Épreuve composée - Sujet A - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2022 (jour 1)
Thème : Mutations du travail et de l'emploi · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire
(10 points)
Cette partie comporte trois documents.
Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les évolutions des formes d'emploi rendent plus incertaines les frontières entre emploi, chômage et inactivité.
DOCUMENT 1
Champ: France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
Source: INSEE, enquête Emploi 2019, 2020.
DOCUMENT 2
En 2018, en moyenne, parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans en emploi au sens du Bureau international du travail [...], 95,9 % le sont encore trois mois après, 1,9 % se retrouvent au chômage et 2,2 % deviennent inactives. Parmi les personnes occupant un emploi à durée limitée [...], 75,9 % sont toujours dans cette situation trois mois après, 7,7 % occupent un emploi à durée indéterminée et 9,5 % deviennent chômeuses. Les personnes qui sont au chômage changent davantage de situation que celles qui sont en emploi: d'une part, 22,8 % sont en emploi trois mois après, pour plus des deux tiers sur un emploi à durée limitée; d'autre part, 20,7 % deviennent inactives, [...].
Dans 90,0 % des cas, les personnes inactives âgées de 15 à 64 ans encore inactives trois mois après [...]. Le risque de perdre son emploi ou les chances d'en retrouver un sont sensiblement les mêmes pour les femmes et pour les hommes. Les différences sont en revanche plus marquées entre les classes d'âge. Ainsi, les jeunes en emploi [...] sont plus souvent au chômage trois mois plus tard (5,8 % pour les 15-24 ans, contre moins de 2,0 % pour les autres tranches d'âge). Mais les jeunes chômeurs accèdent aussi plus souvent à l'emploi trois mois plus tard: 28,1 % des 15-24 ans au chômage sont en emploi trois mois plus tard, contre 23,3 % pour les 25-49 ans et 15,8 % pour les 50-64 ans. Les cadres ont un risque très faible de perdre leur emploi d'un trimestre à l'autre (0,9 %), alors que ce risque s'élève à 5,5 % pour les ouvriers non qualifiés. Le retour à l'emploi des chômeurs est un peu plus fréquent pour les cadres (28,4 %) et les professions intermédiaires (25,4 %) que pour les employés ou les ouvriers (entre 21 % et 23 %).
Parmi les personnes inactives en 2017, 10,6 % sont en emploi un an après et 5,9 % sont au chômage. Les transitions sont là aussi plus nombreuses pour les inactifs relevant du halo autour du chômage 1: 22,5 % d'entre eux sont au chômage un an après et 25,9 % occupent un emploi, pour la moitié d'entre eux à durée limitée. Parmi les personnes de 15 à 64 ans en emploi à un instant donné en 2017, 92,1 % y sont encore un an plus tard. Cette part n'est que de 76,9 % pour les personnes en emploi à durée limitée, qui connaissent plus de transitions en dehors de l'emploi: un an plus tard, 12,5 % sont au chômage et 10,6 % sont inactives.
Source: INSEE, 2019.
1: halo autour du chômage: le halo est constitué d'inactifs n'étant pas au chômage au sens du Bureau international du travail mais étant dans une situation qui s'en approche.
DOCUMENT 3
Nombre de personnes en situation de sous-emploi et appartenant au halo autour du chômage par composante de 2003 à 2019 (en milliers)
Champ: France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus.
Source: INSEE, enquête Emploi, 2020.
1: halo autour du chômage: le halo est constitué d'inactifs n'étant pas au chômage au sens du Bureau international du travail mais étant dans une situation qui s'en approche.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les évolutions des formes d'emploi rendent plus incertaines les frontières entre emploi, chômage et inactivité.
Réponse : Un développement structuré attendu, par exemple en deux parties : I. La diversification et la précarisation des formes d'emploi brouillent la frontière entre emploi et chômage/inactivité - Depuis les années 1980, les formes particulières d'emploi (CDD, intérim, temps partiel) se sont fortement développées : le document 1 montre que la part du temps partiel est passée d'environ 9 % en 1982 à près de 19 % en 2019, celle des CDD/intérim de 4 % à 11 %, et celle des cadres de 8 % à 19 %. - Ces emplois sont souvent subis : le document 3 montre que le nombre de personnes en situation de sous-emploi (temps partiel subi, chômage technique) atteint 1455 milliers en 2019, avec une forte proportion de personnes souhaitant travailler davantage mais ne trouvant pas de poste à temps plein. - Ces travailleurs, bien qu'en emploi au sens du BIT, se trouvent dans une situation proche du chômage (ils cherchent plus d'heures de travail), ce qui rend la catégorie « emploi » hétérogène et sa frontière avec le chômage moins nette. II. Les catégories statistiques emploi/chômage/inactivité ne rendent pas compte de situations intermédiaires, en particulier le halo du chômage - Le document 2 montre que les transitions entre les trois états sont fréquentes et rapides : 22,8 % des chômeurs retrouvent un emploi en trois mois, 20,7 % deviennent inactifs ; les emplois à durée limitée connaissent beaucoup plus de sorties vers le chômage ou l'inactivité que les emplois stables (seulement 76,9 % de maintien en emploi à un an contre 92,1 % pour l'ensemble). - Le halo du chômage (document 3) désigne des personnes classées comme inactives au sens du BIT (ne remplissant pas tous les critères de recherche active ou de disponibilité) mais qui sont en réalité proches du chômage : ce halo a fortement augmenté, passant de 1277 milliers en 2003 à 1628 milliers en 2019. - Le document 2 confirme que ces inactifs du halo ont des taux de transition vers le chômage ou l'emploi bien plus élevés que les autres inactifs (22,5 % au chômage un an après contre 5,9 % pour l'ensemble des inactifs), preuve qu'ils occupent une position intermédiaire mal saisie par les catégories usuelles. Conclusion : La multiplication des formes d'emploi atypiques et du sous-emploi, ainsi que l'existence d'un halo autour du chômage en expansion, montrent que les frontières entre emploi, chômage et inactivité, bien que nécessaires statistiquement, ne correspondent plus pleinement à la diversité des situations vécues sur le marché du travail.
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