Sujet 2 · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Polynésie 2021 (jour 1)

Thème : Les métamorphoses du moi · Tiré du sujet Jour 1 (2021)

Énoncé

SUJET 2

Le candidat traite les deux parties sur des copies séparées.

Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation, Suppléments, chap. XIX, § 10, 1844.

Sur quoi repose l'identité de la personne ? Non pas sur la matière du corps: celle-ci se renouvelle au bout de quelques années. Non plus sur la forme de ce corps: elle change dans son ensemble et dans ses diverses parties, sauf toutefois dans l'expression du regard; c'est au regard qu'après un grand nombre d'années même on peut reconnaître une personne [...] On admet généralement que l'identité de la personne repose sur celle de la conscience. Si on entend uniquement par cette dernière le souvenir coordonné du cours de notre vie, elle ne suffit pas à expliquer l'autre. Sans doute nous savons un peu plus de notre vie passée que d'un roman lu autrefois; mais ce que nous en savons est pourtant peu de chose. Les événements principaux, les scènes intéressantes se sont gravées dans la mémoire; quant au reste, pour un événement retenu, mille autres sont tombés dans l'oubli. Plus nous vieillissons, et plus les faits de notre vie passent sans laisser de trace. Un âge très avancé, une maladie, une lésion du cerveau, la folie peuvent nous priver complètement de mémoire. Mais l'identité de la personne ne s'est pas perdue avec cet évanouissement progressif du souvenir. Elle repose sur la volonté identique 1, et sur le caractère immuable que celle-ci présente. C'est cette même volonté qui confère sa persistance à l'expression du regard. L'homme se trouve dans le cœur, non dans la tête. Sans doute, par suite de nos relations avec le dehors, nous sommes habitués à considérer comme notre moi véritable le sujet de la connaissance, le moi connaissant, qui s'alanguit le soir, s'évanouit dans le sommeil, pour briller le lendemain, d'un plus vif éclat. Mais ce moi-là est une simple fonction du cerveau et non notre moi véritable. Celui-ci, ce noyau de notre être, c'est ce qui est caché derrière l'autre, c'est ce qui ne connaît au fond que deux choses: vouloir ou ne pas vouloir, être ou ne pas être content, avec certaines nuances bien entendu de l'expression de ces actes et qu'on appelle sentiments, passions, émotions. C'est ce dernier moi qui produit l'autre, il ne dort pas avec cet autre, et quand celui-ci est anéanti par la mort, son compagnon n'est pas atteint.

1 Schopenhauer ne parle pas ici de la volonté comme une faculté libre et individuelle, mais comme un instinct vital d'abord indifférencié.

Interprétation littéraire

Pourquoi Schopenhauer accorde-t-il un privilège à la volonté comme fondement de l'identité personnelle ?

Essai littéraire

Dans quelle mesure la lecture des œuvres littéraires mobilise-t-elle en nous la « tête » mais aussi le « cœur » ?

Pour construire votre réponse, vous vous référerez au texte ci-dessus, ainsi qu'aux lectures et connaissances, tant littéraires que philosophiques, acquises durant l'année.

Énoncé: Sujet 2 · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Polynésie 2021 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Interprétation littéraire : Pourquoi Schopenhauer accorde-t-il un privilège à la volonté comme fondement de l'identité personnelle ?

Réponse : Schopenhauer accorde un privilège à la volonté car elle constitue le seul principe permanent, immuable et continu de l'être humain, par opposition aux éléments transitoires que sont le corps et la mémoire intellectuelle.

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