Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2022 (jour 2)
Thème : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités dans l'espace et les océans · Tiré du sujet Jour 2 (2022)
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Dissertation 2
La conquête spatiale: un enjeu idéologique et de puissance.

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La conquête spatiale : un enjeu idéologique et de puissance.
Réponse : Proposition d'introduction et de plan détaillé : Introduction : - Accroche : De Spoutnik (1957) et Apollo 11 (1969) aux missions lunaires Artemis et aux constellations de satellites, l'espace extra-atmosphérique s'affirme comme l'une des arènes majeures de la compétition internationale. - Définitions : - « Conquête spatiale » : exploration et appropriation scientifique, technologique et stratégique de l'espace. - « Idéologique » : défense et promotion d'un modèle politique ou sociétal, soft power. - « Puissance » : capacité d'un acteur à agir, peser sur le monde et imposer sa volonté, par le hard power et le smart power. - Problématique : En quoi la conquête spatiale est-elle passée d'un théâtre d'affrontement symbolique et idéologique de la Guerre froide à un terrain multidimensionnel de puissance géopolitique, économique et militaire ? Plan détaillé : I. Pendant la Guerre froide : l'espace comme théâtre de la confrontation idéologique bipolaire 1. *La course à l'espace comme vitrine des modèles idéologiques* - La supériorité technologique doit prouver la supériorité du système politique. - Succès initiaux soviétiques : Spoutnik (1957), Youri Gagarine (1961). - Riposte américaine : discours de Kennedy (1961), programme Apollo jusqu'au premier pas sur la Lune (1969). - Le soft power spatial : prestige international, enthousiasme populaire mondial. 2. *Une dimension stratégique et militaire indissociable du prestige* - Lien entre fusées et missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). - Renseignement et surveillance par satellites espions. - Tentatives de régulation : Traité de l'espace de 1967 (non-appropriation des corps célestes, interdiction des armes nucléaires en orbite). - Premiers signes de détente : mission Apollo-Soyouz (1975). II. L'après-Guerre froide : entre coopérations internationales et persistance de la puissance étatique 1. *Le temps des coopérations symboliques* - La Station spatiale internationale (ISS, à partir de 1998), symbole de la fin de la Guerre froide. - Elle réunit les États-Unis, la Russie, l'Europe (ESA), le Japon et le Canada. - Coopération aujourd'hui fragilisée par les tensions russo-occidentales. 2. *La multipolarisation spatiale et l'affirmation de nouvelles puissances* - La Chine, puissance spatiale de premier rang : programme Shenzhou, station Tiangong, alunissage sur la face cachée de la Lune (Chang'e 4, 2019). - Autres puissances émergentes : Inde (Chandrayaan-3, 2023), Émirats arabes unis (sonde Hope vers Mars). - Europe : Ariane, Galileo. III. Le XXIe siècle : le renouvellement des enjeux de puissance (New Space, militarisation et compétition) 1. *L'essor du « New Space » : puissance économique et acteurs privés* - Entreprises privées (SpaceX, Blue Origin) qui font baisser le coût d'accès à l'orbite grâce aux lanceurs réutilisables. - Constellations de satellites (Starlink) devenues un enjeu stratégique, comme l'a montré la guerre en Ukraine. - Exploitation future des ressources (minerais, tourisme spatial) qui remet en cause le cadre juridique traditionnel (SPACE Act américain de 2015). 2. *La remilitarisation et l'arsenalisation de l'espace* - L'espace comme domaine de conflictualité à part entière. - Création de commandements dédiés : US Space Force (2019), Commandement de l'espace français (2019). - Tirs antisatellites (Chine 2007, Inde 2019, Russie 2021), qui produisent des débris. 3. *Une nouvelle compétition pour la Lune et au-delà* - Programme américain Artemis et accords Artemis, face au projet sino-russe ILRS. - Retour d'une logique de blocs et de compétition idéologique. Conclusion : - Bilan : La conquête spatiale, née comme vitrine idéologique de la rivalité bipolaire, est devenue un enjeu de puissance global et multidimensionnel (scientifique, économique, militaire). Elle associe désormais États et acteurs privés dans un monde multipolaire où la dimension idéologique ressurgit. - Ouverture : La gouvernance de l'espace (débris, ressources, droit spatial) peut-elle encore faire de l'espace un « bien commun de l'humanité » ?
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