Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Asie 2025 (jour 2)

Thème : Caractéristiques et facteurs de la mobilité sociale · Tiré du sujet Jour 2 (2025)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

(10 points)

Cette partie comporte 3 documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la mobilité sociale peut s'expliquer par différents facteurs.

DOCUMENT 1

Décomposition de la mobilité sociale observée des hommes par rapport à leur père (en %)

· 1977 · 1985 · 1993 · 2003 · 2015

Immobilité sociale · 36,2 · 33,8 · 32,6 · 33,6 · 34,8

Mobilité sociale observée · 63,8 · 66,2 · 67,4 · 66,4 · 65,2

Mobilité non verticale 1 · 33,2 · 31,9 · 27,4 · 24,7 · 22,6

Mobilité verticale · 30,6 · 34,3 · 40,0 · 41,7 · 42,6

Mobilité ascendante · 23,5 · 26,6 · 30,3 · 30,8 · 27,6

Mobilité descendante · 7,2 · 7,7 · 9,7 · 10,9 · 15,0

Part de la mobilité structurelle · 39,6 · 35,5 · 32,8 · 33,4 · 24,2

Champ: France métropolitaine, hommes français actifs occupés ou anciens actifs occupés, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l'année d'enquête.

Lecture: en 2015, 65 % des hommes français âgés de 35 à 59 ans, actifs ayant un emploi ou anciens actifs occupés, relèvent d'une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père. 24 % de cette mobilité sociale observée est liée à l'évolution structurelle des emplois entre la génération des hommes et celle de leur père. Par rapport à leur père, 28 % des hommes ont connu une trajectoire de mobilité ascendante et 15 % une trajectoire de mobilité descendante.

Source: Marc COLLET et Émilie PÉNICAUD, « En 40 ans, la mobilité sociale des femmes a progressé, celle des hommes est restée stable », Insee première, n°1739, 2019.

1: la mobilité non verticale correspond à la mobilité entre les catégories salariées et non salariées, et entre les deux catégories non salariées.

DOCUMENT 2

Diplôme le plus élevé obtenu selon le diplôme des parents et l'origine sociale en 2014-2015 (en %)

Champ: France métropolitaine, personnes âgées de 25 à 44 ans.

1: les parents n'ont pas de diplôme autre que le certificat d'études primaires ou le brevet des collèges.

Source: INSEE, enquête Formation et qualification professionnelle (FQP), 2014-2015, 2024.

En raison des arrondis, l'ensemble n'est pas toujours égal à 100.

DOCUMENT 3

Née en 1981, seconde d'une famille de cinq enfants, Clémence obtient son CRPE 1 en 2003: elle devient alors professeure des écoles et directrice d'une école rurale dans le Maine-et-Loire. Elle est issue des strates ascendantes des classes populaires rurales. Sa mère, aujourd'hui à la retraite, était à la fin de sa carrière employée de ménage dans une maison de retraite et a arrêté sa scolarité en cinquième. Son père, ouvrier qualifié (CAP 2 tôlerie par l'AFPA 3) est un des salariés historiques d'une petite usine d'un village du bocage vendéen. [...]

Si, lors de notre premier entretien enregistré en 2007, Clémence peine à trouver des cousins ayant poursuivi au-delà du baccalauréat, les trajectoires scolaires de ses frères et sœurs sont, elles, clairement tournées vers les études générales et longues. Sébastien, son frère aîné né en 1978, obtient son bac ES à l'heure mais de justesse [...]. Après un BTS, il poursuit à l'université où il obtient finalement une maîtrise. Il travaille aujourd'hui à Madrid comme cadre dans le secteur tertiaire; elle dit d'ailleurs de lui, non sans fierté, qu'il est devenu un « golden boy 4 ». Sophie, sa première sœur cadette, est une « excellente élève ». Elle obtient son bac S avec la mention très bien et, à la suite d'une classe préparatoire aux grandes écoles d'un lycée du centre-ville de Nantes, intègre « Sciences Po » à Bordeaux. Amélie, sa deuxième sœur cadette, prépare actuellement un bac scientifique. Elle semble, aux dires de Clémence, sur la même voie que Sophie.

Source: Cédric HUGRÉE, « Le CAPES ou rien ? Parcours scolaires, aspirations sociales et insertions professionnelles du "haut" des enfants de la démocratisation scolaire », Actes de la recherche en sciences sociales, 2010.

1: Concours de recrutement de professeur des écoles.

2: Certificat d'aptitude professionnelle.

3: Association pour la formation professionnelle des adultes.

4: Personne talentueuse qui réussit dans les affaires.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Montrez que la mobilité sociale peut s'expliquer par différents facteurs.

Réponse : Un raisonnement structuré en deux parties peut être attendu : I. La mobilité sociale s'explique en partie par des facteurs structurels, liés à la transformation de la structure socioprofessionnelle Le document 1 montre qu'en 2015, 65,2 % des hommes connaissent une mobilité sociale observée par rapport à leur père. Une partie de cette mobilité, appelée mobilité structurelle, résulte mécaniquement de la transformation des emplois disponibles entre la génération des pères et celle des fils (déclin des emplois agricoles et ouvriers, essor des emplois de cadres et de professions intermédiaires). Cette part, bien qu'en baisse (elle passe de 39,6 % en 1977 à 24,2 % en 2015), reste importante : elle contraint une partie des individus à occuper des positions différentes de celles de leurs parents, indépendamment de leur mérite ou de leurs stratégies individuelles. On note aussi que la mobilité verticale (ascendante et descendante) progresse (de 30,6 % à 42,6 %), ce qui traduit à la fois davantage d'opportunités d'ascension mais aussi un risque accru de déclassement (la mobilité descendante passe de 7,2 % à 15,0 %), signe que la structure sociale se transforme et redistribue les positions. II. La mobilité sociale dépend aussi de la mobilité nette, liée à des facteurs individuels et familiaux : le capital scolaire, culturel et économique transmis par la famille Le document 2 montre un lien très fort entre le diplôme des parents (ou la catégorie socioprofessionnelle du père) et le diplôme obtenu par les enfants : 78,1 % des personnes dont au moins un parent est diplômé du supérieur obtiennent elles-mêmes un diplôme du supérieur, contre seulement 27,4 % quand les parents sont peu ou pas diplômés. De même, 65,4 % des enfants de père cadre sont diplômés du supérieur contre 30,5 % des enfants de père employé ou ouvrier. Cela illustre le rôle du capital culturel (habitudes de travail, maîtrise du langage scolaire, aide aux devoirs) et du capital économique (financement des études, choix d'orientation) transmis par la famille, selon les analyses de Bourdieu sur la reproduction sociale. Le document 3 illustre, à travers l'exemple de Clémence et de sa fratrie, comment au sein d'une même famille d'origine populaire rurale, les trajectoires scolaires peuvent diverger fortement selon les ressources mobilisées (aspirations, soutien scolaire, orientation vers une classe préparatoire) : Clémence devient professeure des écoles, son frère cadre supérieur, ses sœurs intègrent des filières sélectives (Sciences Po). Cet exemple montre que la mobilité sociale résulte aussi de stratégies familiales, de l'investissement scolaire et des aspirations individuelles, qui s'ajoutent aux effets strictement structurels. Conclusion : La mobilité sociale observée résulte donc de la combinaison de facteurs structurels (transformation de la structure des emplois) et de facteurs liés à la mobilité nette (transmission du capital scolaire, culturel et économique, stratégies familiales), ces deux dimensions se combinant pour expliquer les trajectoires sociales des individus.

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