Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2026 (jour 2)
Thème : Enjeux diplomatiques et coopérations : station spatiale internationale, ZEE et ressources marines · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
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Dissertation 2
Coopérer dans l'espace et les océans: un enjeu géopolitique pour les États.

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Coopérer dans l'espace et les océans : un enjeu géopolitique pour les États.
Réponse : Proposition d'un plan détaillé pour la dissertation : Introduction - Accroche : Qualifiés de « dernières frontières » de l'humanité, les océans (plus de 70 % du globe) et l'espace extra-atmosphérique sont des espaces d'expansion et de projection de puissance. Ce sont aussi des lieux de collaboration internationale inédite : poignée de main Apollo-Soyouz (1975), Station spatiale internationale, convention de Montego Bay (1982). - Définitions : - *Coopérer :* agir conjointement pour atteindre des objectifs partagés (scientifiques, économiques, sécuritaires, normatifs). - *Espace et océans :* espaces fluides, sans frontières naturelles, longtemps considérés comme des *res communis* ou comme patrimoine commun de l'humanité. - *Enjeu géopolitique :* objet de rivalités de pouvoir et d'influence entre États sur des territoires et des ressources. - Problématique : Dans quelle mesure la coopération dans les océans et l'espace est-elle à la fois une nécessité imposée par ces milieux et un instrument géopolitique au service de la puissance et de la régulation des rivalités ? - Annonce du plan : I. Une coopération rendue indispensable. II. Une coopération institutionnalisée. III. Une coopération fragilisée et recomposée par les rivalités. --- I. Une coopération rendue indispensable par les caractéristiques de ces deux milieux 1. *L'immensité et les coûts de l'exploration :* - Les barrières technologiques et financières imposent de mutualiser moyens et compétences. - Exemples : télescope James Webb (NASA, ESA, CSA) ; programmes océanographiques internationaux comme Seabed 2030 ou Argo. 2. *La gestion des risques partagés :* - En mer : sauvetage (convention SAR), lutte contre la piraterie (opération Atalante de l'UE au large de la Somalie). - Dans l'espace : surveillance des débris, coordination des orbites et des fréquences par l'UIT. 3. *La préservation de biens communs :* - Protection de la biodiversité marine face à la surpêche et aux pollutions. - Protection planétaire contre la contamination des corps célestes (COSPAR). - Rôle des données satellitaires pour le climat : programme Copernicus, GIEC. --- II. L'institutionnalisation de la coopération : droit international, diplomatie et réalisations conjointes 1. *Un droit international partagé :* - Océans : la CNUDM (Montego Bay, 1982) définit mer territoriale, ZEE et haute mer, et fait des grands fonds un « patrimoine commun de l'humanité » géré par l'Autorité internationale des fonds marins (Kingston). - Le traité BBNJ (2023) protège la biodiversité en haute mer. - Espace : Traité de l'espace (1967) avec non-appropriation, usage pacifique et interdiction des armes nucléaires en orbite. S'y ajoutent les accords de sauvetage (1968) et de responsabilité (1972), puis le traité sur la Lune (1979), peu ratifié. Le COPUOS de l'ONU en est le cadre. 2. *De grands programmes de coopération :* - L'ISS (États-Unis, Russie, Europe, Japon, Canada), symbole de la détente puis de l'après-guerre froide. - L'Agence spatiale européenne et le lanceur Ariane. - Les organisations régionales de pêche, les aires marines protégées et les missions scientifiques conjointes. 3. *La coopération comme outil de soft power :* - Prestige, diplomatie scientifique et constitution d'alliances. - La Chine ouvre sa station Tiangong à des partenaires ; l'Inde valorise des missions à bas coût. - La France s'appuie sur son vaste domaine maritime (2e ZEE mondiale) et sur le CNES. --- III. Une coopération limitée et recomposée par le retour des rivalités de puissance 1. *Appropriation et conflits de souveraineté :* - Extension des plateaux continentaux et militarisation des îlots en mer de Chine méridionale, malgré l'arbitrage de 2016. - Rivalités en Arctique. - Refus des États-Unis de ratifier la CNUDM. - Lois nationales autorisant l'exploitation des ressources spatiales : États-Unis (2015), Luxembourg (2017). 2. *Militarisation et arsenalisation :* - Création de commandements militaires spatiaux : US Space Force, Commandement de l'espace français. - Tirs antisatellites (Chine 2007, Inde 2019, Russie 2021). - Contrôle des détroits, câbles sous-marins et menaces sur les fonds marins. - Après 2022, les coopérations avec la Russie se fissurent. 3. *Des coopérations concurrentes et la montée d'acteurs privés :* - Blocs rivaux : accords Artemis menés par les États-Unis face au projet sino-russe de station lunaire (ILRS). - New Space : SpaceX et Starlink, constellations privées. - Exploitation minière des grands fonds, dont le débat sur le moratoire. - Ces dynamiques échappent en partie aux cadres multilatéraux et posent de nouveaux défis de gouvernance. --- Conclusion - Bilan : La coopération dans les océans et l'espace est une nécessité, née de l'hostilité et de l'immensité de ces milieux et des biens communs à préserver. Elle s'est traduite par un droit international original et de grands programmes. Mais elle reste aussi un instrument de puissance, utilisé ou contourné par les États selon leurs intérêts. - Réponse à la problématique : La coopération n'efface pas les rivalités, elle les encadre et les met en scène. On assiste aujourd'hui à une coopération fragmentée en blocs concurrents plutôt qu'universelle. - Ouverture : Un multilatéralisme rénové saura-t-il réguler ces nouveaux espaces de conquête ? Les pistes en débat sont le traité BBNJ, la gestion des débris et une éventuelle gouvernance des ressources lunaires. Sinon, ces espaces deviendront-ils des théâtres de conflictualité ouverte ?
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