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Sujet du Bac ST2S Français 2026 · Polynésie Session normale
Sujet du Bac ST2S de Français 2026, Polynésie Session normale : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
Vous traiterez au choix, l'un des deux sujets suivants:
1 - Commentaire de texte [20 points]
Objet d'étude: le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, 2014.
Dans ce récit autobiographique, Édouard Louis, né sous le nom d'Eddy Bellegueule, raconte comment il a échappé à son milieu d'origine.
Devenir
Je me souviens moins de l'odeur des champs de colza que de l'odeur de brûlé qui se
répandait dans toutes les rues du village lorsque les agriculteurs laissaient le fumier se
consumer lentement au soleil. Je toussais beaucoup à cause de mon asthme. Un dépôt se
formait au fond de ma gorge et sur mon palais, comme si le fumier s'évaporait pour ensuite
5 se reconstituer dans ma bouche, la recouvrant d'une fine pellicule grisâtre.
Je me souviens moins du lait encore tiède parce qu'il venait d'être extrait des pis de
la vache et que ma mère allait le chercher à la ferme en face de chez nous que des soirs
où la nourriture manquait et où ma mère disait cette phrase Ce soir on mange du lait,
néologisme 1 de la misère.
10 Je ne pense pas que les autres — mes frères et sœurs, mes copains — aient souffert
autant de la vie du village. Pour moi qui ne parvenais pas à être des leurs, je devais tout
rejeter de ce monde. La fumée était irrespirable à cause des coups, la faim était
insupportable à cause de la haine de mon père.
Il fallait fuir.
15 Mais d'abord, on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu'on ignore qu'il existe
un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité. On essaye dans un premier temps
d'être comme les autres, et j'ai essayé d'être comme tout le monde.
Quand j'ai eu douze ans, les deux garçons 2 ont quitté le collège. Le grand roux a
entamé un CAP peinture et le petit au dos vouté a arrêté l'école. Il avait attendu d'avoir seize
20 ans pour ne plus y aller sans prendre le risque de faire perdre les allocations familiales
à ses parents. Leur disparition était pour moi l'occasion d'un nouveau départ. Si les injures et
les moqueries continuaient, la vie au collège n'était en rien comparable depuis qu'ils
n'étaient plus là (une nouvelle obsession: ne pas aller dans le lycée auquel j'étais destiné,
ne pas les y retrouver).
25 Je devais ne plus me comporter comme je le faisais et l'avais toujours fait jusque-là.
Surveiller mes gestes quand je parlais, apprendre à rendre ma voix plus grave, me
consacrer à des activités exclusivement masculines. Jouer au football plus souvent, ne plus
regarder les mêmes programmes à la télévision, ne plus écouter les mêmes disques. Tous
les matins en me préparant dans la salle de bains je me répétais cette phrase sans
30 discontinuer tant de fois qu'elle finissait par perdre son sens, n'être plus qu'une succession
de syllabes, de sons. Je m'arrêtais et je reprenais Aujourd'hui je serai un dur. Je m'en
souviens parce que je me répétais exactement cette phrase, comme on peut faire une
prière, avec ces mots et précisément ces mots Aujourd'hui je serai un dur (et je pleure alors
que j'écris ces lignes; je pleure parce que je trouve cette phrase ridicule et hideuse, cette
35 phrase qui pendant plusieurs années m'a accompagné et fut en quelque sorte, je ne crois
pas que j'exagère, au centre de mon existence).
Chaque jour était une déchirure; on ne change pas si facilement. Je n'étais pas le
dur que je voulais être. J'avais compris néanmoins que le mensonge était la seule possibilité
de faire advenir une vérité nouvelle. Devenir quelqu'un d'autre signifiait me prendre pour
40 quelqu'un d'autre, croire être ce que je n'étais pas pour progressivement, pas à pas, le
devenir.
1. Néologisme de la misère: expression de la misère.
2. Les deux garçons: deux élèves qui harcelaient le narrateur.
Vous ferez le commentaire littéraire de cet extrait d' En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention aux éléments suivants:
Le souvenir d'une enfance douloureuse.
Le récit de la construction de soi.
Comparez votre commentaire avec la proposition de correction fournie.
Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte
Sujet A – Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576 – Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté.
Texte d'après Martin Duru, « Et si nous aimions être dominés », Sciences humaines, mars 2010.
Et si l'homme n'était pas cet être assoiffé de liberté qu'on nous dépeint souvent, mais celui que le pouvoir subjugue 1 au point de s'y soumettre de soi-même ? C'est l'hypothèse impertinente que posait déjà La Boétie au XVI e siècle.
Si Étienne de La Boétie s'était exprimé dans le langage d'aujourd'hui, il se serait probablement exclamé: « mais ils sont masos 2 ou quoi ? » Dans le Discours de la servitude volontaire, écrit dans le courant du XVI e siècle, il constate avec effarement qu'un « million d'hommes » vit sous le joug 3 d'une tyrannie féroce et se complaît dans cette situation d'asservissement généralisé. Il s'agit là d'une véritable énigme: comment se fait-il que l'homme, qui est né libre, se retrouve dans les fers 4, comme le dira Rousseau, et se plie de lui-même à la domination d'un pouvoir inique 5 ? Selon l'ami de Montaigne, l'origine de la tyrannie ne réside pas dans la lâcheté ou dans la crainte du peuple, qui n'aurait d'autre choix que de se soumettre à un régime répressif permanent. C'est bel et bien la « servitude volontaire » des hommes qui permet de rendre compte de leur oppression. Étrange paradoxe: l'état d'esclavage n'est pas subi mais voulu par ceux-là mêmes qui le connaissent. En l'occurrence, les hommes désirent être malmenés et spoliés 6 par le tyran, et c'est une telle disposition qui sert de fondement au pouvoir politique. Celui-ci ne peut se déployer dans toute sa violence que dans la mesure où les individus ont la volonté constante de tendre le bâton pour se faire battre.
L'hypothèse de La Boétie laisse donc entrevoir que le pouvoir, ici appréhendé sous la forme extrême de la tyrannie, est l'obscur objet du désir… des dominés eux-mêmes. Le ressort d'un tel phénomène doit être recherché dans le domaine des croyances et des représentations dont le pouvoir est le dépositaire 7. Les hommes sont comme « enchantés » et « charmés » par le tyran et la servitude volontaire est inséparable d'une telle fascination. C'est l'image d'une autorité omnipotente 8 et s'appliquant à l'ensemble du corps politique qui capte et séduit les gouvernés.
Le processus psychologique à l'œuvre relève de l'identification: chaque homme s'identifie au tyran et croit incarner le pouvoir par le biais de cette projection imaginaire. C'est ainsi le fantasme de ne faire qu'un avec celui qui exerce la domination qui explique la tendance à se soumettre de soi-même à un ordre marqué par l'oppression continuelle. Ce fantasme devra être savamment entretenu par le tyran, en permanence soucieux de sa popularité et de sa capacité à subjuguer les foules. Il s'agira pour le pouvoir de maintenir son emprise sur le peuple en le rendant un peu plus maso encore…
Le concept de servitude volontaire situe par conséquent l'analyse du pouvoir non du côté des éventuelles pulsions sadiques de ceux qui le possèdent, mais du côté de l'obéissance aveugle de ceux qui s'y plient. Une obéissance qui semble intériorisée et ancrée profondément dans le psychisme des individus. Il n'est donc pas étonnant que la psychanalyse se soit saisie du problème, en étudiant les mécanismes inconscients de la domination. Elle a mis en évidence le fait que les individus abandonnent leur narcissisme 9 et portent leur affection sur un même être perçu comme extraordinaire, les membres de la foule s'identifient les uns aux autres, ce qui crée une communauté fusionnelle. La cohésion des masses repose in fine sur des liens de nature libidinale 10: les individus qui les composent aiment leur chef et vivent dans l'illusion que celui-ci les aime en retour d'un amour égal.
Des moyens tels que la manipulation idéologique et la propagande doivent permettre de renforcer ces attachements émotionnels et de conforter cette conviction, en favorisant l'essor d'un culte de la personnalité. Le désir des dominés, articulé à leur besoin d'identification, se trouve à la racine de l'autorité… Une servitude volontaire revue et corrigée à la lumière de l'inconscient, en somme.
Mais en suivant cette pente, n'est-on pas conduit à adopter une vision purement aliénante 11 du pouvoir ? Chez La Boétie, les hommes sont fascinés par le tyran, chez Freud, les foules sont hypnotisées par le meneur. Une dimension essentielle se voit occultée, au grand dam 12 de ces auteurs: celle de la liberté ou de l'autonomie des êtres qui sont confrontés au pouvoir. Or, il est possible d'envisager une autre approche où celui-ci ne s'appuie pas sur une soumission de type psychologique mais sur un consentement éclairé des individus qui en font l'expérience.
782 mots
1 Subjugue: fascine.
2 Masos (= masochistes): personnes qui recherchent le plaisir à travers la souffrance.
3 Joug: domination.
4 Être dans les fers: être enfermé.
5 Inique: injuste.
6 Spoliés: dépossédés.
7 Dépositaire: dont le pouvoir est responsable.
8 Omnipotente: toute-puissante.
9 Narcissisme: amour exagéré de soi.
10 Libidinale: liée au désir.
11 Aliénante: qui rend esclave.
12 Au grand dam: au grand regret.
Contraction de texte (10 points)
Vous résumerez ce texte en 195 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 176 mots et au plus 214 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet A - Essai
Sujet A – Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576 – Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté.
Texte d'après Martin Duru, « Et si nous aimions être dominés », Sciences humaines, mars 2010.
Et si l'homme n'était pas cet être assoiffé de liberté qu'on nous dépeint souvent, mais celui que le pouvoir subjugue 1 au point de s'y soumettre de soi-même ? C'est l'hypothèse impertinente que posait déjà La Boétie au XVI e siècle.
Si Étienne de La Boétie s'était exprimé dans le langage d'aujourd'hui, il se serait probablement exclamé: « mais ils sont masos 2 ou quoi ? » Dans le Discours de la servitude volontaire, écrit dans le courant du XVI e siècle, il constate avec effarement qu'un « million d'hommes » vit sous le joug 3 d'une tyrannie féroce et se complaît dans cette situation d'asservissement généralisé. Il s'agit là d'une véritable énigme: comment se fait-il que l'homme, qui est né libre, se retrouve dans les fers 4, comme le dira Rousseau, et se plie de lui-même à la domination d'un pouvoir inique 5 ? Selon l'ami de Montaigne, l'origine de la tyrannie ne réside pas dans la lâcheté ou dans la crainte du peuple, qui n'aurait d'autre choix que de se soumettre à un régime répressif permanent. C'est bel et bien la « servitude volontaire » des hommes qui permet de rendre compte de leur oppression. Étrange paradoxe: l'état d'esclavage n'est pas subi mais voulu par ceux-là mêmes qui le connaissent. En l'occurrence, les hommes désirent être malmenés et spoliés 6 par le tyran, et c'est une telle disposition qui sert de fondement au pouvoir politique. Celui-ci ne peut se déployer dans toute sa violence que dans la mesure où les individus ont la volonté constante de tendre le bâton pour se faire battre.
L'hypothèse de La Boétie laisse donc entrevoir que le pouvoir, ici appréhendé sous la forme extrême de la tyrannie, est l'obscur objet du désir… des dominés eux-mêmes. Le ressort d'un tel phénomène doit être recherché dans le domaine des croyances et des représentations dont le pouvoir est le dépositaire 7. Les hommes sont comme « enchantés » et « charmés » par le tyran et la servitude volontaire est inséparable d'une telle fascination. C'est l'image d'une autorité omnipotente 8 et s'appliquant à l'ensemble du corps politique qui capte et séduit les gouvernés.
Le processus psychologique à l'œuvre relève de l'identification: chaque homme s'identifie au tyran et croit incarner le pouvoir par le biais de cette projection imaginaire. C'est ainsi le fantasme de ne faire qu'un avec celui qui exerce la domination qui explique la tendance à se soumettre de soi-même à un ordre marqué par l'oppression continuelle. Ce fantasme devra être savamment entretenu par le tyran, en permanence soucieux de sa popularité et de sa capacité à subjuguer les foules. Il s'agira pour le pouvoir de maintenir son emprise sur le peuple en le rendant un peu plus maso encore…
Le concept de servitude volontaire situe par conséquent l'analyse du pouvoir non du côté des éventuelles pulsions sadiques de ceux qui le possèdent, mais du côté de l'obéissance aveugle de ceux qui s'y plient. Une obéissance qui semble intériorisée et ancrée profondément dans le psychisme des individus. Il n'est donc pas étonnant que la psychanalyse se soit saisie du problème, en étudiant les mécanismes inconscients de la domination. Elle a mis en évidence le fait que les individus abandonnent leur narcissisme 9 et portent leur affection sur un même être perçu comme extraordinaire, les membres de la foule s'identifient les uns aux autres, ce qui crée une communauté fusionnelle. La cohésion des masses repose in fine sur des liens de nature libidinale 10: les individus qui les composent aiment leur chef et vivent dans l'illusion que celui-ci les aime en retour d'un amour égal.
Des moyens tels que la manipulation idéologique et la propagande doivent permettre de renforcer ces attachements émotionnels et de conforter cette conviction, en favorisant l'essor d'un culte de la personnalité. Le désir des dominés, articulé à leur besoin d'identification, se trouve à la racine de l'autorité… Une servitude volontaire revue et corrigée à la lumière de l'inconscient, en somme.
Mais en suivant cette pente, n'est-on pas conduit à adopter une vision purement aliénante 11 du pouvoir ? Chez La Boétie, les hommes sont fascinés par le tyran, chez Freud, les foules sont hypnotisées par le meneur. Une dimension essentielle se voit occultée, au grand dam 12 de ces auteurs: celle de la liberté ou de l'autonomie des êtres qui sont confrontés au pouvoir. Or, il est possible d'envisager une autre approche où celui-ci ne s'appuie pas sur une soumission de type psychologique mais sur un consentement éclairé des individus qui en font l'expérience.
782 mots
1 Subjugue: fascine.
2 Masos (= masochistes): personnes qui recherchent le plaisir à travers la souffrance.
3 Joug: domination.
4 Être dans les fers: être enfermé.
5 Inique: injuste.
6 Spoliés: dépossédés.
7 Dépositaire: dont le pouvoir est responsable.
8 Omnipotente: toute-puissante.
9 Narcissisme: amour exagéré de soi.
10 Libidinale: liée au désir.
11 Aliénante: qui rend esclave.
12 Au grand dam: au grand regret.
Essai (10 points)
Suffit-il, pour défendre et entretenir la liberté, de dénoncer ceux qui la menacent ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte
Sujet B – Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686 – Parcours: Le goût de la science
Texte d'après Étienne Klein, Le goût du vrai, 2020
Sujet B – Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686 – Parcours: Le goût de la science.
Texte d'après Étienne Klein, Le goût du vrai, 2020.
Certains philosophes passent sous silence la joie profonde, la joie singulière qui surgit dans l'esprit du scientifique lorsqu'enfin il comprend ce qu'il cherchait à comprendre. Je me souviens comme si c'était hier de mes premières joies intellectuelles, au collège puis au lycée: une démonstration mathématique qui devient lumineuse; un raisonnement abstrait, philosophique et scientifique, qui fait mouche 1 et éclaire ce à quoi il s'applique; la réalisation d'une modeste expérience de physique, un circuit électrique élémentaire par exemple, avec quelques fils, une résistance, une capacité, un voltmètre, dont les résultats des mesures coïncident exactement avec ceux prévus par les calculs... Chaque fois, c'était une révélation doublée d'une jubilation 2. Comprendre, découvrir la clé d'un raisonnement ou d'une découverte, vérifier une loi physique élémentaire: voilà qui vous déplace, vous écarte de vos façons habituelles d'être au monde. Mine de rien, vous devenez d'un coup quelqu'un d'autre. Après un détour plus ou moins long, le réel, soudain, vous répond, vous fait signe.
Il est donc tout à fait possible de garder vivante l'émotion de la quête, y compris à propos de découvertes très anciennes: comme me le dit un jour un physicien, fort des observations astronomiques qu'il réalise chaque été avec ses petits-enfants, voir les satellites de Jupiter ou les anneaux de Saturne grâce à un petit télescope est autrement plus excitant que d'en apprendre l'existence dans un manuel, même illustré de beaux clichés. Car c'est alors un écho de l'émerveillement de Galilée 3 que l'on sent pénétrer en soi, comme par intraveineuse.
Reste néanmoins une question qui est la grande question. Comment élargir la rationalité pour qu'elle devienne généreuse, poétique, excitante, contagieuse ? Ces défis sont précisément ceux que nous, scientifiques, n'avons pas su relever: la science désormais semble triste, lointaine, complexe, étrangère. Un tel éloignement ouvre des boulevards au populisme scientifique 4, qui lui-même nous détourne de la science.
Problème: la science n'est pas facile à partager. De multiples causes, certainement toutes fondées, sont régulièrement avancées pour expliquer cette situation. Transmettre ce qui est complexe relève quasiment de l'héroïsme. Comment refonder dans un tel contexte, les conditions d'une meilleure diffusion des idées de la science ? L'affaire est rendue délicate par le fait que circulent dans les mêmes canaux de communication des éléments appartenant à des registres très différents: connaissances, croyances, informations, opinions, commentaires, fake news... Immanquablement, leurs statuts respectifs se contaminent: comment distinguer une connaissance de la croyance d'une communauté particulière ? Une information d'une fake news ? Dans les esprits se crée une confusion d'autant plus grande que le statut actuel des sciences est devenu ambivalent 5.
D'une part, en effet, la science nous semble constituer le fondement officiel de notre société, censé remplacer l'ancien socle religieux: nous sommes gouvernés, sinon par la science elle-même, du moins au nom de quelque chose qui a à voir avec elle. C'est ainsi que, dans toutes les sphères de notre vie, nous nous trouvons désormais soumis à une multitude d'évaluations, lesquelles ne sont pas prononcées par des idéologues illuminés ou des prédicateurs religieux: présentées comme de simples jugements d'« experts », elles sont censées être effectuées au nom de savoirs et de compétences de type scientifique et donc, à ce titre, impartiaux et objectifs. Un exemple ? Sur nos paquets de cigarettes il est écrit non pas « Fumer déplaît à Dieu » ou « Fumer compromet le salut de votre âme » mais « Fumer tue ». Preuve qu'un discours scientifique portant sur la santé du corps a fini par détrôner un discours théologique 6 qui, lui, aurait porté sur le salut de l'âme.
D'autre part – second versant de cette ambivalence – la science dans sa réalité pratique est aujourd'hui questionnée comme jamais, contestée, mise en cause voire marginalisée. Elle est objet de méconnaissance effective au sein de la société: qui sait en quoi consiste la radioactivité, ce qu'est au juste un OGM, où se trouvent les quarks, ce qui différencie un rétrovirus d'un virus ordinaire ? Dans le même temps, elle subit toutes sortes d'attaques, d'ordre philosophique, économique ou politique. La plus importante d'entre elles peut se résumer par un bel oxymore: « relativisme absolu ». Selon cette doctrine, si les sciences ont pris le pouvoir, ce n'est pas en raison d'un lien privilégié avec le vrai, mais grâce à leur maniement d'arguments d'autorité ou parce qu'elles seraient l'expression d'un parti-pris culturel. Les discours scientifiques ne seraient au bout du compte ni plus vrais ni plus faux que n'importe quels autres. En somme, « tout serait relatif ».
794 mots
1 Faire mouche: atteindre son but.
2 Jubilation: grande joie.
3 Galilée: physicien et astronome du 17 e siècle.
4 Populisme scientifique: ici simplification parfois mensongère du savoir.
5 Ambivalent: ambigu, confus.
6 Théologique: religieux.
Contraction de texte (10 points)
Vous résumerez ce texte en 198 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 179 et au plus 217 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de la contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet B - Essai
Sujet B – Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686 – Parcours: Le goût de la science
Texte d'après Étienne Klein, Le goût du vrai, 2020
Sujet B – Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686 – Parcours: Le goût de la science.
Texte d'après Étienne Klein, Le goût du vrai, 2020.
Certains philosophes passent sous silence la joie profonde, la joie singulière qui surgit dans l'esprit du scientifique lorsqu'enfin il comprend ce qu'il cherchait à comprendre. Je me souviens comme si c'était hier de mes premières joies intellectuelles, au collège puis au lycée: une démonstration mathématique qui devient lumineuse; un raisonnement abstrait, philosophique et scientifique, qui fait mouche 1 et éclaire ce à quoi il s'applique; la réalisation d'une modeste expérience de physique, un circuit électrique élémentaire par exemple, avec quelques fils, une résistance, une capacité, un voltmètre, dont les résultats des mesures coïncident exactement avec ceux prévus par les calculs... Chaque fois, c'était une révélation doublée d'une jubilation 2. Comprendre, découvrir la clé d'un raisonnement ou d'une découverte, vérifier une loi physique élémentaire: voilà qui vous déplace, vous écarte de vos façons habituelles d'être au monde. Mine de rien, vous devenez d'un coup quelqu'un d'autre. Après un détour plus ou moins long, le réel, soudain, vous répond, vous fait signe.
Il est donc tout à fait possible de garder vivante l'émotion de la quête, y compris à propos de découvertes très anciennes: comme me le dit un jour un physicien, fort des observations astronomiques qu'il réalise chaque été avec ses petits-enfants, voir les satellites de Jupiter ou les anneaux de Saturne grâce à un petit télescope est autrement plus excitant que d'en apprendre l'existence dans un manuel, même illustré de beaux clichés. Car c'est alors un écho de l'émerveillement de Galilée 3 que l'on sent pénétrer en soi, comme par intraveineuse.
Reste néanmoins une question qui est la grande question. Comment élargir la rationalité pour qu'elle devienne généreuse, poétique, excitante, contagieuse ? Ces défis sont précisément ceux que nous, scientifiques, n'avons pas su relever: la science désormais semble triste, lointaine, complexe, étrangère. Un tel éloignement ouvre des boulevards au populisme scientifique 4, qui lui-même nous détourne de la science.
Problème: la science n'est pas facile à partager. De multiples causes, certainement toutes fondées, sont régulièrement avancées pour expliquer cette situation. Transmettre ce qui est complexe relève quasiment de l'héroïsme. Comment refonder dans un tel contexte, les conditions d'une meilleure diffusion des idées de la science ? L'affaire est rendue délicate par le fait que circulent dans les mêmes canaux de communication des éléments appartenant à des registres très différents: connaissances, croyances, informations, opinions, commentaires, fake news... Immanquablement, leurs statuts respectifs se contaminent: comment distinguer une connaissance de la croyance d'une communauté particulière ? Une information d'une fake news ? Dans les esprits se crée une confusion d'autant plus grande que le statut actuel des sciences est devenu ambivalent 5.
D'une part, en effet, la science nous semble constituer le fondement officiel de notre société, censé remplacer l'ancien socle religieux: nous sommes gouvernés, sinon par la science elle-même, du moins au nom de quelque chose qui a à voir avec elle. C'est ainsi que, dans toutes les sphères de notre vie, nous nous trouvons désormais soumis à une multitude d'évaluations, lesquelles ne sont pas prononcées par des idéologues illuminés ou des prédicateurs religieux: présentées comme de simples jugements d'« experts », elles sont censées être effectuées au nom de savoirs et de compétences de type scientifique et donc, à ce titre, impartiaux et objectifs. Un exemple ? Sur nos paquets de cigarettes il est écrit non pas « Fumer déplaît à Dieu » ou « Fumer compromet le salut de votre âme » mais « Fumer tue ». Preuve qu'un discours scientifique portant sur la santé du corps a fini par détrôner un discours théologique 6 qui, lui, aurait porté sur le salut de l'âme.
D'autre part – second versant de cette ambivalence – la science dans sa réalité pratique est aujourd'hui questionnée comme jamais, contestée, mise en cause voire marginalisée. Elle est objet de méconnaissance effective au sein de la société: qui sait en quoi consiste la radioactivité, ce qu'est au juste un OGM, où se trouvent les quarks, ce qui différencie un rétrovirus d'un virus ordinaire ? Dans le même temps, elle subit toutes sortes d'attaques, d'ordre philosophique, économique ou politique. La plus importante d'entre elles peut se résumer par un bel oxymore: « relativisme absolu ». Selon cette doctrine, si les sciences ont pris le pouvoir, ce n'est pas en raison d'un lien privilégié avec le vrai, mais grâce à leur maniement d'arguments d'autorité ou parce qu'elles seraient l'expression d'un parti-pris culturel. Les discours scientifiques ne seraient au bout du compte ni plus vrais ni plus faux que n'importe quels autres. En somme, « tout serait relatif ».
794 mots
1 Faire mouche: atteindre son but.
2 Jubilation: grande joie.
3 Galilée: physicien et astronome du 17 e siècle.
4 Populisme scientifique: ici simplification parfois mensongère du savoir.
5 Ambivalent: ambigu, confus.
6 Théologique: religieux.
Essai (10 points)
Le goût de la science est-il lié à l'amour de la vérité ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne, 1747 – Parcours: « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux ».
Contraction de texte (10 points)
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 – Parcours: « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux ».
Texte d’après Rémy Oudghiri, Microvoyage: le paradis à deux pas, 2025.
Il existe de nombreuses façons de microvoyager. En voici trois qui illustrent bien ses bienfaits. Dans chacune, le microvoyageur vit une expérience qui le réconcilie avec son territoire, tout en le faisant accéder à ce que Jean Giono appelait les « vraies richesses » de l’existence: il appréhende le monde proche comme un « nouveau monde ».
Un premier type de microvoyage consiste à changer notre regard sur la proximité et à envisager le banal comme un nouvel exotisme. L’écrivain autrichien Peter Handke, dans son livre Mon année dans la baie de Personne, récit de ses explorations des communes du département des Hauts-de-Seine, nous invite à adopter sur les territoires urbains souvent jugés peu touristiques un regard d’explorateur, en les considérant comme un « nouveau monde » à découvrir. Installé à Chaville depuis les années 1990, il n’a cessé d’explorer les alentours, s’aventurant en voyageur pédestre dans de nombreuses communes de la banlieue sud de Paris. En France, le mot « banlieue » a mauvaise presse, on l’associe à un imaginaire négatif, alors que la réalité est souvent tout autre. Quand on l’entend prononcer, viennent spontanément à l’esprit des adjectifs comme « morne », « impersonnel », « gris », ou des expressions comme « trou perdu » ou « sans âme ». De fait, beaucoup n’ont pas choisi d’y habiter et vivent parfois cette situation comme une punition.
Peter Handke propose de voir au contraire dans la banlieue un continent à explorer. Le type de microvoyage qu’il pratique révèle justement une de ses particularités. Car c’est dans les lieux les moins touristiques, les moins marqués par l’Histoire que l’on peut découvrir des choses inédites (paysages, édifices, fragments de forêts…), des choses jamais vues ni racontées par d’autres et, ce faisant, inventer son propre voyage. En effet, contrairement à Paris, tout proche, où le poids de l’histoire se fait sentir à chaque pas, la banlieue est moins encombrée de symboles. Ce n’est pas qu’elle n’a pas d’histoire, mais la présence de celle-ci y est plus discrète. Le microvoyageur s’y déplace avec moins de repères, et la probabilité de s’y perdre est bien plus élevée que dans la capitale.
Peter Handke révèle justement qu’il a « quitté l’Histoire ». Il est dans le présent. Dans ces microvoyages d’une journée, l’écrivain accède à un univers inconnu, un petit monde de retraités, anonymes, oubliés du monde, occupés à leurs rituels immuables 1. Il partage leur vie au café, dans les bars, les bistrots. Il aime être au contact de tous ces gens modestes, originaires de toutes sortes de pays. Il s’introduit partout où il le peut, s’imprégnant de toute cette vie dans les rues, les centres commerciaux, les bois, les parcs… Il est surpris par la richesse qu’il débusque sur son chemin. Des buissons aux bâtiments, tout le fascine: un groupe d’arbres comme un assemblage de toits.
Le microvoyage de Peter Handke est un apprentissage de la liberté, le contraire du voyage touristique standardisé. Dans la banlieue, note-t-il, on oublie ce qu’on nous a appris, on vit « libéré de l’école », sans filtre, sans préjugé, sans culture. C’est ainsi que l’on s’ouvre à la « profusion du monde ». Tout ce qui, là dans les centres-villes, a de l’importance – le savoir, les codes, l’éducation – s’avère ici être un fardeau 2 qui nous empêche de voir. Ce que la banlieue lui révèle, c’est une nouvelle « manière de voir ».
Ce type de microvoyage peut se pratiquer dans n’importe quel lieu supposé a priori banal.
Sillonner sans fin son territoire permet d’en dévoiler la réalité sensible: un deuxième type de microvoyage consiste à parcourir sans relâche le même territoire pour en découvrir peu à peu les richesses. Au principe de cette démarche, il y a cette conviction que la réalité est souvent « insaisissable » et que la beauté d’un lieu ne se livre pas si facilement. À rebours d’une certaine consommation touristique envisagée comme une suite de destinations toujours différentes, il s’agit au contraire de « voyager » aux alentours de là où l’on habite pour en révéler la splendeur cachée.
Un troisième type de microvoyage consiste à se transformer en touriste sur son propre territoire. C’est qu’il y a une expérience plus intéressante qu’être étranger en territoire inconnu, c’est d’être étranger dans sa propre ville. Devenir un touriste chez soi, voilà un autre charme du microvoyage.
1 Immuable: qui ne change pas.
2 Fardeau: poids.
738 mots
Vous résumerez ce texte en 185 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 167 et au plus 203 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de la contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet C - Essai
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne, 1747 – Parcours: « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux ».
Essai (10 points)
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 – Parcours: « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux ».
Texte d’après Rémy Oudghiri, Microvoyage: le paradis à deux pas, 2025.
Il existe de nombreuses façons de microvoyager. En voici trois qui illustrent bien ses bienfaits. Dans chacune, le microvoyageur vit une expérience qui le réconcilie avec son territoire, tout en le faisant accéder à ce que Jean Giono appelait les « vraies richesses » de l’existence: il appréhende le monde proche comme un « nouveau monde ».
Un premier type de microvoyage consiste à changer notre regard sur la proximité et à envisager le banal comme un nouvel exotisme. L’écrivain autrichien Peter Handke, dans son livre Mon année dans la baie de Personne, récit de ses explorations des communes du département des Hauts-de-Seine, nous invite à adopter sur les territoires urbains souvent jugés peu touristiques un regard d’explorateur, en les considérant comme un « nouveau monde » à découvrir. Installé à Chaville depuis les années 1990, il n’a cessé d’explorer les alentours, s’aventurant en voyageur pédestre dans de nombreuses communes de la banlieue sud de Paris. En France, le mot « banlieue » a mauvaise presse, on l’associe à un imaginaire négatif, alors que la réalité est souvent tout autre. Quand on l’entend prononcer, viennent spontanément à l’esprit des adjectifs comme « morne », « impersonnel », « gris », ou des expressions comme « trou perdu » ou « sans âme ». De fait, beaucoup n’ont pas choisi d’y habiter et vivent parfois cette situation comme une punition.
Peter Handke propose de voir au contraire dans la banlieue un continent à explorer. Le type de microvoyage qu’il pratique révèle justement une de ses particularités. Car c’est dans les lieux les moins touristiques, les moins marqués par l’Histoire que l’on peut découvrir des choses inédites (paysages, édifices, fragments de forêts…), des choses jamais vues ni racontées par d’autres et, ce faisant, inventer son propre voyage. En effet, contrairement à Paris, tout proche, où le poids de l’histoire se fait sentir à chaque pas, la banlieue est moins encombrée de symboles. Ce n’est pas qu’elle n’a pas d’histoire, mais la présence de celle-ci y est plus discrète. Le microvoyageur s’y déplace avec moins de repères, et la probabilité de s’y perdre est bien plus élevée que dans la capitale.
Peter Handke révèle justement qu’il a « quitté l’Histoire ». Il est dans le présent. Dans ces microvoyages d’une journée, l’écrivain accède à un univers inconnu, un petit monde de retraités, anonymes, oubliés du monde, occupés à leurs rituels immuables 1. Il partage leur vie au café, dans les bars, les bistrots. Il aime être au contact de tous ces gens modestes, originaires de toutes sortes de pays. Il s’introduit partout où il le peut, s’imprégnant de toute cette vie dans les rues, les centres commerciaux, les bois, les parcs… Il est surpris par la richesse qu’il débusque sur son chemin. Des buissons aux bâtiments, tout le fascine: un groupe d’arbres comme un assemblage de toits.
Le microvoyage de Peter Handke est un apprentissage de la liberté, le contraire du voyage touristique standardisé. Dans la banlieue, note-t-il, on oublie ce qu’on nous a appris, on vit « libéré de l’école », sans filtre, sans préjugé, sans culture. C’est ainsi que l’on s’ouvre à la « profusion du monde ». Tout ce qui, là dans les centres-villes, a de l’importance – le savoir, les codes, l’éducation – s’avère ici être un fardeau 2 qui nous empêche de voir. Ce que la banlieue lui révèle, c’est une nouvelle « manière de voir ».
Ce type de microvoyage peut se pratiquer dans n’importe quel lieu supposé a priori banal.
Sillonner sans fin son territoire permet d’en dévoiler la réalité sensible: un deuxième type de microvoyage consiste à parcourir sans relâche le même territoire pour en découvrir peu à peu les richesses. Au principe de cette démarche, il y a cette conviction que la réalité est souvent « insaisissable » et que la beauté d’un lieu ne se livre pas si facilement. À rebours d’une certaine consommation touristique envisagée comme une suite de destinations toujours différentes, il s’agit au contraire de « voyager » aux alentours de là où l’on habite pour en révéler la splendeur cachée.
Un troisième type de microvoyage consiste à se transformer en touriste sur son propre territoire. C’est qu’il y a une expérience plus intéressante qu’être étranger en territoire inconnu, c’est d’être étranger dans sa propre ville. Devenir un touriste chez soi, voilà un autre charme du microvoyage.
1 Immuable: qui ne change pas.
2 Fardeau: poids.
738 mots
Selon vous, pour découvrir de nouveaux univers, suffit-il de changer le regard que l'on porte sur le monde ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les Lettres d'une Péruvienne de Françoise de Graffigny, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
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