Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2025 (jour 1)

Thème : Mutations du travail et de l'emploi · Tiré du sujet Jour 1 (2025)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

(10 points)

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'évolution des formes d'organisation du travail a des effets positifs et négatifs sur les conditions de travail.

Document 1

L'évolution des contraintes sur le rythme de travail (en %)

Rythme de travail imposé par … · 1984 · 1998 · 2005 · 2016

le déplacement automatique d'un produit ou d'une pièce · 3 · 6 · 7 · 8

la cadence automatique d'une machine · 4 · 7 · 7 · 7

d'autres contraintes techniques · 7 · 16 · 16 · 17

la dépendance immédiate vis-à-vis des collègues · 11 · 27 · 27 · 29

des normes de production à satisfaire en une journée · 19 · 43 · 42 · 48

une demande extérieure · 39 · 65 · 65 · 70

les contraintes ou surveillances permanentes exercées par la hiérarchie · 17 · 29 · 30 · 31

un contrôle ou un suivi informatisé · - · - · 25 · 35

Lecture: en 2016, 35 % des salariés déclarent avoir un rythme de travail imposé par un contrôle ou un suivi informatisé.

Champ: salariés de France métropolitaine.

Source: d'après « Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux ? », DARES Analyses, décembre 2017.

Document 2

Caractéristiques des formes d'organisation du travail en 2015 en France (en pourcentage des salariés de chaque forme d'organisation du travail)

Champ: salariés des établissements d'au moins 10 personnes travaillant dans les secteurs d'activité économique à dominante marchande et non agricoles ou domestiques. Taille de l'échantillon: 648 observations.

Source: d'après Sabrina BENHAMOU, Édouard LORENZ, Les organisations du travail apprenantes: enjeux et défis pour la France, France Stratégie, n°3, 2020.

1: l'organisation apprenante et la « lean production » sont des organisations post-tayloriennes. Dans les organisations apprenantes, les salariés disposent d'une forte autonomie au travail, tandis que les organisations en lean production combinent travail en groupe, polyvalence et flux tendus mais avec des processus standardisés et de plus fortes contraintes de rythme de travail.

Lecture: 87,5 % des salariés des organisations du travail apprenantes déclarent être autonomes dans les méthodes de travail.

Document 3

Depuis près de trente ans, ce sous-traitant picard 1 pour l'industrie automobile pousse ses 400 ouvriers à élire leurs responsables et à travailler sans hiérarchie. […] Pour redonner de l'autonomie aux ouvriers, l'activité a été découpée en une quinzaine de « mini-usines » de 10 à 40 personnes, chacune dédiée à un client – PSA, Renault, Fiat… À leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues. […]

Leur rôle ? « Organiser la production de A à Z, définir les besoins d'investissements, ajuster le planning de l'équipe… », énumère Régis Marchetti, 47 ans, leader de la mini-usine PSA Valenciennes, un bloc de machines qui s'étend sur 500 mètres carrés. « On gère aussi les congés, les entretiens de fin d'année et les augmentations, on transmet les revendications et on règle les conflits, comme quand l'opérateur de l'après-midi se fâche avec celui du matin pour une machine mal nettoyée. » […]

Chaque mini-usine est tenue de trouver au moins une idée d'amélioration par semaine, à noter sur un grand tableau « Kaizen » 2 dans le bureau de son leader: « rehausser un bac pour éviter le mal de dos », « aligner deux postes pour ne plus pivoter », etc.

Alexandre Rhuin, 34 ans, opérateur de la mini-usine Renault, a ainsi imaginé les modifications d'une fraise qui permettent de ne plus la changer que toutes les 60 000 pièces, contre 8 000 auparavant.

Source: www.capital.fr, 2013.

1: de Picardie, région au nord de la France.

2: mot japonais signifiant amélioration continue.

Réponse enregistrée. Consultez la solution proposée ci-dessous.

Énoncé: Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2025 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Montrez que l'évolution des formes d'organisation du travail a des effets positifs et négatifs sur les conditions de travail.

Réponse : Introduction Depuis les années 1980, les formes d'organisation du travail (OT) ont évolué du taylorisme vers des formes post-tayloriennes (lean production, organisation apprenante). Cette évolution modifie les conditions de travail, avec des effets contrastés, à la fois positifs et négatifs. I. Des effets positifs sur les conditions de travail - Le Document 2 montre que les organisations apprenantes offrent une forte autonomie (87,5 % dans les méthodes de travail, 82 % dans le rythme), un apprentissage important de choses nouvelles (96,9 %) et une forte capacité de résolution de problèmes imprévus (98,6 %), contre seulement 7,2 % et 55,7 % respectivement dans le taylorisme. - Le Document 3 illustre concrètement ces effets positifs : les ouvriers des mini-usines gèrent eux-mêmes l'organisation de la production, les plannings, les congés, les conflits, et participent à l'amélioration continue (tableau Kaizen), ce qui favorise la reconnaissance, l'initiative et l'enrichissement des tâches (ex. Alexandre Rhuin qui améliore un outil de production). - Ces formes d'organisation permettent ainsi une plus grande responsabilisation des salariés, un travail moins répétitif et davantage de marge de manœuvre, ce qui peut réduire la monotonie et améliorer la motivation. II. Des effets négatifs sur les conditions de travail - Le Document 1 montre une forte augmentation des contraintes de rythme de travail entre 1984 et 2016 : la dépendance aux collègues (de 11 % à 29 %), les normes de production à satisfaire en une journée (de 19 % à 48 %), le contrôle informatisé (apparu en 2005, 25 %, puis 35 % en 2016) et les contraintes hiérarchiques (de 17 % à 31 %). Cette évolution traduit une intensification du travail, liée notamment à la diffusion des nouvelles formes d'organisation et des outils numériques de suivi. - Le Document 2 révèle que la lean production, bien que post-taylorienne, combine autonomie relative et fortes contraintes : normes de qualité précises (97,2 %), rotation des tâches élevée (65,8 %) mais aussi une monotonie des tâches très élevée (76,1 %, proche du taylorisme à 69,2 %). - Le Document 3 montre aussi l'envers de l'autonomie : les ouvriers des mini-usines doivent assumer des responsabilités managériales supplémentaires (gestion des conflits, des plannings, des augmentations) sans statut de cadre, ce qui peut accroître la charge mentale et le stress au travail. Conclusion L'évolution des formes d'organisation du travail, en particulier le passage du taylorisme vers des organisations post-tayloriennes (lean production, organisation apprenante), a donc des effets ambivalents sur les conditions de travail : elle favorise l'autonomie, l'apprentissage et la reconnaissance des salariés, mais s'accompagne aussi d'une intensification des contraintes de rythme, d'un contrôle accru (notamment informatisé) et d'une charge de travail et de responsabilités plus importante.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Épreuve composée - Troisième partie · Amérique du Nord 2026 (jour 2) · Épreuve composée - Première partie · Amérique du Nord 2024 (jour 2) ›

Plus d’exercices de Mutations du travail et de l'emploi