Sujet 1 · Bac STMG Philosophie Antilles-Guyane remplacement 2024

Thème : La vérité · Tiré du sujet Remplacement (2024)

Énoncé

Sujet 1

Choisit-on de croire ?

Dissertation philosophique. Rédigez votre réflexion structurée ou votre plan détaillé.

Énoncé: Sujet 1 · Bac STMG Philosophie Antilles-Guyane remplacement 2024

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Choisit-on de croire ?

Réponse : Proposition d'analyse et de plan détaillé : 1. Problématisation et enjeux du sujet : - Définitions : « Choisir » renvoie à un acte libre de la volonté, qui suppose une délibération et la possibilité d'une alternative. « Croire » désigne l'adhésion de l'esprit à une proposition sans preuve démonstrative absolue (foi, opinion, préjugé, confiance). - Paradoxe : D'un côté, la croyance semble passive : une évidence apparente ou un préjugé social ou affectif s'imposent à nous sans que nous l'ayons décidé. De l'autre, croire implique un assentiment : affirmer ce qui n'est pas démontré requiert un engagement (le pari pascalien). - Problématique : La croyance est-elle le résultat d'une passivité de l'esprit, déterminé par ses affects et son éducation, ou relève-t-elle d'un acte libre et responsable de la volonté ? --- 2. Plan en 3 parties : I. En apparence, la croyance ne se choisit pas : elle s'impose à l'esprit - *L'adhésion involontaire :* on ne décide pas de croire que le ciel est bleu ; l'esprit adhère à ce qui lui paraît évident ou convaincant (Spinoza : les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent). - *Le poids des déterminismes :* éducation, culture, désirs et peurs produisent les croyances (Freud, *L'Avenir d'une illusion* ; Marx, l'idéologie). - *L'illusion du libre choix :* croire choisir ses croyances, c'est souvent ignorer les mécanismes psychologiques et sociaux qui nous traversent. II. Pourtant, croire implique une part de volonté et d'engagement - *L'assentiment chez Descartes :* dans la *Quatrième Méditation*, l'erreur vient de ce que la volonté juge au-delà de ce que l'entendement conçoit clairement et distinctement ; affirmer ou suspendre son jugement dépend de nous. - *Le pari et la décision existentielle :* face à ce qui échappe à la démonstration, croire peut être un choix raisonné ou vital (Pascal, le pari ; William James, *La Volonté de croire*). - *La croyance comme confiance :* croire en autrui est un engagement moral indispensable à la vie sociale. III. Une responsabilité épistémique : choisir d'examiner ses croyances - *L'éthique de la croyance :* on ne choisit pas toujours la survenue d'une croyance, mais on choisit de la conserver, de la mettre en doute ou de la rejeter (Kant, *Qu'est-ce que les Lumières ?* : « Sapere aude »). - *Distinguer foi libre et crédulité :* la foi authentique se distingue de la crédulité en ce qu'elle se sait croyance et assume son engagement, sans se faire passer pour un savoir. Kant écrit qu'il a « dû abolir le savoir pour faire une place à la croyance » ; la crédulité, elle, subit sans examen. - *La liberté comme conquête :* le choix ne porte pas sur l'acte immédiat de croire, mais sur la discipline de l'esprit (doute méthodique, esprit critique, dialogue). Elle seule rend nos croyances véritablement nôtres. Conclusion : On ne choisit pas directement de croire, car la croyance naît souvent en nous sans décision. Mais nous sommes responsables de nos croyances : il dépend de nous de les examiner, de suspendre notre jugement ou de nous engager lucidement. La liberté ne se trouve donc pas dans l'origine de la croyance, mais dans le rapport critique que nous entretenons avec elle.

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