Exercice Première partie : Interprétation philosophique · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Polynésie 2026 (jour 2)

Thème : L'humain et ses limites · Tiré du sujet Jour 2 (2026)

Énoncé

Ce texte est extrait d'une conférence de Günther Anders à Tokyo en 1958.

Car, si puissant que soit l'homme, il est une chose qu'il ne peut pas faire: il ne peut pas révoquer son propre savoir-faire. Et si grande que puisse être sa faculté d'apprentissage, il est une chose qu'il ne peut pas apprendre: c'est de désapprendre ce qu'il sait. Les armes atomiques qu'en ce moment il a, celles-là il peut certes s'en défaire, mais, sa connaissance de leur fabrication, il ne pourra plus jamais s'en débarrasser. La situation technique dans laquelle se trouve l'homme ne se définit pas seulement par ce qu'il maîtrise, mais aussi par ce qu'il est incapable de ne pas maîtriser. Vous-mêmes qui n'êtes pas physiciens – et je ne le suis pas non plus –, savez que la capacité de produire des armes atomiques ne représente pas une capacité isolée; que celui qui sait produire des réacteurs pacifiques est également en mesure à tout moment de produire les moyens de destruction atomiques. Car ceux-ci, bien que leurs effets possibles aillent bien au-delà de tous les effets que nous avons par ailleurs techniquement produits, ne sont que des spécialités et des partis de l'ensemble de l'état de notre maîtrise physique et technique. Et, comme cet état de maîtrise est inabrogeable 1, la spécialité l'est aussi. En d'autres termes: même s'il n'existait plus une seule « arme atomique », plus d'explosion expérimentale, plus de vol d'essai, plus de rampe de lancement et pas un seul pays travaillant à la fabrication de ces armes, le danger ne serait pas pour autant levé. Étant donné que, par l'élimination momentanée des attirails 2 menaçants, la capacité de fabriquer ces attirails ne serait pas supprimée du même coup et que la tentation et la séduction de se rendre tout-puissant à l'aide de tels attirails ne le seraient bien sûr pas non plus, nous nous trouverions toujours encore, et ce à tout jamais, dans la situation apocalyptique, autrement dit dans la situation où l'humanité pourrait, par elle-même, s'anéantir.

Günther Anders, Hiroshima est partout (1958),

traduction de Denis Trierweiler

1 impossible à annuler

2 ici, matériel militaire

Première partie: Interprétation philosophique

Selon le texte, en quoi la maîtrise de la technique place-t-elle l'humanité dans une « situation apocalyptique » ?

Énoncé: Exercice Première partie : Interprétation philosophique · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Polynésie 2026 (jour 2)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Selon le texte, en quoi la maîtrise de la technique place-t-elle l'humanité dans une « situation apocalyptique » ?

Réponse : Dans cet extrait, Günther Anders montre que la technique place l'humanité dans une situation apocalyptique pour trois raisons fondamentales : 1. L'irréversibilité du savoir-faire technique : Si l'homme peut détruire le stock matériel d'armes atomiques (« ce qu'il a »), il ne peut « désapprendre » sa connaissance technique (« ce qu'il sait »). Le savoir de destruction est désormais acquis pour toujours. 2. L'invisibilité de la frontière entre technique civile et militaire : Anders souligne que la capacité technique forme un ensemble indissociable. Celui qui sait concevoir des réacteurs pacifiques possède ipso facto les compétences pour fabriquer l'arme atomique. 3. La permanence de la menace et la tentation de toute-puissance : Même dans l'hypothèse d'un désarmement total, le danger demeure intact car la tentation de se rendre tout-puissant persiste. L'humanité est donc entrée dans une ère nouvelle où elle détient de manière définitive la capacité de s'auto-anéantir.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

Exercice Deuxième partie : Essai littéraire · Polynésie 2026 (jour 2) ›

Plus d’exercices de L'humain et ses limites