Exercice 1 - Commentaire · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane remplacement 2024

Thème : Commentaire – La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Remplacement (2024)

Énoncé

Vous traiterez, au choix, le commentaire ou l'un des sujets de dissertation:

1- Commentaire (20 points)

Objet d'étude: La poésie du XIX e siècle au XXI e siècle

Alfred de Musset, Poésies posthumes (1888)

RETOUR

Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour, Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour !

5 Regardez, compagnons ! un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier 1, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier.

Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile 10 De ce large horizon accourt en palpitant ! Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend !

D'où viens-tu, beau navire ? À quel lointain rivage, Léviathan 2 superbe, as-tu lavé tes flancs ? 15 Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu riche ? Viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille 3 est-elle lourde, ou si les vents du nord 20 T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvrant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente 4, 25 Puisse embaumer son bain des parfums du sérail 5 Et froisser dans la valse un collier de corail ?

Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher Et du vaste Océan sort avec son clocher ! 30 Et quel tourment divin dans ce court intervalle Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher !

Ô patrie ! ô patrie ! ineffable 6 mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, 35 Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ?

Le Havre, septembre 1855.

1. coursier: cheval.

2. Léviathan: dans la Bible, gigantesque créature des mers.

3. quille: partie d'un bateau, située sous l'eau, qui en assure l'équilibre.

4. indolente: qui se laisse envahir par une langueur tendre, alanguie.

5. sérail: palais du sultan.

6. ineffable: qui ne peut être dit, inexprimable.

Énoncé: Exercice 1 - Commentaire · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane remplacement 2024

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Commentaire de texte : Alfred de Musset, Poésies posthumes (1888), « Retour »

Réponse : Proposition d'organisation d'un commentaire composé : Introduction : - Accroche : Le voyage et le retour au port sont un topos littéraire majeur, immortalisé par Du Bellay (« Heureux qui comme Ulysse... »). - Présentation du texte : « Retour » d'Alfred de Musset a été écrit au Havre en septembre 1855 et publié à titre posthume en 1888. Ce poème en alexandrins dépeint l'arrivée émouvante d'un navire au port natal après un long et périlleux périple. - Problématique : Comment Musset fait-il du retour d'un navire l'occasion d'une célébration lyrique et d'une méditation existentielle sur l'attachement à la patrie ? - Annonce du plan : 1. Un tableau marin vibrant : le spectacle exaltant du retour au port. 2. L'épopée du voyage : la dramatisation des périls et la critique de la futilité mondaine. 3. Une méditation lyrique et philosophique sur l'amour de la terre natale. Axe I. Le spectacle grandiose et exaltant du retour au port - Une réécriture romantique du topos : l'adjectif « Heureux » (v. 1, repris aux v. 11-12) fait écho explicitement à Du Bellay. - Un enthousiasme communicatif : - l'apostrophe aux compagnons (« Regardez, compagnons ! », v. 5) ; - les exclamations ; - le salut solennel (« Salut ! qui que tu sois... », v. 9) ; - les énumérations binaires du v. 4 (« La vie et le bonheur, le soleil et l'amour »). - Une personnification dynamique : - la mer est comparée à un « hardi coursier » qui sent son « vieux cavalier » (v. 7-8) ; - la voile « accourt en palpitant » (v. 10) ; - le rythme ample de l'alexandrin mime le balancement « en cadence » (v. 6). Axe II. L'évocation épique et critique des aventures maritimes - La métamorphose du navire : - il devient « Léviathan superbe » (v. 14) ; - il est apostrophé comme un « guerrier » blessé (v. 15). - L'héroïsme des marins : - une cascade de questions rhétoriques (v. 13-26) ; - le temps écoulé (« Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs », v. 17) ; - l'exotisme (« l'Inde ou du Mexique », « le tropique ») ; - le danger de mort (« promené sur la mort », v. 22) ; - l'angoisse (« œil hagard », « boussole tremblante », v. 23). - Le contraste ironique : - tant de sacrifices pour les plaisirs frivoles d'« une pâle indolente » (v. 24-26) ; - le parfum du sérail et le collier de corail froissé dans la valse dénoncent la vanité du luxe européen. Axe III. Une élévation lyrique vers l'ineffable mystère de la patrie - L'intensité de l'émotion : - « Comme le cœur bondit » (v. 27) ; - l'oxymore « tourment divin » (v. 30) ; - la progression de l'approche (« commence à s'approcher », « sort avec son clocher », « on sent qu'elle arrive », « on va la toucher », v. 28-31) ; - le clocher, symbole du village natal. - Une apostrophe sacralisée : - la répétition « Ô patrie ! ô patrie ! » (v. 32) ; - le lexique de l'inexprimable (« ineffable mystère », « inconcevable amour ») ; - l'antithèse « sublime et terrible » (v. 33). - Une interrogation métaphysique finale : - la métaphore du nid et le « coin de terre » (v. 34-35) disent l'enracinement de l'homme ; - « vivre un jour » souligne la brièveté de l'existence ; - la question reste ouverte, entre élan affectif et doute mélancolique. Conclusion : - Bilan : Musset part d'une scène pittoresque et l'élève progressivement de l'exaltation collective vers une méditation intime et universelle. Le récit épique des périls, nuancé d'ironie, fait mieux ressortir la valeur sacrée du retour. - Ouverture : On peut rapprocher ce poème du sonnet « Heureux qui, comme Ulysse » de Du Bellay, ou de la nostalgie baudelairienne du voyage dans « Le Voyage ».

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 1 - Commentaire · Antilles-Guyane session normale 2025 · Exercice 1 - Commentaire · Antilles-Guyane session normale 2023 ›

Plus d’exercices de Commentaire – La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle