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Sujet du Bac ST2S Français 2026 · Polynésie Remplacement
Sujet du Bac ST2S de Français 2026, Polynésie Remplacement : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d'étude: le théâtre, du XVII e au XXI e siècle.
Robert THOMAS, Huit Femmes, 1958.
Le matin de Noël, alors que la maison et le domaine sont couverts de neige, on trouve le père de famille assassiné dans sa chambre. Très vite on s'aperçoit que le criminel n'a pu ni entrer ni sortir. Une des huit femmes présentes est donc coupable. La scène constitue le début du dénouement.
CATHERINE 1. Alors, écoutez-moi ! Un beau conte de Noël ! Il était une fois un brave homme qui était entouré de huit femmes… Il luttait, luttait… Mais elles étaient les plus fortes. Hier soir, ce pauvre homme s'est couché… encore plus fatigué, plus ruiné, plus trompé que la veille… Et la ronde de ses huit femmes a recommencé. Et sa fille Catherine, cachée
5 derrière la porte, a tout vu et tout entendu ! (Elle se dresse.) Et voici ce qui se passe: à 10 heures premier tableau: sa belle-mère qu'il a recueillie chez lui, lui refuse ses titres 2. Une générosité peut sauver cet homme, mais la vieille est avare… Deuxième tableau: à 10 heures et demie, Augustine 3, la vipère de service, vient faire sa cour et baver les derniers potins… Tante n'a pas tué Papa, elle l'a écœuré sans plus, mais tout cela n'est pas sérieux !
10 (Mamy et Augustine se sont tassées dans un coin.) À onze heures, l'offensive commence… Sa femme, ma mère, lui fait comprendre qu'elle le quitte ! Elle part avec l'homme qui a ruiné son mari. Et allez donc, comme c'est simple ! (Un silence atroce, Gaby s'assoit, livide. Catherine enchaîne.) À 11 heures et demie, Louise 4 fait son entrée de vamp 5. Pauvre idiote, vulgaire et intéressée ! Peu après voici Pierrette 6. Elle vient traire la vache à lait:
15 500 000 francs, bonne chasse ! Mais les billets ne vont pas loin… Mais ceci est une autre histoire. Enfin, pour couronner le tout, Suzon 7, sa fille, clandestinement arrivée de Londres, lui confie qu'elle est enceinte… Sur ce, bonne nuit ! Qui Papa reçoit-il ensuite ? That is the question ! Vous m'écoutez ? Vous ne faites plus que ça maintenant ? Pour vous c'est terminé… Il ne reste plus que moi !
20 SUZON. Tais-toi… Tais-toi…
CATHERINE. Pauvre papa ! Je l'ai retrouvé à 6 heures ce matin… Il pleurait ! C'est terrible un papa qui pleure. Vous n'en avez jamais vu ? Son nez avec une grosse larme au bout. Il m'a dit: « Tu es une gentille petite fille. Tu lis trop et tu ne te laves pas les mains, mais je n'ai plus que toi au monde… » J'ai juré de faire son bonheur à tout prix. Il pleurait toujours,
25 et il a dit: « Comme on doit être bien quand on est mort ! ». Alors, j'ai eu pitié. (Elle pleure et le ton de sa voix va aller en montant.) Pitié ! Pitié ! Ses grands yeux ouverts, tout ronds, tout mouillés… Alors j'ai eu une idée… L'idée de le libérer…
Recul général de terreur. Catherine les regarde.
GABY, dans un souffle. Tu ne… veux pas dire que… c'est toi qui… aurais ?…
30 CATHERINE. …Qui aurais tué Papa ? Qui parle de tuer ? (Triomphante.) Papa n'a jamais été mort ! (Elle éclate de rire.) C'était ça, ma force à moi et ce qui me permettait de vous juger avec humour ! Papa n'a jamais été mort… Il est vivant ! Derrière sa porte !
1 Catherine: fille cadette de Marcel, la victime, et de Gaby.
2 Lui refuse ses titres: lui refuse une aide financière.
3 Augustine: belle-sœur de la victime et tante de Catherine.
4 Louise: femme de chambre.
5 Vamp: séductrice.
6 Pierrette: sœur de la victime.
7 Suzon: fille aînée de la victime, sœur de Catherine.
Vous ferez le commentaire littéraire de ce texte. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention aux éléments suivants:
Catherine, maîtresse du jeu et du suspense.
Une violente dénonciation de l'hypocrisie sociale et familiale.
Exercice 2 - Sujet A : Contraction de texte
Sujet A – Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576
Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté.
Contraction de texte (10 points)
Texte d'après Michel Agier, « Vouloir la fête pour le peuple, c'est accepter d'ouvrir un moment de désordre », Le Monde, 30 juin 2025.
La fête serait-elle barbare ? Qu'est-ce qui « déborde » dans la fête ? Les fêtes de foules en mouvement, dont le parangon 1 est depuis dix siècles le carnaval, créent un espace et un temps de liberté et d'égalité qui marquent une pause dans le courant de la vie ordinaire avec ses inégalités et ses dominations. À Bahia, au Brésil, au premier des cinq jours de carnaval, tout le monde dit « A rua e do povo » (la rue est au peuple) et c'est en effet ce qui se passe, même si les contextes sociopolitiques ne disparaissent pas de la conscience des participants et peuvent transformer les parades en protestations, même si des milliers, voire dizaines de milliers, de policiers parcourent les rues en fête pour essayer de contenir l'événement et son million de participants. Car, dès les premières fêtes médiévales en Europe, les autorités politiques ou religieuses ont craint le peuple dans la rue et le risque séditieux 2, qui prend d'abord la forme de « débordements ». À la fin du XIX e siècle, dans le carnaval de Trinité-et-Tobago, des soulèvements carnavalesques ont eu lieu lorsque les participants ont utilisé des « cannes brûlées » (symbolisant le travail des esclaves de la canne à sucre) pour affronter les policiers, un moment gardé en mémoire sous le nom de « Canboulay Riots » et rejoué chaque année dans le rituel des combats de bâtons du même carnaval. Plus près de nous, en 2009, on sait le rôle moteur joué par les groupes carnavalesques gwoka, et plus généralement par le Voukoum Mouvman Kiltirel Gwadloup, dans la formation du mouvement de protestation contre l'exploitation et la vie chère à la Guadeloupe.
On parlera aujourd'hui de « fun », d'« apnée » ou de « teuf », mais le principe est le même: c'est un moment qui fait sortir chaque personne de sa condition sociale quotidienne, et sortir aussi d'un monde anxiogène. En outre, si tout le monde s'accorde aujourd'hui pour dire que nous traversons une crise de la démocratie, celle-ci ne se contient ni ne se résout dans le seul cadre politique. La crise « déborde ». Pour les sans-voix, l'exception de la fête est une chance d'existence publique, même si ce sont eux qui seront visés comme les « barbares ».
Mais ce rapport entre la fête rituelle et son contexte social se complique et se généralise aujourd'hui, quand le monde entier nous renvoie au quotidien une politique de plus en plus faite de mépris, de violence, de brutalisation des relations sociales ou internationales dont les cibles récurrentes partout sont les personnes d'« origine étrangère », les migrants et les pays du Sud eux-mêmes. Le besoin de fête n'est jamais aussi fort que dans les moments de crise et de dérèglements, qui accroissent les peurs existentielles (la peur de mourir), sociales (la peur de la société) et cosmiques (la peur de l'effondrement). Dans un monde qui « déborde » ainsi au quotidien, les débordements de foules festives ne font que lui tendre un miroir inversé.
En Europe, le caractère total et envahissant de la fête rituelle a été une réalité avant la mise en ordre et l'individualisation des existences. C'est ce qui fait dire à certains qu'aujourd'hui « on ne sait plus faire la fête ». Mais surtout c'est ce qui explique la panique des politiques sécuritaires face à la foule en fête avec toute sa diversité. L'esprit carnavalesque serait-il en train de revenir, comme un besoin de vivre dans une dimension collective, et aussi comme phénomène total, envahissant, avec ses incarnations rebelles, ses protestations, ses images et ses utopies ?
Crise sociale, démocratique et globale, tout le monde qui nous entoure explique ce besoin de refaire communauté, au sens des communautés de l'instant, occupant entièrement tout l'espace-temps qu'on lui donne. Vouloir la fête pour le peuple, accepter l'idée que c'est un moment social et politique qui laisse place à l'imagination et à la liberté pour tous, c'est accepter d'ouvrir un moment de désordre.
Ce moment est possible au prix d'une révision des modes de contrôle et de régulation de la fête. Non pas sans police, mais avec une police mieux adaptée aux mouvements de la foule en fête, une foule à respecter dès lors qu'on l'autorise à croire que « la rue est au peuple ».
727 mots
1 Parangon: exemple typique.
2 Risque séditieux: risque d'émeute.
Consigne
Vous résumerez ce texte en 182 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 163 mots et au plus 201 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet A : Essai
Texte d'après Michel Agier, « Vouloir la fête pour le peuple, c'est accepter d'ouvrir un moment de désordre », Le Monde, 30 juin 2025.
La fête serait-elle barbare ? Qu'est-ce qui « déborde » dans la fête ? Les fêtes de foules en mouvement, dont le parangon 1 est depuis dix siècles le carnaval, créent un espace et un temps de liberté et d'égalité qui marquent une pause dans le courant de la vie ordinaire avec ses inégalités et ses dominations. À Bahia, au Brésil, au premier des cinq jours de carnaval, tout le monde dit « A rua e do povo » (la rue est au peuple) et c'est en effet ce qui se passe, même si les contextes sociopolitiques ne disparaissent pas de la conscience des participants et peuvent transformer les parades en protestations, même si des milliers, voire dizaines de milliers, de policiers parcourent les rues en fête pour essayer de contenir l'événement et son million de participants. Car, dès les premières fêtes médiévales en Europe, les autorités politiques ou religieuses ont craint le peuple dans la rue et le risque séditieux 2, qui prend d'abord la forme de « débordements ». À la fin du XIX e siècle, dans le carnaval de Trinité-et-Tobago, des soulèvements carnavalesques ont eu lieu lorsque les participants ont utilisé des « cannes brûlées » (symbolisant le travail des esclaves de la canne à sucre) pour affronter les policiers, un moment gardé en mémoire sous le nom de « Canboulay Riots » et rejoué chaque année dans le rituel des combats de bâtons du même carnaval. Plus près de nous, en 2009, on sait le rôle moteur joué par les groupes carnavalesques gwoka, et plus généralement par le Voukoum Mouvman Kiltirel Gwadloup, dans la formation du mouvement de protestation contre l'exploitation et la vie chère à la Guadeloupe.
On parlera aujourd'hui de « fun », d'« apnée » ou de « teuf », mais le principe est le même: c'est un moment qui fait sortir chaque personne de sa condition sociale quotidienne, et sortir aussi d'un monde anxiogène. En outre, si tout le monde s'accorde aujourd'hui pour dire que nous traversons une crise de la démocratie, celle-ci ne se contient ni ne se résout dans le seul cadre politique. La crise « déborde ». Pour les sans-voix, l'exception de la fête est une chance d'existence publique, même si ce sont eux qui seront visés comme les « barbares ».
Mais ce rapport entre la fête rituelle et son contexte social se complique et se généralise aujourd'hui, quand le monde entier nous renvoie au quotidien une politique de plus en plus faite de mépris, de violence, de brutalisation des relations sociales ou internationales dont les cibles récurrentes partout sont les personnes d'« origine étrangère », les migrants et les pays du Sud eux-mêmes. Le besoin de fête n'est jamais aussi fort que dans les moments de crise et de dérèglements, qui accroissent les peurs existentielles (la peur de mourir), sociales (la peur de la société) et cosmiques (la peur de l'effondrement). Dans un monde qui « déborde » ainsi au quotidien, les débordements de foules festives ne font que lui tendre un miroir inversé.
En Europe, le caractère total et envahissant de la fête rituelle a été une réalité avant la mise en ordre et l'individualisation des existences. C'est ce qui fait dire à certains qu'aujourd'hui « on ne sait plus faire la fête ». Mais surtout c'est ce qui explique la panique des politiques sécuritaires face à la foule en fête avec toute sa diversité. L'esprit carnavalesque serait-il en train de revenir, comme un besoin de vivre dans une dimension collective, et aussi comme phénomène total, envahissant, avec ses incarnations rebelles, ses protestations, ses images et ses utopies ?
Crise sociale, démocratique et globale, tout le monde qui nous entoure explique ce besoin de refaire communauté, au sens des communautés de l'instant, occupant entièrement tout l'espace-temps qu'on lui donne. Vouloir la fête pour le peuple, accepter l'idée que c'est un moment social et politique qui laisse place à l'imagination et à la liberté pour tous, c'est accepter d'ouvrir un moment de désordre.
Ce moment est possible au prix d'une révision des modes de contrôle et de régulation de la fête. Non pas sans police, mais avec une police mieux adaptée aux mouvements de la foule en fête, une foule à respecter dès lors qu'on l'autorise à croire que « la rue est au peuple ».
727 mots
1 Parangon: exemple typique.
2 Risque séditieux: risque d'émeute.
Sujet A – Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576
Parcours: « Défendre » et « entretenir » la liberté.
Essai (10 points)
Ne peut-on défendre et entretenir la liberté que collectivement ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet B : Contraction de texte
Sujet B – Bernard le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686.
Parcours: Le goût de la science.
Sujet B – Bernard le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686.
Parcours: Le goût de la science.
Texte d'après Élisabeth Lage, Lycéens et pratiques scientifiques, Comment les sciences deviennent une passion, 1993.
Les différentes institutions chargées du développement scientifique, de l'éducation, de la jeunesse s'interrogent sur les moyens d'intensifier l'intérêt des jeunes pour les sciences. Certains domaines scientifiques captent pourtant l'attention de la majorité des jeunes, filles et garçons, mais leur curiosité ne coïncide pas avec le programme scolaire.
Tout d'abord, la rencontre avec les jeunes amateurs a mis en évidence l'existence d'une forte motivation scientifique chez certains lycéens. Ils investissent une énergie considérable dans leurs projets scientifiques et se montrent capables d'étonnantes réalisations. Bien que minoritaires, ils indiquent les potentialités scientifiques de la jeunesse. Il appartient aux institutions soucieuses de l'intérêt des jeunes pour la science d'offrir des conditions favorables au développement de ces potentialités.
Les amateurs de sciences estiment que leur curiosité scientifique a rarement été suscitée par l'enseignement scolaire. Les matières scientifiques sont devenues synonymes de la sélection, que l'on subit, plutôt que du plaisir d'acquisition des connaissances qui conduisent à la compréhension des phénomènes physiques. La plupart de nos interlocuteurs ont donc persisté dans leurs intérêts scientifiques, en trouvant l'appui nécessaire en dehors de l'école. La stimulation provient fréquemment d'une relation avec des adultes compétents tant dans les domaines scientifiques que dans la compréhension de la curiosité qui anime les jeunes interlocuteurs. Cette relation privilégiée peut s'établir avec les parents, et notamment le père, ou avec d'autres personnes de l'entourage, mais aussi avec les enseignants de sciences et les animateurs de clubs scientifiques. Une relation pédagogique de qualité constitue un des principaux ressorts de l'intérêt des jeunes pour les sciences. Cette relation n'intervient pas uniquement dans la transmission du savoir, mais aussi en tant qu'elle sert de modèle d'identification, dont le rôle est considérable à cet âge. Les jeunes filles ont souligné l'effet d'une rencontre avec une « enseignante extraordinaire » sur leur propre engagement scientifique. Une telle rencontre les renforçait dans la conviction que le goût pour les sciences est compatible avec l'identité féminine.
Les amateurs, et surtout les amatrices de sciences, se sentent fréquemment solitaires parmi les camarades de classe, qui en majorité ne partagent pas leurs préoccupations. La structure des clubs scientifiques offre alors un lieu de rencontres et d'échanges qui joue un rôle important dans leur intégration sociale. Le caractère collectif des activités contribue au maintien de la motivation, à l'établissement d'un échange communicationnel et au plaisir ludique des loisirs scientifiques, qu'il ne faut pas minimiser. Chez les plus âgés des participants, le cadre d'un club permet d'instaurer une véritable collaboration intellectuelle. Les parents jouent fréquemment le rôle d'incitateurs dans l'apparition de l'intérêt scientifique. La sélection culturelle intervient dans la fréquentation des clubs, comme le montre l'examen de l'origine socio-professionnelle des inscrits. Ce rôle d'incitateur peut également être tenu par les enseignants et les éducateurs, à condition d'offrir aux enfants une relation compétente et non pas des contacts sporadiques 1.
L'ensemble des observations laisse supposer que la question institutionnelle qui se pose n'est pas tant celle d'intensifier l'intérêt des jeunes pour les sciences, que celle d'offrir aux jeunes un cadre adéquat 2 à l'épanouissement d'un tel intérêt.
Ces effets atteindraient un plus grand nombre si l'enseignement scientifique pouvait reprendre les couleurs de la vie et mobiliser des professeurs passionnés par leur domaine et par leur rôle éducatif dans une proportion plus grande qu'actuellement. La création de structures extra-scolaires où les élèves puissent pratiquer eux-mêmes des activités scientifiques offre un cadre recherché par les jeunes amateurs. Il aurait fallu en augmenter le nombre, plutôt que de les supprimer. Naturellement ces jeunes amateurs ne sont pas des chercheurs professionnels et ne souhaitent pas tous le devenir mais la nature de l'intérêt scientifique, qu'ils ont permis d'entrevoir, est bien la même, qu'il s'agisse d'un amateur ou d'un scientifique passionné.
La motivation scientifique, comme toute motivation d'ailleurs, prend sa source dans les événements marquants d'une existence. La spécificité du choix scientifique consiste à transformer la question personnelle en une question de connaissance universelle permettant la manipulation et l'expérimentation. La question devient ainsi accessible à d'autres scientifiques. Ce mécanisme modifie l'attitude du scientifique à l'égard de la préoccupation qui l'anime, en légitimant son questionnement. L'approche scientifique contient la promesse d'une analyse rationnelle de la question, à laquelle une réponse générale peut être trouvée, transcendant 3 ainsi chaque cas particulier. Le bénéfice personnel ressenti du fait que l'on puisse se consacrer à l'étude d'une question préoccupante, sans en avoir l'air, peut se transformer ainsi en un sentiment de contribuer au bien-être général.
740 mots
1 Sporadiques: irréguliers.
2 Adéquat: adapté, favorable.
3 Transcendant: dépassant.
Contraction de texte [10 points]
Vous résumerez ce texte en 185 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 166 mots et au plus 204 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet B : Essai
Sujet B – Bernard le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686.
Parcours: Le goût de la science.
Sujet B – Bernard le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686.
Parcours: Le goût de la science.
Texte d'après Élisabeth Lage, Lycéens et pratiques scientifiques, Comment les sciences deviennent une passion, 1993.
Les différentes institutions chargées du développement scientifique, de l'éducation, de la jeunesse s'interrogent sur les moyens d'intensifier l'intérêt des jeunes pour les sciences. Certains domaines scientifiques captent pourtant l'attention de la majorité des jeunes, filles et garçons, mais leur curiosité ne coïncide pas avec le programme scolaire.
Tout d'abord, la rencontre avec les jeunes amateurs a mis en évidence l'existence d'une forte motivation scientifique chez certains lycéens. Ils investissent une énergie considérable dans leurs projets scientifiques et se montrent capables d'étonnantes réalisations. Bien que minoritaires, ils indiquent les potentialités scientifiques de la jeunesse. Il appartient aux institutions soucieuses de l'intérêt des jeunes pour la science d'offrir des conditions favorables au développement de ces potentialités.
Les amateurs de sciences estiment que leur curiosité scientifique a rarement été suscitée par l'enseignement scolaire. Les matières scientifiques sont devenues synonymes de la sélection, que l'on subit, plutôt que du plaisir d'acquisition des connaissances qui conduisent à la compréhension des phénomènes physiques. La plupart de nos interlocuteurs ont donc persisté dans leurs intérêts scientifiques, en trouvant l'appui nécessaire en dehors de l'école. La stimulation provient fréquemment d'une relation avec des adultes compétents tant dans les domaines scientifiques que dans la compréhension de la curiosité qui anime les jeunes interlocuteurs. Cette relation privilégiée peut s'établir avec les parents, et notamment le père, ou avec d'autres personnes de l'entourage, mais aussi avec les enseignants de sciences et les animateurs de clubs scientifiques. Une relation pédagogique de qualité constitue un des principaux ressorts de l'intérêt des jeunes pour les sciences. Cette relation n'intervient pas uniquement dans la transmission du savoir, mais aussi en tant qu'elle sert de modèle d'identification, dont le rôle est considérable à cet âge. Les jeunes filles ont souligné l'effet d'une rencontre avec une « enseignante extraordinaire » sur leur propre engagement scientifique. Une telle rencontre les renforçait dans la conviction que le goût pour les sciences est compatible avec l'identité féminine.
Les amateurs, et surtout les amatrices de sciences, se sentent fréquemment solitaires parmi les camarades de classe, qui en majorité ne partagent pas leurs préoccupations. La structure des clubs scientifiques offre alors un lieu de rencontres et d'échanges qui joue un rôle important dans leur intégration sociale. Le caractère collectif des activités contribue au maintien de la motivation, à l'établissement d'un échange communicationnel et au plaisir ludique des loisirs scientifiques, qu'il ne faut pas minimiser. Chez les plus âgés des participants, le cadre d'un club permet d'instaurer une véritable collaboration intellectuelle. Les parents jouent fréquemment le rôle d'incitateurs dans l'apparition de l'intérêt scientifique. La sélection culturelle intervient dans la fréquentation des clubs, comme le montre l'examen de l'origine socio-professionnelle des inscrits. Ce rôle d'incitateur peut également être tenu par les enseignants et les éducateurs, à condition d'offrir aux enfants une relation compétente et non pas des contacts sporadiques 1.
L'ensemble des observations laisse supposer que la question institutionnelle qui se pose n'est pas tant celle d'intensifier l'intérêt des jeunes pour les sciences, que celle d'offrir aux jeunes un cadre adéquat 2 à l'épanouissement d'un tel intérêt.
Ces effets atteindraient un plus grand nombre si l'enseignement scientifique pouvait reprendre les couleurs de la vie et mobiliser des professeurs passionnés par leur domaine et par leur rôle éducatif dans une proportion plus grande qu'actuellement. La création de structures extra-scolaires où les élèves puissent pratiquer eux-mêmes des activités scientifiques offre un cadre recherché par les jeunes amateurs. Il aurait fallu en augmenter le nombre, plutôt que de les supprimer. Naturellement ces jeunes amateurs ne sont pas des chercheurs professionnels et ne souhaitent pas tous le devenir mais la nature de l'intérêt scientifique, qu'ils ont permis d'entrevoir, est bien la même, qu'il s'agisse d'un amateur ou d'un scientifique passionné.
La motivation scientifique, comme toute motivation d'ailleurs, prend sa source dans les événements marquants d'une existence. La spécificité du choix scientifique consiste à transformer la question personnelle en une question de connaissance universelle permettant la manipulation et l'expérimentation. La question devient ainsi accessible à d'autres scientifiques. Ce mécanisme modifie l'attitude du scientifique à l'égard de la préoccupation qui l'anime, en légitimant son questionnement. L'approche scientifique contient la promesse d'une analyse rationnelle de la question, à laquelle une réponse générale peut être trouvée, transcendant 3 ainsi chaque cas particulier. Le bénéfice personnel ressenti du fait que l'on puisse se consacrer à l'étude d'une question préoccupante, sans en avoir l'air, peut se transformer ainsi en un sentiment de contribuer au bien-être général.
740 mots
1 Sporadiques: irréguliers.
2 Adéquat: adapté, favorable.
3 Transcendant: dépassant.
Essai [10 points]
Le goût de la science peut-il se transmettre ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les Entretiens sur la pluralité des mondes, de Fontenelle, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet C : Contraction de texte
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne, 1747. Parcours: « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux. »
Texte d'après Rémy Oudghiri, Microvoyage: le paradis à deux pas, 2025.
L'expérience du tourisme de proximité a permis de redécouvrir les richesses de son propre pays, de sa région, de son quartier et, même, de sa propre maison…
Le « microvoyage » s'inscrit naturellement dans cette tendance du tourisme de proximité. Son avantage réside dans le fait que le voyageur part moins loin et moins longtemps. C'est, en effet, un déplacement limité dans le temps (moins d'une journée en général) et dans l'espace (le temps restreint en borne naturellement le périmètre géographique). On peut le faire à pied, à bicyclette, en bus, en barque, en voiture… D'autres mots peuvent le désigner: « excursion », « équipée », « virée », « randonnée », « balade »…
Le microvoyage, de ce point de vue, est plus proche de l'escapade que du voyage. Il offre une occasion de découvrir ou de redécouvrir des lieux près de chez soi et s'apparente à une forme d'évasion de proximité.
Ses atouts à l'heure du réchauffement climatique et du surtourisme, ne manquent pas. Ce type de voyage coche toutes les cases du tourisme de proximité. Quatre bénéfices clairs peuvent ainsi lui être attribués et contribuent à le rendre plus actuel que jamais.
Il propose une formule économique. Voyager près de chez soi coûte moins cher que de partir aux antipodes, ce qui, dans un contexte où le pouvoir d'achat est devenu la priorité des Français, n'est pas un argument négligeable.
Il est également écologique. Toutes choses égales par ailleurs, l'empreinte carbone d'un voyage est proportionnelle à la distance parcourue. Un microvoyage, de par sa nature, entraîne ainsi moins de conséquences négatives sur l'environnement.
Il favorise une forme de déconnexion du quotidien. Il s'agit là d'un avantage particulièrement pertinent à une époque où les écrans assujettissent 1 chaque individu à une sédentarité 2 dangereuse pour sa santé physique aussi bien que pour sa santé mentale. En microvoyageant, on fait un pas de côté: on débranche ses appareils, on laisse reposer son corps et son esprit, on redevient attentif à ce qui nous entoure, on remarque des détails qu'on ne voyait pas d'habitude.
Le microvoyage est enfin une solution pratique qui s'intègre facilement dans les agendas surchargés de nos contemporains. Même à celui qui manque de temps pour prendre des congés, il offre une plage de liberté relativement accessible pour reprendre son souffle. C'est un déplacement qui n'a pas besoin d'être préparé à l'avance et le microvoyageur ne s'embarrasse ni de bagage, ni de passeport, ni de matériel spécifique.
Bref, le microvoyage, dans le contexte actuel, ne peut que séduire. Il répond à des aspirations croissantes de la population: qualité de vie, principe d'économie, souci de l'environnement, besoin de simplicité. Ces avantages ne sont pas négligeables, mais je voudrais défendre dans cette note une particularité qui n'est pas toujours mise en valeur par les défenseurs du tourisme de proximité: sa dimension poétique.
De nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui pour appeler à « repoétiser » ou à « repassionner » l'existence. Derrière ces voix s'exprime une conviction: la poésie est une voie d'accès privilégiée à la réalité. La poésie ne se réduit pas aux œuvres répertoriées comme telles, mais à une expérience du monde. Le poète Jean-Pierre Siméon le dit à sa manière: « La poésie, c'est comme les lunettes. C'est pour mieux voir. Parce que nos yeux ne savent plus, ils sont fatigués, usés ». L'enjeu est donc de retrouver un rapport au monde plus direct, plus authentique. L'universitaire Jean Onimus, qui a beaucoup écrit sur le sujet, souligne que « presque toutes les expériences ardentes 3 de la vie, les perceptions des choses et des êtres, recèlent une dimension poétique ». Selon lui, le poétique « relève d'un besoin élémentaire, un besoin d'exister plus » et manifeste une « intensité de présence ». Autrement dit, vivre une expérience poétique ne consiste pas à fuir dans un monde imaginaire ou à migrer sur un territoire artificiellement embelli, mais à dévoiler un pan de la réalité. Il s'agit d'accéder à l'intensité que nous masque notre regard émoussé 4 par l'habitude et éteint par les priorités pratiques.
C'est là que réside le lien avec le microvoyage. Ce type de voyage, parce qu'il ne s'inscrit pas dans la logique des circuits touristiques classiques et parce qu'il se déroule dans les limites d'un périmètre familier – loin de l'exotisme associé aux voyages lointains – offre une voie de passage privilégiée vers la mise en contact avec la réalité. Dit autrement: il nous permet d'éprouver notre présence au monde et de nous sentir pleinement vivant.
765 mots
1 Assujettissent: soumettent.
2 Sédentarité: absence de déplacement.
3 Ardentes: passionnées.
4 Émoussé: rendu insensible.
Contraction de texte (10 points)
Vous résumerez ce texte en 192 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 172 mots et au plus 212 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet C : Essai
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne, 1747. Parcours: « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux. »
Texte d'après Rémy Oudghiri, Microvoyage: le paradis à deux pas, 2025.
L'expérience du tourisme de proximité a permis de redécouvrir les richesses de son propre pays, de sa région, de son quartier et, même, de sa propre maison…
Le « microvoyage » s'inscrit naturellement dans cette tendance du tourisme de proximité. Son avantage réside dans le fait que le voyageur part moins loin et moins longtemps. C'est, en effet, un déplacement limité dans le temps (moins d'une journée en général) et dans l'espace (le temps restreint en borne naturellement le périmètre géographique). On peut le faire à pied, à bicyclette, en bus, en barque, en voiture… D'autres mots peuvent le désigner: « excursion », « équipée », « virée », « randonnée », « balade »…
Le microvoyage, de ce point de vue, est plus proche de l'escapade que du voyage. Il offre une occasion de découvrir ou de redécouvrir des lieux près de chez soi et s'apparente à une forme d'évasion de proximité.
Ses atouts à l'heure du réchauffement climatique et du surtourisme, ne manquent pas. Ce type de voyage coche toutes les cases du tourisme de proximité. Quatre bénéfices clairs peuvent ainsi lui être attribués et contribuent à le rendre plus actuel que jamais.
Il propose une formule économique. Voyager près de chez soi coûte moins cher que de partir aux antipodes, ce qui, dans un contexte où le pouvoir d'achat est devenu la priorité des Français, n'est pas un argument négligeable.
Il est également écologique. Toutes choses égales par ailleurs, l'empreinte carbone d'un voyage est proportionnelle à la distance parcourue. Un microvoyage, de par sa nature, entraîne ainsi moins de conséquences négatives sur l'environnement.
Il favorise une forme de déconnexion du quotidien. Il s'agit là d'un avantage particulièrement pertinent à une époque où les écrans assujettissent 1 chaque individu à une sédentarité 2 dangereuse pour sa santé physique aussi bien que pour sa santé mentale. En microvoyageant, on fait un pas de côté: on débranche ses appareils, on laisse reposer son corps et son esprit, on redevient attentif à ce qui nous entoure, on remarque des détails qu'on ne voyait pas d'habitude.
Le microvoyage est enfin une solution pratique qui s'intègre facilement dans les agendas surchargés de nos contemporains. Même à celui qui manque de temps pour prendre des congés, il offre une plage de liberté relativement accessible pour reprendre son souffle. C'est un déplacement qui n'a pas besoin d'être préparé à l'avance et le microvoyageur ne s'embarrasse ni de bagage, ni de passeport, ni de matériel spécifique.
Bref, le microvoyage, dans le contexte actuel, ne peut que séduire. Il répond à des aspirations croissantes de la population: qualité de vie, principe d'économie, souci de l'environnement, besoin de simplicité. Ces avantages ne sont pas négligeables, mais je voudrais défendre dans cette note une particularité qui n'est pas toujours mise en valeur par les défenseurs du tourisme de proximité: sa dimension poétique.
De nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui pour appeler à « repoétiser » ou à « repassionner » l'existence. Derrière ces voix s'exprime une conviction: la poésie est une voie d'accès privilégiée à la réalité. La poésie ne se réduit pas aux œuvres répertoriées comme telles, mais à une expérience du monde. Le poète Jean-Pierre Siméon le dit à sa manière: « La poésie, c'est comme les lunettes. C'est pour mieux voir. Parce que nos yeux ne savent plus, ils sont fatigués, usés ». L'enjeu est donc de retrouver un rapport au monde plus direct, plus authentique. L'universitaire Jean Onimus, qui a beaucoup écrit sur le sujet, souligne que « presque toutes les expériences ardentes 3 de la vie, les perceptions des choses et des êtres, recèlent une dimension poétique ». Selon lui, le poétique « relève d'un besoin élémentaire, un besoin d'exister plus » et manifeste une « intensité de présence ». Autrement dit, vivre une expérience poétique ne consiste pas à fuir dans un monde imaginaire ou à migrer sur un territoire artificiellement embelli, mais à dévoiler un pan de la réalité. Il s'agit d'accéder à l'intensité que nous masque notre regard émoussé 4 par l'habitude et éteint par les priorités pratiques.
C'est là que réside le lien avec le microvoyage. Ce type de voyage, parce qu'il ne s'inscrit pas dans la logique des circuits touristiques classiques et parce qu'il se déroule dans les limites d'un périmètre familier – loin de l'exotisme associé aux voyages lointains – offre une voie de passage privilégiée vers la mise en contact avec la réalité. Dit autrement: il nous permet d'éprouver notre présence au monde et de nous sentir pleinement vivant.
765 mots
1 Assujettissent: soumettent.
2 Sédentarité: absence de déplacement.
3 Ardentes: passionnées.
4 Émoussé: rendu insensible.
Essai (10 points)
Faut-il nécessairement se déconnecter du quotidien pour découvrir un nouvel univers ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les Lettres d'une Péruvienne, de Françoise de Graffigny, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
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