Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Liban 2023 (jour 2)

Thème : Le changement climatique : approches historique et géopolitique · Tiré du sujet Jour 2 (2023)

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Dissertation 1

Comment les sociétés se sont-elles adaptées au changement climatique depuis le Moyen Âge ?

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Comment les sociétés se sont-elles adaptées au changement climatique depuis le Moyen Âge ?

Réponse : ### Proposition de plan détaillé et éléments de réponse #### Introduction - Accroche : Les travaux pionniers d'Emmanuel Le Roy Ladurie sur l'histoire du climat montrent que les sociétés humaines ont toujours été confrontées aux variations climatiques. - Définition des termes : Le *changement climatique* renvoie aux variations durables des paramètres du climat. Elles peuvent être d'origine naturelle (variabilité séculaire) ou anthropique (depuis l'ère industrielle). L'*adaptation* désigne l'ajustement des systèmes écologiques, sociaux et économiques pour limiter les dommages ou exploiter des opportunités. - Cadre spatio-temporel : Du Moyen Âge (Optimum climatique médiéval, Petit Âge glaciaire) jusqu'au réchauffement contemporain global. - Problématique : Comment les sociétés sont-elles passées d'une adaptation locale, empirique et subie face aux aléas naturels à une gouvernance globale et stratégique ? Cette gouvernance doit répondre à une crise climatique anthropique sans précédent. --- #### I. Du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle : subir les fluctuations naturelles du climat et s'y adapter empiriquement 1. Des réalités climatiques contrastées : L'Optimum climatique médiéval (Xe-XIIIe s.) favorise l'expansion agricole et démographique en Europe, ainsi que l'installation des Vikings au Groenland. Lui succède le Petit Âge glaciaire (XIVe-milieu XIXe s.), marqué par des hivers rigoureux, des étés frais et humides et l'avancée des glaciers alpins. 2. Vulnérabilité et crises de subsistance : Les mauvaises récoltes entraînent disettes et famines, comme la grande famine de 1315-1317 ou le « grand hiver » de 1709 en France. Elles s'accompagnent de tensions sociales et politiques. Les colonies vikings du Groenland sont abandonnées au XVe siècle. 3. Des réponses empiriques et limitées : - diversification des cultures et introduction de plantes nouvelles (maïs, pomme de terre) ; - greniers et stockage ; - réglementation des marchés de grains par les autorités ; - pratiques religieuses (processions, rogations), faute d'explication scientifique. --- #### II. La révolution industrielle et l'entrée dans l'Anthropocène : une maîtrise technique apparente face à un risque nouveau 1. La rupture de l'industrialisation : L'usage massif des énergies fossiles (charbon, puis pétrole) fait entrer la planète dans l'Anthropocène. Les activités humaines deviennent un facteur majeur du changement climatique mondial. 2. Les progrès techniques comme amortisseurs : Le chemin de fer, le commerce international et les progrès agronomiques font reculer les famines dans les pays industrialisés. Les sociétés ont alors l'illusion de s'être affranchies du climat. 3. L'accélération récente de la crise : Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les signes se multiplient : hausse rapide des températures moyennes, fonte des glaciers, montée du niveau des mers, événements extrêmes (sécheresses, canicules comme en 2003, inondations). Les sociétés redeviennent vulnérables à l'échelle planétaire. --- #### III. L'époque contemporaine : construire une gouvernance mondiale entre atténuation et adaptation 1. La prise de conscience scientifique et internationale : - création du GIEC en 1988 ; - Sommet de la Terre de Rio en 1992 (CCNUCC) ; - protocole de Kyoto en 1997 ; - accord de Paris en 2015 (objectif de limiter le réchauffement « bien en dessous » de 2 °C) ; - COP annuelles. 2. Atténuer et s'adapter : L'atténuation passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la transition énergétique. Elle se combine à l'adaptation : - digues et protection du littoral (plan Delta aux Pays-Bas) ; - agriculture adaptée à la sécheresse ; - plans canicule ; - végétalisation des villes ; - plans nationaux d'adaptation. 3. Des inégalités et des tensions géopolitiques : Les pays du Sud et les petits États insulaires (Tuvalu, Maldives) sont les plus exposés et disposent de moins de moyens. Cela soulève la question de la justice climatique, avec le fonds « pertes et préjudices » (COP27). Les rivalités entre grands émetteurs (États-Unis, Chine, Inde) sont fortes et les retraits d'accords existent. De nouveaux enjeux apparaissent : migrations climatiques, accès à l'eau, ouverture de l'Arctique. --- #### Conclusion - Bilan : Les sociétés ont d'abord subi les variations naturelles du climat et s'y sont adaptées localement et empiriquement. L'ère industrielle leur a donné une illusion de maîtrise technique. Aujourd'hui, face à un changement d'origine humaine, elles doivent concilier atténuation et adaptation dans un cadre mondial. - Ouverture : Cette adaptation reste inégale et insuffisante au regard de l'ampleur du réchauffement. Cela pose la question de la capacité de la coopération internationale à garantir une transition juste et efficace.

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