Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Nouvelle-Calédonie 2023 (jour 1)
Thème : Commerce international et internationalisation de la production · Tiré du sujet Jour 1 (2023)
Énoncé
Il est demandé au candidat: de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Le commerce international est-il toujours avantageux ?
DOCUMENT 1
Évolution du commerce et du PIB mondial entre 1980 et 2017 (en indice)
DOCUMENT 2
Diminutions des prix à la consommation induites par le commerce international en biens intermédiaires par secteur (en %)
Source: Joaquin BLAUM, Claire LELARGE, Michael PETERS, « Toutes les entreprises tirent-elles les mêmes bénéfices du commerce de biens intermédiaires ? », Rue de la banque, n°70, octobre 2018.
Note: un bien intermédiaire est un bien qui est intégré à la production d'autres biens.
DOCUMENT 3
Évolution des échanges internationaux (en milliards de dollars) et des inégalités (indice de Gini) de la Chine entre 1990 et 2019 · 1990 · 1999 · 2010 · 2019
Exportations · 62,09 · 194,93 · 1577,8 · 2500
Importations · 53,34 · 165,7 · 1396,3 · 2080
Indice de Gini 1 · 32,2 · 38,7 · 43,7 · 38,2
Source: d'après la Banque mondiale, 2022.
1: Indice de Gini: plus la valeur est proche de 0, plus la société a une répartition égalitaire des revenus et inversement, plus la valeur est proche de 100, plus les revenus sont inégalement répartis dans toute la société.
DOCUMENT 4
Au cours des 30 dernières années, les inégalités de revenu se sont creusées dans la plupart des pays de l'OCDE, pour atteindre parfois les plus hauts niveaux historiques. Le revenu moyen des 10 % les plus riches de la population, en 2012, est près de 10 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres. [...]
Dans les pays émergents, le niveau (élevé) des inégalités a au contraire eu tendance à diminuer depuis le milieu des années 90, en particulier en Amérique latine et aux Caraïbes, par exemple au Brésil. [...] En revanche, elles ont augmenté en Chine au cours des années 1990, en particulier après l'ouverture de l'économie, avant de se stabiliser depuis le milieu des années 2000. [...]
Trois facteurs principaux ont alimenté l'augmentation des inégalités depuis trois décennies. Le premier, [...], est l'évolution des formes d'emploi et des conditions de travail. [...] Le second facteur majeur est l'évolution du contexte technologique et économique, notamment les avancées des technologies de l'information et des communications (TIC) qui ont tendance à favoriser les travailleurs qualifiés et à creuser l'écart de salaire entre ceux-ci et les travailleurs non-qualifiés. Le troisième facteur est l'affaiblissement de la redistribution depuis les années 90 dans les pays de l'OCDE. [...]
D'autres facteurs ont des effets plus indirects ou ambigus. Si l'intégration commerciale accrue et l'ouverture financière n'ont pas eu d'impact significatif direct sur les inégalités salariales ou les tendances de l'emploi, elles ont pu affecter indirectement les inégalités en faisant pression sur les politiques nationales et le contexte institutionnel. Nombre de pays de l'OCDE ont par exemple relâché leur législation de protection de l'emploi applicable notamment aux titulaires de contrats temporaires. Cet assouplissement va de pair avec une plus grande dispersion salariale. Cependant, ces changements dans la régulation des marchés de biens et du travail liés à la mondialisation ont également généré une création d'emploi. Aussi, l'impact de l'ouverture commerciale et financière sur les inégalités reste ambigu.
Source: « Les inégalités dans les pays de l'OCDE: l'écart entre pauvres et riches se creuse », Observatoire des inégalités 1, 25 octobre 2016.
1: Observatoire des inégalités: organisme indépendant d'information et d'analyse sur les inégalités.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Le commerce international est-il toujours avantageux ?
Réponse : Plan possible en deux parties : I. Le commerce international procure des avantages économiques certains 1. Il favorise une croissance des échanges bien plus rapide que celle du PIB mondial, signe d'une intensification des échanges et d'un approfondissement de la division internationale du travail (document 1 : le commerce mondial est multiplié par 6,8 entre 1980 et 2017, contre 3,5 pour le PIB). 2. Il permet des gains à l'échange via la spécialisation (avantages comparatifs) et la baisse des coûts de production. 3. Il se traduit par une baisse des prix à la consommation, bénéfique au pouvoir d'achat des ménages, notamment dans les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale (document 2 : baisses de prix d'environ 8 % à plus de 55 % selon les secteurs, avec les plus fortes baisses dans le textile (≈56 %) et le matériel informatique (≈45 %)). II. Mais ces avantages ne profitent pas à tous et s'accompagnent d'effets négatifs, notamment en termes d'inégalités 1. Les gains du commerce sont inégalement répartis selon les secteurs (document 2 : certains secteurs, comme les industries extractives (≈8 %), bénéficient de baisses de prix beaucoup plus faibles que d'autres). 2. L'ouverture commerciale peut accentuer les inégalités de revenu, notamment via la pression qu'elle exerce indirectement sur les politiques nationales de l'emploi (document 4), même si son impact direct reste ambigu. 3. Le cas chinois illustre cette ambivalence : l'essor massif des échanges extérieurs (document 3 : exportations multipliées par plus de 40 entre 1990 et 2019) s'est accompagné d'une forte hausse des inégalités entre 1990 et 2010 (indice de Gini passant de 32,2 en 1990 à 38,7 en 1999 puis 43,7 en 2010). L'indice a ensuite reculé à 38,2 en 2019 malgré la poursuite de la hausse des échanges, ce qui montre que le commerce n'est pas le seul déterminant des inégalités (politiques de redistribution notamment). Conclusion : le commerce international génère des gains agrégés réels, mais ces gains sont inégalement répartis. Il peut donc être avantageux pour l'économie dans son ensemble sans l'être pour tous les agents, ce qui justifie des politiques d'accompagnement (formation, redistribution, régulation sociale).
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