Dissertation - Sujet 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2023 (jour 1)

Thème : Histoire et mémoire : notions, enjeux et acteurs de la construction des mémoires · Tiré du sujet Jour 1 (2023)

Énoncé

Dissertation – Sujet 1

L'accès à la connaissance, un enjeu pour les sociétés et les États à partir du XX e siècle.

Rédigez une dissertation structurée comportant une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement articulé en deux ou trois parties équilibrées illustrées d'exemples précis, et une conclusion (bilan et ouverture).

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L'accès à la connaissance, un enjeu pour les sociétés et les États à partir du XXe siècle.

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - Accroche : En 1969, Peter Drucker (The Age of Discontinuity) annonce l'avènement d'une « société de la connaissance ». Dès le milieu du XXe siècle, le savoir scientifique et technique devient stratégique. - Définition des termes : La « connaissance » englobe l'instruction, l'alphabétisation, la recherche scientifique, les savoirs techniques et leur diffusion. L'« enjeu pour les sociétés » renvoie à l'émancipation, à l'égalité (notamment entre hommes et femmes) et à la démocratie. L'« enjeu pour les États » renvoie à la souveraineté et à la puissance économique, militaire et géopolitique (hard et soft power). - Problématique : Dans quelle mesure l'accès à la connaissance est-il devenu, depuis le XXe siècle, à la fois un levier d'émancipation des sociétés et un instrument central de puissance et de rivalités pour les États ? - Annonce du plan : I. Un facteur d'émancipation des sociétés. II. Un pilier de la puissance et de la compétition entre États. III. De nouvelles dynamiques et fractures à l'ère numérique. I. L'accès à la connaissance, condition de l'émancipation et du développement des sociétés : 1. L'alphabétisation et la scolarisation de masse fondent la citoyenneté et le développement humain : création de l'UNESCO (1945), scolarisation obligatoire, recul de l'analphabétisme mondial. 2. L'éducation des filles est un levier de transition démographique et de réduction des inégalités. Exemples : disparités Nord/Sud, combat de Malala Yousafzai. 3. La circulation de la connaissance scientifique repose sur des communautés savantes internationales (revues à comité de lecture, congrès). Le savoir devient un bien commun : licences libres, Wikipédia (2001). II. La maîtrise de la connaissance au cœur de la puissance et des rivalités étatiques : 1. Les scientifiques sont mobilisés au service de la puissance militaire : projet Manhattan pendant la Seconde Guerre mondiale, puis course aux armements et à l'espace pendant la guerre froide (Spoutnik en 1957, création de la NASA en 1958). 2. Les États cherchent à s'approprier et à protéger le savoir : - espionnage scientifique, comme Klaus Fuchs transmettant à l'URSS des secrets nucléaires anglo-américains ; - affaire Farewell (1981), qui révèle à la France l'espionnage technologique soviétique ; - brevets et guerre économique. 3. L'attractivité et le soft power passent par la captation des cerveaux (brain drain vers les États-Unis), le rayonnement universitaire, les échanges (Erasmus, 1987) et les classements (Shanghai, 2003). III. Les mutations contemporaines de l'accès à la connaissance : nouveaux acteurs, promesses et dérives : 1. La révolution numérique démultiplie l'accès au savoir mondialisé : Internet, open data, MOOC. 2. Les États peuvent contrôler l'accès à la connaissance et la désinformation se développe : - censure et surveillance (« Grand Pare-feu » chinois) ; - révélations d'Edward Snowden (2013) ; - fake news et ingérences informationnelles. 3. De nouveaux acteurs et de nouvelles fractures apparaissent : - les géants du numérique (GAFAM, BATX) concurrencent les États ; - la fracture numérique Nord/Sud persiste ; - la course à l'intelligence artificielle relance la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Conclusion : - Bilan : Depuis le XXe siècle, l'accès à la connaissance est à la fois un instrument d'émancipation des individus et des sociétés et un enjeu de puissance pour les États. Ceux-ci le favorisent, le captent ou le contrôlent selon leurs intérêts. Le numérique amplifie cette ambivalence entre démocratisation et nouvelles formes de domination. - Ouverture : L'intelligence artificielle et la régulation internationale des données (RGPD européen) permettront-elles de faire de la connaissance un véritable bien commun mondial ?

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