Exercice 2 · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Polynésie 2026 (jour 2)
Thème : Les réflexes : arc réflexe, message nerveux et synapses · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
Énoncé
EXERCICE 2 – La raideur musculaire des chèvres Tennessee (8 points)
Les chèvres Tennessee ont la particularité de se figer et de tomber lorsqu'elles sont soumises à un stress (photographie ci-dessous). Ce n'est qu'après un délai plus ou moins long qu'elles peuvent reprendre une mobilité normale.
Source: https://respe.net/
Expliquer l'origine de la raideur musculaire passagère des chèvres Tennessee.
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires.
Document 1: La myotonie congénitale
Très étudiée chez l'être humain, le chat, la chèvre Tennessee et le chien (Schnauzer nain), la myotonie congénitale se caractérise par une contraction anormalement prolongée des muscles striés squelettiques.
Dans le fonctionnement normal, à chacun des mouvements, les muscles se contractent puis se relâchent. Dans le cas des animaux atteints de myotonie, lors d'une forte stimulation liée au stress, le muscle se contracte rapidement mais ne se relâche pas immédiatement. Ainsi, les membres se raidissent, l'animal reste figé et peut tomber. Ce n'est qu'après un délai plus ou moins long qu'il peut reprendre une mobilité normale.
La myotonie congénitale est la conséquence d'une anomalie de la conduction électrique à travers la membrane de la fibre musculaire suite à des dysfonctionnements des canaux ioniques.
Source: https://respe.net/
Document 2: Séquence nucléotidique du gène CLCN1
Des analyses génétiques montrent le même type de mutation chez le porc et chez la chèvre Tennessee. Les données sont présentées ci-dessous. On précise que seul un des brins d'ADN est présenté.
Séquences des nucléotides des animaux ne présentant pas de myotonie congénitale
CATGATTCTTGGGTTT T AACTAATCA (...) ACATCTTCAG
Séquences des nucléotides des animaux présentant une myotonie congénitale
CATGATTCTTGGGTTT A AA----------------------------TCAG
Délétion de 4165 paires de nucléotides
Source: https://www.nature.com/
Document 3: Résultats de croisements entre différentes chèvres
La myotonie congénitale est une maladie héréditaire causée par le gène CLCN1 présent sous deux formes alléliques (allèle normal et muté) et situé sur le chromosome 7, entraînant un défaut dans le canal permettant le passage des ions chlorure (Cl⁻) des cellules musculaires.
Source: https://coramh.org/
Document 4: Potentiel membranaire d'une cellule musculaire suite à une stimulation électrique et fonctionnement des canaux ioniques
Source: Ressources en ligne, Université de Lille, 2025
Document 5: Comparaison d'une chèvre témoin et d'une chèvre Tennessee atteinte de myotonie congénitale
Document 5a: Potentiel membranaire d'une cellule musculaire en fonction du temps mesuré chez une chèvre témoin et chez une chèvre Tennessee
Document 5b: Tableau des résultats de certaines caractéristiques de la contraction musculaire d'une chèvre témoin en fonction de l'intensité du stimulus
Intensité du stimulus
Fréquence des potentiels d'action dans le motoneurone
Repolarisation de la cellule musculaire
Retour au potentiel de repos de la cellule musculaire
Contraction musculaire, fibre normale ( CLCN1 normal)
Faible
Faible
Rapide
Rapide
Faible
Modéré
Moyenne
Rapide
Rapide
Normale
Fort (stress)
Élevée
Rapide
Rapide
Forte
Document 5c: Tableau des résultats de certaines caractéristiques de la contraction musculaire d'une chèvre Tennessee atteinte de myotonie en fonction de l'intensité du stimulus
Intensité du stimulus
Fréquence des potentiels d'action dans le motoneurone
Repolarisation de la cellule musculaire
Retour au potentiel de repos de la cellule musculaire
Contraction musculaire, fibre normale ( CLCN1 normal)
Faible
Faible
Lente
Lent
Faible avec peu ou pas de raideur
Modéré
Moyenne
Lente
Lent +
Contraction prolongée (raideur perceptible)
Fort (stress)
Élevée
Lente
Lent ++
Contraction très prolongée (raideur prolongée)
Source: Fonctions physiologiques des canaux chlorure de la famille ClC, Médecine Sciences, 2002

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Expliquer l'origine de la raideur musculaire passagère des chèvres Tennessee.
Réponse : Introduction Les chèvres Tennessee atteintes de myotonie congénitale, maladie héréditaire, se figent et tombent lors d'un stress. Leurs muscles striés squelettiques se contractent mais ne se relâchent pas immédiatement (Doc 1). On cherche l'origine génétique de ce trouble, puis son mécanisme physiologique. ### 1. Une maladie génétique autosomique récessive (Doc 3) - Dans l'arbre, deux couples de parents sains ont chacun un descendant atteint. L'allèle muté est donc présent chez ces parents sans s'exprimer : il est récessif (noté m), l'allèle normal N est dominant. - Le gène CLCN1 est situé sur le chromosome 7, un autosome. La transmission est autosomique récessive et seuls les individus m//m sont atteints. - Les parents sains de la première génération sont donc hétérozygotes N//m. Le mâle sain qui a un descendant atteint avec une femelle atteinte (m//m) est lui aussi N//m. ### 2. La mutation du gène CLCN1 (Doc 2) - Chez les animaux atteints, on observe une substitution T→A suivie d'une délétion de 4165 paires de nucléotides. - Cette délétion modifie profondément la séquence codante. Le canal chlorure ClC-1 produit est absent ou non fonctionnel (Doc 3). ### 3. Le rôle normal des canaux Cl⁻ dans la fibre musculaire (Doc 4 + connaissances) - Le motoneurone libère de l'acétylcholine à la jonction neuromusculaire, ce qui déclenche un potentiel d'action musculaire. - Le seuil (-55 mV) est atteint, les canaux Na⁺ s'ouvrent et l'entrée de Na⁺ provoque la dépolarisation jusqu'à environ +30 mV. - Les canaux Na⁺ se ferment ensuite. L'ouverture rapide des canaux Cl⁻ fait entrer des ions Cl⁻, puis l'ouverture plus tardive des canaux K⁺ fait sortir des ions K⁺. La repolarisation est rapide, suivie d'une légère hyperpolarisation, et le potentiel revient à -70 mV. - Ce potentiel d'action provoque la libération de Ca²⁺ par le réticulum sarcoplasmique, puis la contraction (interaction actine-myosine, consommation d'ATP). - Le retour rapide au potentiel de repos permet le recaptage du Ca²⁺ et donc le relâchement du muscle. ### 4. Conséquences de la mutation (Doc 5) - Doc 5a : chez la chèvre myotonique, la dépolarisation est normale (pic d'environ +30 mV à 2 ms). La repolarisation est en revanche très ralentie : - témoin : retour vers -70 mV dès 3,5 ms environ ; - chèvre myotonique : retour vers 7-8 ms seulement. Sans canaux Cl⁻ fonctionnels, la membrane reste dépolarisée beaucoup plus longtemps. - Docs 5b et 5c : chez le témoin, quelle que soit l'intensité du stimulus, la repolarisation et le retour au repos restent rapides. La contraction est seulement plus forte quand la fréquence des potentiels d'action augmente. - Chez la chèvre atteinte, la repolarisation est toujours lente. Plus le stimulus est intense, plus le retour au repos est lent (lent, lent +, lent ++) et plus la contraction est prolongée. - Lors d'un stress, le motoneurone envoie des potentiels d'action à fréquence élevée. Les potentiels d'action musculaires arrivent avant que la membrane soit revenue au repos : la fibre reste dépolarisée et peut continuer à émettre des potentiels d'action. - Le Ca²⁺ reste alors dans le cytoplasme, la contraction se maintient et le muscle ne se relâche pas : c'est la raideur. - La raideur est passagère : quand la stimulation cesse, les canaux K⁺ finissent par repolariser lentement la membrane. Le Ca²⁺ est recapté, le muscle se relâche et la chèvre retrouve sa mobilité après un certain délai. Conclusion La raideur passagère des chèvres Tennessee résulte de l'enchaînement suivant : - une mutation par délétion du gène CLCN1, transmise selon un mode autosomique récessif et exprimée chez les homozygotes m//m ; - l'absence de canaux Cl⁻ fonctionnels dans la membrane des fibres musculaires ; - une repolarisation très ralentie ; - lors d'un stress, des potentiels d'action à haute fréquence qui maintiennent la fibre dépolarisée, d'où une contraction prolongée sans relâchement ; - un relâchement qui ne survient qu'après la lente repolarisation assurée par les canaux K⁺.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
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