Exercice Étude critique de document · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Sud 2025 (jour 1)
Thème : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités dans l'espace et les océans · Tiré du sujet Jour 1 (2025)
Énoncé
Étude critique de document – De nouveaux espaces de conquête: les enjeux de l'espace
Consigne – En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez la diversité des acteurs et des enjeux de la conquête de l'espace.
Document
À partir de 2030, c'est un pan de l'histoire de l'aérospatial qui se fermera. À cette date, l'ISS, la Station spatiale internationale, sera détruite. Pour cela, selon le plan établi par l'agence spatiale américaine (Nasa), elle doit plonger dans l'atmosphère terrestre au-dessus d'un océan, ce qui permettra à certains morceaux de se désintégrer quand d'autres, plus résistants, finiront leur course dans l'eau. Une opération qui nécessite la construction d'un véhicule capable de manœuvrer l'ISS, pesant quelque 430 000 kg. Il devra permettre « de désorbiter la Station spatiale et éviter tout risque pour les zones habitées », a indiqué la Nasa ce mercredi, en révélant l'entreprise choisie pour le créer. Et c'est SpaceX, la société du milliardaire Elon Musk, qui a remporté le juteux contrat, pouvant aller jusqu'à 843 millions de dollars. […]
Modèle de coopération internationale réunissant l'Europe, le Japon, les États-Unis et la Russie, l'ISS a commencé à être assemblée en 1998, module après module, pour un coût d'environ 100 milliards de dollars, largement assumé par les États-Unis. Située à quatre heures de vol de la Terre, elle est habitée en permanence depuis le 2 novembre 2000 avec une équipe internationale composée de sept astronautes. […] Ce laboratoire spatial permet d'étudier la Terre, le système solaire, de mener des expériences en apesanteur, notamment en médecine, et de préparer des missions d'explorations spatiales.
Sa fin de vie s'anticipe dès à présent compte tenu de la technicité du sujet. Mais aussi du contexte géopolitique. Depuis la guerre en Ukraine, l'ISS reste l'un des rares secteurs de coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais rien ne peut assurer que ce sera le cas encore pendant les prochaines années. C'est pourquoi le patron de la Nasa, Bill Nelson, a souligné en avril, lors d'une audition au Congrès américain, le besoin de développer ledit véhicule rapidement aux États-Unis.
Les points de vue divergent d'ailleurs sur la date de fin de vie de l'ISS. Sa retraite était initialement prévue en 2024, mais la Nasa a estimé qu'elle pouvait fonctionner jusqu'en 2030. Un avis que ne partage pas l'agence spatiale russe Roscosmos. Elle a affirmé, en fin d'année 2023, que son segment est trop vétuste pour assurer la poursuite de son exploitation. […] Ainsi, « la Station spatiale internationale touche à la fin de son existence », a-t-il estimé. Plusieurs problèmes techniques se sont d'ailleurs produits ces derniers mois sur le segment russe de l'ISS, dont trois incidents impliquant des fuites. Et si les États-Unis, le Japon, le Canada et les Européens se sont engagés à poursuivre les opérations de l'ISS jusqu'en 2030, la Russie s'est seulement engagée jusqu'à 2028, pour l'instant. Or, comme l'a rappelé la Nasa ce mercredi, « la mise hors d'orbite en toute sécurité de la Station spatiale internationale relève de la responsabilité des cinq agences spatiales ». Un départ de la Russie plus tôt que les autres obligerait les Américains à assumer seuls le ravitaillement et le maintien en orbite de la station, qui se rapproche constamment de la Terre.
Pour la suite, après 2030 donc, les États-Unis misent sur des stations spatiales privées en orbite terrestre basse, qui pourraient accueillir des astronautes de la Nasa comme d'autres clients. Plusieurs entreprises américaines planchent déjà sur ces projets, dont Axiom Space et Blue Origin. Idem du côté européen. L'Agence spatiale européenne (ESA) a notamment conclu un accord avec Airbus et Voyager Space, qui construisent et exploiteront la station spatiale privée Starlab, ouvrant la voie à la présence d'astronautes européens dans l'espace. De son côté, la Russie a l'ambition de se relancer indépendamment dans la course spatiale. Elle compte pour cela construire une nouvelle station orbitale et vise 2027 pour la mise en orbite de son premier segment. […]
Source: « ISS: SpaceX missionné par la Nasa pour détruire la station spatiale internationale après 2030 », La Tribune avec AFP (Agence France-Presse), 27 juin 2024.
En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez la diversité des acteurs et des enjeux de la conquête de l'espace.
Réponse enregistrée. Consultez la solution proposée pour comparer votre argumentation.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez la diversité des acteurs et des enjeux de la conquête de l'espace.
Réponse : Plan indicatif : I. Une diversité d'acteurs engagés dans la conquête spatiale - Des acteurs étatiques et institutionnels : la Nasa (États-Unis), l'agence spatiale russe Roscosmos, l'Agence spatiale européenne (ESA), qui pilotent historiquement les grands programmes spatiaux (ISS assemblée depuis 1998 par les États-Unis, l'Europe, le Japon et la Russie). - Des acteurs privés de plus en plus centraux : SpaceX (Elon Musk), chargée de désorbiter l'ISS pour un contrat pouvant atteindre 843 millions de dollars ; Axiom Space et Blue Origin aux États-Unis ; Airbus et Voyager Space en Europe pour la station privée Starlab. Le secteur privé devient un partenaire, voire un sous-traitant, des agences publiques. - Des acteurs multiples selon les échelles : coopération internationale (les cinq agences partenaires de l'ISS) mais aussi stratégies nationales concurrentes (la Russie qui veut se relancer « indépendamment »). II. Des enjeux techniques, financiers et géopolitiques croisés - Enjeux techniques et scientifiques : la désorbitation sécurisée d'une station de 430 000 kg, la poursuite des recherches scientifiques (apesanteur, médecine, préparation de futures missions). - Enjeux financiers : coûts considérables (environ 100 milliards de dollars pour l'ISS, 843 millions pour le véhicule de désorbitation), largement supportés par les États-Unis, et développement d'un marché commercial des stations privées. - Enjeux géopolitiques et stratégiques : l'ISS comme symbole rare de coopération entre États-Unis et Russie malgré la guerre en Ukraine ; désaccords sur la date de fin de vie de la station entre la Nasa et Roscosmos ; volonté de chaque puissance (États-Unis, Europe, Russie) de maintenir ou de retrouver une autonomie spatiale après 2030, à travers des stations concurrentes (Starlab, stations privées américaines, nouvelle station russe visée pour 2027). III. Une conquête spatiale qui se recompose - Passage d'un modèle de coopération internationale unique (ISS) à une multiplication d'initiatives nationales et privées. - Affirmation du « New Space » : le privé prend en charge des missions autrefois réservées aux agences publiques. - Persistance de rivalités géopolitiques qui influencent le calendrier et les choix techniques (désaccord Nasa/Roscosmos sur la date de retrait).
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
Sujet de dissertation 2 · Amérique du Sud 2025 (jour 2) ›