Sujet 1 · Bac Philosophie Polynésie session normale 2026

Thème : L'État · Tiré du sujet Session normale (2026)

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Sujet 1

Dissertation: Faut-il résister à l'Etat ?

Énoncé: Sujet 1 · Bac Philosophie Polynésie session normale 2026

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Faut-il résister à l'Etat ?

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction - Accroche : L'histoire montre à la fois des actes d'obéissance civile garants de la paix et des révoltes ou dissidences majeures face à l'oppression étatique (ex. Antigone, désobéissance civile chez Thoreau). - Définition des termes : L'État est l'institution politique souveraine détenant le monopole de la violence légitime (Weber) pour garantir l'ordre et le droit. « Résister » signifie s'opposer activement ou passivement à ses lois ou à son autorité. « Faut-il » interroge la légitimité morale, l'exigence politique et la possibilité juridique de cette résistance. - Problématique : La résistance à l'État est-elle une faute qui détruit l'ordre juridique et replonge les hommes dans le chaos, ou au contraire une exigence éthique et politique fondamentale lorsque l'État trahit sa mission première de justice ? I. En principe, résister à l'État est ruineux pour l'ordre civil et la liberté collective - A. La sortie de l'état de nature exige l'obéissance : pour Hobbes (Léviathan), résister au souverain, c'est risquer la guerre de tous contre tous. Hobbes ne reconnaît qu'une exception : le droit de défendre sa propre vie. - B. L'impossibilité d'un droit de résistance : pour Kant (Doctrine du droit), reconnaître un droit d'insurrection ruinerait le fondement même de toute constitution légale. Seule la liberté de critique publique est admise (« raisonnez tant que vous voudrez, mais obéissez », Qu'est-ce que les Lumières ?). - C. La loi démocratique exprime la volonté générale : selon Rousseau, obéir à la loi que l'on s'est prescrite, c'est rester libre. Résister à l'État légitime reviendrait à faire prévaloir un intérêt particulier. II. Néanmoins, la résistance devient un impératif moral et politique face à la dérive tyrannique ou injuste de l'État - A. La distinction entre légalité et légitimité : une loi positive peut être injuste. Quand l'État bafoue les droits naturels (vie, liberté, propriété), Locke légitime le droit d'insurrection (« appel au Ciel »). - B. Le refus de la complicité morale : Thoreau théorise la désobéissance civile face à des politiques iniques (esclavage, guerre contre le Mexique). La conscience individuelle prime sur l'injonction légale. - C. Les leçons du totalitarisme : Hannah Arendt montre comment le conformisme légaliste et la soumission aveugle (« banalité du mal ») ont permis les pires catastrophes. Penser et résister deviennent un devoir face à l'anéantissement de la liberté politique. III. Penser une résistance intégrée au cœur même de la démocratie pour préserver l'État de droit - A. La désobéissance civile démocratique (Rawls, Habermas) : c'est un acte public et non violent, qui assume la sanction judiciaire. Il en appelle au sens commun de la justice pour corriger les lois défaillantes sans renverser l'État. - B. La résistance ordinaire par les contre-pouvoirs et la vigilance citoyenne : comme le montre Montesquieu, « pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». La séparation des pouvoirs, la presse libre et la société civile institutionnalisent la résistance. - C. La résistance comme garantie de l'État lui-même : un État qui reconnaît des droits fondamentaux, voire le droit de résistance à l'oppression (Déclaration de 1789, art. 2), fait de la vigilance citoyenne la condition de sa propre légitimité. Conclusion Il ne faut pas résister à l'État par principe, car l'obéissance à la loi est la condition de la paix civile et de la liberté collective. Mais lorsque l'État trahit sa finalité de justice, la résistance devient un devoir. Dans une démocratie, elle prend la forme d'une désobéissance civile publique et non violente, ainsi que de contre-pouvoirs vigilants. Ainsi, résister à l'État injuste, c'est souvent défendre l'idée même de l'État de droit.

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