Exercice Première partie : interprétation littéraire · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Polynésie 2025 (jour 1)

Thème : Les métamorphoses du moi · Tiré du sujet Jour 1 (2025)

Énoncé

Georges Perros a publié en 1967 Une vie ordinaire, un recueil écrit en prose poétique qu'il a sous-titré « roman-poème ». Ce texte se situe vers la fin du livre.

En fait je m'étonne qu'on m'aime

assez pour m'attendre le soir

et quand je rentre c'est toujours

inquiet de ne pas retrouver

la femme et les enfants que j'ai

que j'ai la drôle d'expression

pour moi qui me sens si peu être

Alors j'existe et l'on me voit

Alors je suis époux et père

Alors ma vie a sens vivant

Quand mais quand pourrai-je m'y faire

Non ce n'est pas manque d'amour

pour cette femme ces enfants

n'allez pas trop vite en besogne

C'est bien plutôt étonnement

de les voir me prendre au sérieux

dans une vie où l'œil s'égare

si souvent ailleurs qu'en ces lieux

où tant d'autres yeux le regardent

Lieux vides lieux vicieux

dans lesquels les chiens de mort grognent

Ce qui m'énerve quand j'écris

vous allez dire que je biaise 1

c'est le mal qu'on dira de moi

à cause de ces mots tracés

à toute autre fin Et pourtant

je sais bien que je mourrai sans

avoir tout biffé 2 de moi-même

J'espère que le reste ira

dans la fosse aux ours oui j'espère

que rien de moi ne pourrira

sinon loin des hommes de l'homme

que je fus moi-même amoureux

des autres mais si solitaire.

Georges Perros, Une vie ordinaire (1967)

1 Biaiser: user de ruse

2 Biffer: barrer d'un trait de plume ce qui est écrit, raturer

Première partie: interprétation littéraire

Dans ce texte, quel regard le poète porte-t-il sur lui-même et sur sa propre vie ?

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Dans ce texte, quel regard le poète porte-t-il sur lui-même et sur sa propre vie ?

Réponse : Le poète porte sur lui-même un regard lucide, modeste et inquiet, marqué par un sentiment d'illégitimité existentielle compensé par l'amour familial, mais traversé par une sourde angoisse de la mort et une solitude irréductible.

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