Exercice Étude critique de document · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Nouvelle-Calédonie 2022 (jour 1)
Thème : Le changement climatique : approches historique et géopolitique · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
DEUXIÈME PARTIE – Le candidat traite l'étude critique de document(s) suivante
Étude critique de document: La question climatique.
Consigne: En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, expliquez comment le secrétaire général de l'ONU envisage la coopération internationale sur la question climatique. Vous en présenterez les limites.
DOCUMENT:
Discours d'Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations unies, sur l'état de la planète le 2 décembre 2020 à l'université de Columbia, New York
« [...] Mes chers amis,
J'aimerais d'abord aborder avec vous la question de l'urgence climatique. Il y a trois impératifs pour parvenir à faire face à la crise climatique:
Premièrement, nous devons atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale dans les 30 prochaines années.
Deuxièmement, nous devons faire en sorte que les financements mondiaux soient au diapason de l'Accord de Paris, le plan mondial pour l'action climatique.
Troisièmement, nous devons accomplir une percée en matière d'adaptation afin de protéger le monde – et en particulier les personnes et les pays les plus vulnérables – contre les impacts climatiques.
J'aimerais maintenant revenir sur chacun de ces trois impératifs.
Premièrement, la neutralité carbone – réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effets de serre. Ces dernières semaines, nous avons constaté des évolutions positives importantes.
L'Union européenne s'est engagée à devenir le premier continent climatiquement neutre d'ici à 2050 – et j'espère qu'elle décidera de réduire ses émissions d'au moins 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici à 2030.
Le Royaume-Uni, le Japon, la République de Corée et plus de 110 pays se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050.
L'administration entrante des États-Unis a annoncé qu'elle poursuivrait le même objectif. La Chine s'est engagée à y parvenir avant 2060.
Cela signifie que d'ici au début de 2021, des pays représentant plus de 65 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone et plus de 70 % de l'économie mondiale auront pris des engagements ambitieux en matière de neutralité carbone.
Nous devons profiter de cet élan et en faire un véritable mouvement.
L'objectif central que s'est donné l'Organisation des Nations Unies pour 2021 est de constituer une véritable coalition mondiale pour la neutralité carbone.
Je suis convaincu que l'année 2021 peut être une année bissextile d'un nouveau genre – celle d'un bond en avant vers la neutralité carbone.
Chaque pays, ville, institution financière et entreprise devrait adopter un plan de transition vers zéro émission nette d'ici à 2050 – et j'engage les principaux émetteurs à montrer l'exemple en prenant dès maintenant des mesures décisives pour réaliser cette vision, ce qui signifie réduire les émissions mondiales de 45 % d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010. Et ceci doit se refléter clairement dans les contributions déterminées au niveau national.
Chaque personne a un rôle à jouer, puisque nous sommes toutes et tous des consommateurs, des producteurs, des investisseurs. [...]
Mes chers amis,
Un monde nouveau est en train de prendre forme.
De plus en plus de personnes reconnaissent les limites des critères conventionnels, tels que le produit intérieur brut, qui peuvent faire passer des activités nuisibles à l'environnement comme positives sur le plan économique.
Les mentalités évoluent.
De plus en plus de personnes comprennent qu'elles doivent faire leurs propres choix au quotidien pour réduire leur empreinte carbone et respecter les limites de la planète.
Et nous sommes inspirés par des vagues de mobilisation sociale soulevées par la jeunesse.
Des mouvements de protestation dans la rue aux campagnes de sensibilisation en ligne...
De l'enseignement en classe à l'engagement collectif...
Des bureaux de vote aux lieux de travail...
Les jeunes poussent leurs aînés à faire ce qui doit être fait. Et nous sommes dans une université.
C'est un moment de vérité pour les peuples comme pour la planète. [...] »
Note: Le 2 décembre 2020, jour où deux rapports de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) ont été publiés, soulignant la gravité de la crise climatique.
Source: Site internet des Nations Unies, Action pour le Climat. (Consulté en novembre 2021).

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Consigne : En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, expliquez comment le secrétaire général de l’ONU envisage la coopération internationale sur la question climatique. Vous en présenterez les limites.
Réponse : Une étude critique structurée comprenant une introduction (présentation du document, contexte de fin 2020 avec l'élection de Joe Biden et le 5e anniversaire de l'Accord de Paris, problématique et annonce du plan), deux ou trois parties équilibrées et une conclusion. Axe 1 – Une vision élargie et renouvelée de la coopération internationale portée par l'ONU : - Un multilatéralisme d'objectifs partagés : horizon de la neutralité carbone d'ici 2050 (ou 2060 pour la Chine), respect des engagements de l'Accord de Paris (COP21 de 2015) et des contributions déterminées au niveau national (CDN). - Une gouvernance climatique qui dépasse le strict cadre interétatique : intégration des acteurs non étatiques (villes, entreprises, institutions financières, société civile et mouvements de jeunesse comme Youth for Climate / Fridays for Future). - La justice climatique et la solidarité internationale : accent mis sur les financements climatiques (fonds vert) et l'adaptation au profit des pays vulnérables du Sud global face aux injustices environnementales. Axe 2 – Les limites et obstacles de cette coopération internationale : - L'absence de caractère contraignant et de sanctions : l'Accord de Paris repose sur des engagements volontaires sans mécanisme coercitif, favorisant les logiques de passager clandestin. - Les tensions géopolitiques et le primat des souverainetés nationales : rivalités sino-américaines, changements politiques internes (retrait américain sous Donald Trump réintégré par Joe Biden), dépendance persistante aux énergies fossiles et primat de la croissance économique conventionnelle (PIB). - Le fossé Nord-Sud : promesses financières non tenues (l'objectif de 100 milliards de dollars par an promis lors de la COP15 de Copenhague longtemps non atteint) et désaccords sur les pertes et préjudices.
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