Exercice 2 - Dissertation C · Bac Français (1ère) Polynésie session normale 2025

Thème : Dissertation – Sarraute, Pour un oui ou pour un non / parcours : théâtre et dispute · Tiré du sujet Session normale (2025)

Énoncé

2- Dissertation (20 points)

Objet d'étude: Le théâtre du XVII e siècle au XXI e siècle

Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours associé étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

C. Œuvre: Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non — Parcours: Théâtre et dispute

Selon un critique, dans Pour un oui ou pour un non, « ce sont les non-dits, les sous-entendus, ce qui se tisse entre les mots, qui sont la source des malentendus, qui minent les relations humaines », c'est-à-dire qui les fragilisent.

En quoi ces propos éclairent-ils votre lecture de la pièce ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Nathalie Sarraute au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle.

Énoncé: Exercice 2 - Dissertation C · Bac Français (1ère) Polynésie session normale 2025

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

En quoi ces propos éclairent-ils votre lecture de la pièce ?

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - Accroche : Dans le théâtre contemporain, l'action dramatique ne repose plus nécessairement sur des événements spectaculaires. Elle naît de micro-séismes intérieurs provoqués par la parole quotidienne. - Présentation du sujet : La citation met l'accent sur les puissances invisibles du langage : les non-dits, les intonations et les sous-entendus. Ce sont eux qui fragilisent l'amitié entre H.1 et H.2 dans la pièce de Sarraute (1982). - Problématique : En quoi l'exploration sarrautienne de l'infra-langage (les tropismes) transforme-t-elle une formule anodine en une dispute existentielle ravageuse ? - Annonce du plan : - I. Un théâtre fondé sur l'infime, les non-dits et l'intonation. - II. Une dispute qui exacerbe les blessures au lieu de les dissiper. - III. La fragilité constitutive des relations humaines. I. L'anatomie d'un malentendu : le pouvoir destructeur de ce qui se glisse entre les mots - *A. L'élément déclencheur minime :* Toute la pièce repose sur une phrase banale ponctuée d'un suspens : « C'est bien... ça ». C'est l'inflexion condescendante perçue par H.2 qui l'a conduit à s'éloigner de H.1. - *B. Les tropismes mis en scène :* Sarraute donne corps aux mouvements instinctifs et souterrains que le langage ordinaire refoule. Sur scène, ils éclatent au grand jour. - *C. Un dépouillement scénique qui concentre l'attention sur la parole :* Les personnages sont anonymes (H.1, H.2, H.3, F.) et le décor est presque absent. Le drame réside donc tout entier dans l'espace interstitiel entre les énoncés. II. La dispute comme enquête et exacerbation des blessures d'amour-propre - *A. La dissection méthodique du sous-entendu :* H.1 et H.2 analysent chaque intonation, endossant tour à tour les rôles de juge et d'accusé. Vouloir expliciter le non-dit alimente la querelle au lieu de la pacifier. - *B. L'intervention des témoins extérieurs (les voisins H.3 et F.) :* L'arbitrage échoue. Ces témoins ne perçoivent que le sens littéral et jugent la querelle absurde, « pour un rien ». Leur réaction renforce l'isolement de H.2. - *C. Deux visions incompatibles du monde :* Derrière le litige sur les mots se dessine un conflit profond. H.1 incarne la réussite sociale et le conformisme ; H.2, le retrait contemplatif, la vie « là-bas » et le refus des valeurs établies. III. Une méditation universelle sur la fragilité du lien humain - *A. L'impossibilité de coexister dans la transparence totale :* Traquer et nommer chaque sous-entendu détruit le voile protecteur de la politesse, pourtant nécessaire à toute vie sociale. - *B. Un dénouement ouvert et sans vainqueur :* La pièce s'achève sur l'alternative du titre. À la question « Oui ou non ? », répondent un « Oui » puis un « Non ». La réconciliation reste suspendue, et le lien apparaît irrémédiablement fissuré. - *C. Un renouveau dramaturgique :* Sarraute réinvente le genre de la dispute. Les tragédies modernes ne naissent plus du destin ou des dieux, mais de la matière mouvante et venimeuse du langage. On peut rapprocher ce constat du théâtre de l'incommunicabilité (Ionesco, Beckett) ou des querelles de Molière, comme Le Misanthrope. Conclusion : - Bilan : La citation éclaire bien la pièce : ce qui se tisse entre les mots y est à la fois la source du conflit et sa matière dramatique. - Nuance : Le non-dit n'est pas seulement destructeur. Il protège aussi les relations, et c'est sa mise au jour qui les ruine. - Ouverture : On peut évoquer Le Silence (1967), autre pièce de Sarraute, où le mutisme d'un personnage suffit à déstabiliser un groupe.

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