Exercice 2.C - Contraction de texte · Bac STMG Français Nouvelle-Calédonie session normale 2023

Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Session normale (2023)

Énoncé

Contraction de texte

C – Œuvre: Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, (du « préambule » au « postambule »). Parcours: écrire et combattre pour l'égalité

Texte: Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers, 1964.

Suffit-il de constater et de déplorer l'inégale représentation des différentes classes sociales dans l'enseignement supérieur 1 pour être quitte, une fois pour toutes, des inégalités devant l'École ? Lorsqu'on dit et redit qu'il n'y a que 6 % de fils d'ouvriers dans l'enseignement supérieur, est-ce pour en tirer la conclusion que le milieu étudiant est un milieu bourgeois ? Ou bien, en substituant au fait la protestation contre le fait, ne s'efforce-t-on pas, le plus souvent avec succès, de se persuader qu'un groupe capable de protester contre son propre privilège n'est pas un groupe privilégié ?

Sans doute, au niveau de l'enseignement supérieur, l'inégalité initiale des diverses couches sociales devant l'École apparaît d'abord dans le fait qu'elles y sont très档案馆inégalement représentées. […] Un calcul approximatif des chances d'accéder à l'Université selon la profession du père fait apparaître que celles-ci vont de moins d'une chance sur cent pour les fils de salariés agricoles à près de soixante-dix pour les fils d'industriels et à plus de quatre-vingts pour les fils de membres des professions libérales. Cette statistique montre à l'évidence que le système scolaire opère, objectivement, une élimination d'autant plus totale que l'on va vers les classes les plus défavorisées. Mais on aperçoit plus rarement certaines formes plus cachées de l'inégalité devant l'École comme la relégation 2 des enfants des classes inférieures et moyennes dans certaines disciplines et le retard ou le piétinement dans les études.

On lit dans les chances d'accéder à l'enseignement supérieur le résultat d'une sélection qui, tout au long du parcours scolaire, s'exerce avec une rigueur très inégale selon l'origine sociale des sujets; en fait, pour les classes les plus défavorisées, il s'agit purement et simplement d'élimination. Un fils de cadre supérieur 3 a quatre-vingts fois plus de chances d'entrer à l'université qu'un fils de salarié 4 agricole et quarante fois plus qu'un fils d'ouvrier; ses chances sont encore le double de celles d'un fils de cadre moyen. […] Même si elles ne sont pas estimées consciemment par les intéressés, des variations aussi fortes dans les chances scolaires objectives s'expriment de mille manières dans le champ des perceptions quotidiennes et déterminent, selon les milieux sociaux, une image des études supérieures comme avenir « impossible », « possible » ou « normal » qui devient à son tour un déterminant des vocations scolaires. L'expérience de l'avenir scolaire ne peut être la même pour un fils de cadre supérieur qui, ayant plus d'une chance sur deux d'aller en faculté, rencontre nécessairement autour de lui, et même dans sa famille, les études supérieures comme un destin banal et quotidien, et pour le fils d'ouvrier qui, ayant moins de deux chances sur cent d'y accéder, ne connaît les études et les étudiants que par personnes ou par milieux interposés.

Si l'on sait que les relations extra-familiales s'étendent à mesure qu'on s'élève dans la hiérarchie sociale, tout en restant en chaque cas socialement homogènes, on voit que l'espérance subjective d'accéder à l'enseignement supérieur tend à être, pour les plus défavorisés, encore plus faible que les chances objectives. Dans cette distribution inégale des chances scolaires selon l'origine sociale, garçons et filles sont grosso modo à égalité. Mais le léger désavantage des filles se marque plus nettement dans les basses classes: si, globalement, les filles ont un peu plus de huit chances sur cent d'accéder à l'enseignement supérieur quand les garçons en ont dix, la différence est plus forte au bas de l'échelle sociale, tandis qu'elle tend à s'amoindrir ou à s'annuler chez les cadres supérieurs et les cadres moyens.

Le désavantage scolaire s'exprime aussi dans la restriction du choix des études qui peuvent être raisonnablement envisagées par une catégorie donnée. Ainsi le fait que les chances d'accès à l'université soient assez proches pour les garçons et les filles de même origine sociale ne doit pas cacher qu'une fois entrés en faculté les uns et les autres ont de fortes chances de ne pas faire les mêmes études. D'abord, et quelle que soit l'origine sociale, les études de lettres sont toujours les plus probables pour les filles et les études de sciences les plus probables pour les garçons: on reconnaît là l'influence des modèles traditionnels de la division du travail (et des « dons ») entre les sexes.

(756 mots)

1 Enseignement supérieur: études après le baccalauréat.

2 Relégation: mise à l'écart.

3 Cadre supérieur: personne qui a des fonctions de direction et qui détient un pouvoir de décision au sein d'une entreprise.

4 Salarié: employé.

Vous ferez la contraction de ce texte en 189 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise: les limites sont donc fixées à au moins 170 et au plus 208 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Rappel: la contraction reformule les idées du texte sans le citer, sans l'interpréter et sans donner votre avis personnel.

Nombre de mots approximatif:

Consultez la solution proposée ci-dessous et comparez-la à votre travail.

Énoncé: Exercice 2.C - Contraction de texte · Bac STMG Français Nouvelle-Calédonie session normale 2023

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous ferez la contraction de ce texte en 189 mots.

Réponse : Bourdieu et Passeron partent d'un constat : l'inégale représentation des classes sociales dans l'enseignement supérieur. Se contenter de le déplorer ne suffit pas, car dénoncer les inégalités devant l'École ne doit pas faire oublier leurs causes profondes. En effet, le système scolaire opère une sélection d'autant (50) plus sévère que l'on s'éloigne des classes favorisées : les chances d'accéder à l'université varient considérablement selon l'origine sociale, au détriment des fils d'ouvriers et de salariés agricoles. Cette élimination progressive s'accompagne de formes plus discrètes d'inégalité, comme la relégation vers certaines filières (100) ou le retard scolaire. Par ailleurs, l'expérience subjective de l'avenir diffère selon le milieu : pour un fils de cadre, les études supérieures apparaissent comme un destin banal, tandis que pour un fils d'ouvrier, elles restent exceptionnelles, ce qui pèse sur les vocations. Les inégalités entre filles et (150) garçons existent aussi, plus marquées dans les classes populaires que chez les cadres. Enfin, même quand garçons et filles accèdent également à l'université, ils choisissent des filières différentes, lettres pour les filles et sciences pour les garçons, reflet des modèles traditionnels de la division du travail entre les sexes. (200 mots)

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 2.B - Contraction de texte · Nouvelle-Calédonie session normale 2023 · Exercice 2.A - Contraction de texte · Nouvelle-Calédonie session normale 2022 ›

Plus d’exercices de Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)