Dissertation s'appuyant sur un dossier documentai… · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2026 (jour 1)

Thème : Sources et défis de la croissance économique · Tiré du sujet Jour 1 (2026)

Énoncé

Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire

Il est demandé au candidat:

de répondre à la question posée par le sujet;

de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;

de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;

de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

SUJET

Ce sujet comporte quatre documents.

Quelles sont les sources de la croissance économique ?

DOCUMENT 1

DOCUMENT 2

Lecture: En 2020, l'indice de la productivité globale des facteurs de production de la Suède est de 103 pour une base 100 en 2015.

DOCUMENT 3

Dépenses publiques d'éducation en % du PIB, de 2016 à 2022

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

France

5,42

5,45

5,41

5,35

5,66

5,42

5,33

Allemagne

4,5

4,51

4,58

4,7

5,12

5,01

4,79

Italie

3,82

4,04

4,26

4,1

4,44

4,22

4,07

Suède

7,06

7,06

7,18

7,06

7,34

7,05

6,86

Source: d'après Eurostat, 2025.

DOCUMENT 4

En 2019-2023, avec 5,3 % des demandes de brevets à l'OEB 1, la France est au 6ème rang, derrière les États-Unis, l'Allemagne, le Japon, la Chine et la Corée du Sud. Ses demandes de brevets se concentrent dans des technologies relatives aux transports et moteurs, pompes et turbines. Les États-Unis, premier déposant, ont un profil orienté vers les technologies de la santé, tandis que la Chine est concentrée sur les technologies de l'électronique. La France est le 3ème pays pour la part de demandes déposées par des institutions de recherche publique, représentant 17 % de ses dépôts. Pour la période 2019-2023, le nombre moyen annuel de demandes de brevets publiées à l'Office européen des brevets (OEB) dépasse 175 000 contre près de 135 000 en 2011-2014 (+ 29 %). Entre ces deux périodes, la part de la France passe de 6,5 % à 5,3 %, soit une baisse de 1,2 point. La part des demandes des États-Unis augmente légèrement, tandis que celle de l'Allemagne diminue de 17,0 % à 13,1 %, ainsi que celle du Japon de 15,7 % à 12,3 %. À l'inverse, la Chine triple sa part de demandes de brevets, de 2,4 % à 9,1 %. La Corée du sud progresse également mais dans une moindre mesure, passant de 3,9 % à 5,4 %. Durant la période, la Chine devient ainsi le 4ème pays déposant et la Corée du Sud le 5ème.

Source: « La position technologique de la France à travers les brevets déposés à l'Office Européen des Brevets », Ministère de la Recherche et de l'enseignement supérieur, 2024.

1: OEB: L'Office européen des brevets examine les demandes de brevets et permet de protéger les inventions dans 46 pays européens grâce à une seule demande.

Énoncé: Dissertation s'appuyant sur un dossier documentai… · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2026 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Réponse : ### Proposition de plan détaillé et éléments de réponse Introduction : - Accroche / définition : La croissance économique est l'augmentation soutenue, sur une longue période, de la production de biens et services, mesurée par le PIB en volume. Elle conditionne l'élévation du niveau de vie. - Cadrage : Les sources de la croissance sont les facteurs qui permettent d'accroître la production : - les quantités de facteurs de production (travail, capital) ; - leur efficacité, c'est-à-dire la productivité globale des facteurs (PGF) ; - les déterminants de cette efficacité (progrès technique, capital humain, institutions). - Problématique : Dans quelle mesure la croissance repose-t-elle sur l'accumulation des facteurs de production, et dans quelle mesure sur les gains de productivité issus du progrès technique, eux-mêmes favorisés par les institutions ? - Annonce du plan : - I. L'accumulation des facteurs de production, une source de croissance réelle mais limitée (croissance extensive). - II. Le progrès technique, source essentielle d'une croissance durable, favorisé par l'investissement et les institutions (croissance intensive et endogène). --- ### I. L'accumulation des facteurs de production : une source de croissance réelle mais limitée A. La hausse des quantités de travail et de capital contribue à la croissance - Facteur travail : il dépend de la population active, du taux d'emploi et de la durée du travail. - Doc 1 : sa contribution est très variable en France. Elle est négative en 1992 (environ -0,6 point) et en 2002 (environ -1,3 point), mais très forte en 2022 (environ +3,2 points), avec le rebond de l'emploi après la crise sanitaire. - Facteur capital : il correspond à l'investissement (FBCF : machines, bâtiments, logiciels). - Doc 1 : sa contribution est toujours positive et assez stable, entre environ 0,6 point (2012) et 1,1 point (1992). B. Les limites d'une croissance seulement extensive - Les rendements factoriels sont décroissants (modèle de Solow) : sans progrès technique, l'accumulation de capital finit par ne plus générer de croissance par tête. - Une partie de la croissance n'est pas expliquée par les quantités de facteurs : c'est le résidu de Solow, assimilé à la PGF. - Doc 1 : en 2002 ou en 2017, c'est la PGF (environ +1,5 point) qui porte la croissance. - Inversement, en 2022, la croissance (environ 2,7 %) est tirée par le travail alors que la PGF recule (environ -1,6 point) : une croissance extensive peut masquer des pertes d'efficacité. --- ### II. Le progrès technique, source essentielle d'une croissance durable, favorisé par l'investissement et les institutions A. La PGF et l'innovation, moteurs de la croissance de long terme - La PGF mesure l'efficacité combinée du travail et du capital ; elle traduit le progrès technique. - Doc 2 (base 100 en 2015), des trajectoires contrastées : - forte progression aux États-Unis (environ 77 en 1985, environ 105 en 2022, avec un pic vers 106 en 2021) et en Allemagne (environ 75 en 1985, environ 104 en 2022) ; - progression aussi en Suède (environ 82 en 1985, environ 102 en 2022) ; - stagnation puis recul de l'Italie depuis 2000 (environ 107,5, puis environ 102 en 2022) ; - recul de la France depuis 2019 (environ 97 en 2022). - L'innovation, selon Schumpeter, passe par la « destruction créatrice » : de nouveaux produits et procédés renouvellent les structures productives. B. Un progrès technique endogène, qui dépend de l'investissement immatériel et des institutions - Les théories de la croissance endogène montrent que le progrès technique résulte de choix d'investissement qui génèrent des externalités positives : - Romer : la recherche-développement (R&D) et les idées ; - Lucas : le capital humain ; - Barro : les infrastructures publiques. - Capital humain (Doc 3) : - la Suède consacre environ 7 % de son PIB aux dépenses publiques d'éducation (6,86 % en 2022) ; - la France environ 5,3-5,7 % ; - l'Allemagne environ 4,5-5,1 % ; - l'Italie seulement environ 3,8-4,4 %, ce qu'on peut rapprocher de la faible dynamique de sa PGF. - Innovation et brevets (Doc 4) : - le nombre de demandes de brevets à l'OEB progresse de 29 % entre 2011-2014 et 2019-2023 ; - la part de la France recule (de 6,5 % à 5,3 %), tout comme celle de l'Allemagne et du Japon ; - la Chine fait presque quadrupler sa part (de 2,4 % à 9,1 %) ; - la recherche publique représente 17 % des dépôts français, ce qui montre le rôle de l'État. - Rôle des institutions (North) : - les droits de propriété, en particulier intellectuelle avec les brevets, incitent à innover en garantissant un monopole temporaire ; - l'État de droit et le soutien public à la recherche et à l'éducation favorisent le progrès technique. --- Conclusion : - La croissance provient à la fois : - de l'accumulation de travail et de capital (croissance extensive) ; - surtout, à long terme, des gains de PGF liés au progrès technique (croissance intensive). - Ce progrès technique est lui-même endogène : il dépend de l'investissement en R&D et en capital humain, ainsi que d'institutions incitatives. - Ouverture : cette croissance soulève des limites écologiques. Le progrès technique suffira-t-il à rendre la croissance soutenable ?

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