en France (forte baisse des agriculteurs et ouvriers, forte hausse des cadres et professions intermédiaires) : une partie de la mobilité sociale observée est une mobilité structurelle, indépendante des stratégies et ressources familiales, due à la tertiarisation et à l'élévation du niveau de qualification de l'économie. 2. Le document 3 montre aussi une mobilité non totalement déterminée par le diplôme : à chaque niveau de diplôme correspond une diversité de destinées (par exemple, 9 % des diplômés du supérieur court deviennent ouvriers), ce qui suggère que d'autres facteurs (institution scolaire, marché du travail, aléas individuels, discrimination, chance) interviennent. 3. Le cas de Dylan (document 4) montre aussi le rôle de l'institution scolaire elle-même (le professeur rencontré, l'établissement secondaire) et des rencontres (l'ami Jérôme), qui ne relèvent pas uniquement des ressources propres de la famille de Dylan mais de l'interaction entre la famille et d'autres instances de socialisation. Conclusion : les ressources et configurations familiales sont un facteur déterminant de la mobilité sociale, mais elles doivent être articulées avec la mobilité structurelle liée aux transformations économiques et avec le rôle propre de l'école et des autres instances de socialisation pour expliquer pleinement les trajectoires sociales.
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