Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Nord 2024 (jour 2)

Thème : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités dans l'espace et les océans · Tiré du sujet Jour 2 (2024)

Énoncé

Sujet de dissertation 1

La conquête des territoires maritimes et de l'espace: un outil d'affirmation pour les États.

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La conquête des territoires maritimes et de l'espace : un outil d'affirmation pour les États.

Réponse : Proposition d'introduction et plan détaillé : Introduction - Accroche : Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la maîtrise des mers et de l'espace extra-atmosphérique est un marqueur fondamental de puissance géopolitique. La course à l'espace de la Guerre froide et la militarisation actuelle de la mer de Chine méridionale en sont des exemples. - Définition des termes : La « conquête » renvoie à l'exploration et à l'appropriation scientifique, économique et militaire d'espaces vierges ou disputés. Les mers et l'espace sont des « *global commons* » (biens communs), mais ils font l'objet d'une territorialisation progressive. L'affirmation des États désigne leur capacité à projeter leur puissance (hard et soft power) et à garantir leur souveraineté et leur statut sur la scène internationale. - Problématique : Dans quelle mesure la conquête des mers et de l'espace est-elle à la fois un instrument traditionnel de puissance étatique et le théâtre renouvelé de rivalités géopolitiques contemporaines ? - Annonce du plan : 1. Deux milieux stratégiques historiques pour l'affirmation de la puissance des États. 2. Les enjeux économiques, scientifiques et technologiques au cœur de la projection de puissance. 3. Des espaces de rivalités renouvelées et de remise en cause des régulations internationales. Axe 1 : Deux milieux stratégiques majeurs au service de la puissance étatique - A. La mer, vecteur traditionnel de thalassocratie et de puissance navale : concept de Mahan, contrôle des routes maritimes et des détroits stratégiques, dissuasion nucléaire sous-marine avec les SNLE. - B. L'espace, vitrine idéologique et militaire née de la Guerre froide : course à l'espace américano-soviétique, Spoutnik (1957), Apollo 11 (1969), satellites espions et de télécommunications. - C. La souveraineté et l'affirmation du statut de grande puissance : membres permanents du Conseil de sécurité, capacité d'accès autonome à l'espace, marines de haute mer. Axe 2 : Des enjeux économiques, technologiques et scientifiques décisifs - A. L'exploitation des ressources marines et spatiales : ZEE, hydrocarbures offshore, minerais sous-marins, ressources halieutiques, projets d'exploitation minière spatiale (astéroïdes, Lune). - B. Le progrès scientifique, moteur du soft power et de l'autonomie stratégique : missions d'exploration (Mars, Lune, abysses), systèmes de positionnement par satellite (GPS, Galileo, BeiDou). - C. Le rôle clé des investissements publics et le développement de complexes militaro-industriels. Axe 3 : Des espaces de conflictualités exacerbées et de nouveaux équilibres géopolitiques - A. La militarisation et l'arsenalisation croissantes : - création de commandements spatiaux (US Space Force, Commandement de l'espace français) ; - essais de missiles antisatellites ; - renforcement des flottes de guerre (porte-avions, sous-marins). - B. L'émergence de nouveaux compétiteurs : - la Chine, avec ses îles artificielles militarisées en mer de Chine méridionale et son programme spatial (station Tiangong, alunissage sur la face cachée) ; - l'Inde (Chandrayaan-3) ; - les acteurs privés (SpaceX, Blue Origin) dans le « New Space ». - C. Des régulations internationales contestées : - la Convention de Montego Bay (1982) est contournée, comme le montrent les revendications chinoises de la « ligne en neuf traits » ; - le Traité de l'espace (1967) est fragilisé par l'appropriation des ressources (Space Act américain de 2015, accords Artemis) ; - de nouvelles frontières s'ouvrent à la convoitise : l'Arctique et l'extension des plateaux continentaux. Conclusion - Bilan : Mers et espace restent des leviers essentiels d'affirmation des États, à la fois par le hard power (militaire, économique) et par le soft power (prestige, science). - Nuance : Leur conquête accroît aussi les rivalités et menace le statut de biens communs. Elle pose de nouveaux défis : - environnementaux (débris spatiaux, pollution et surexploitation des océans) ; - de gouvernance. - Ouverture : La coopération internationale (ISS, traité BBNJ sur la haute mer de 2023) peut-elle encore encadrer cette compétition ?

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