Sujet 1 · Bac STMG Philosophie Métropole 2022

Thème : La liberté · Tiré du sujet Métropole France (2022)

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Sujet 1

La liberté consiste-t-elle à n'obéir à personne ?

Rédigez une dissertation philosophique structurée comprenant une introduction (formulation du problème, enjeux, annonce de plan), un développement argumenté en plusieurs parties et une conclusion.

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La liberté consiste-t-elle à n'obéir à personne ?

Réponse : Proposition de plan et éléments de résolution : Introduction : - Accroche / Définition commune : L'opinion commune assimile spontanément la liberté au fait de « faire ce que l'on veut » et de ne dépendre d'aucune autorité extérieure, donc de n'obéir à personne. - Paradoxe : Si n'obéir à personne conduit à l'absence de lois, les libertés individuelles se heurtent à la violence et à la loi du plus fort (état de nature hobbesien). De plus, l'absence de règle peut asservir l'homme à ses propres pulsions. - Problématique : La liberté se réduit-elle au refus absolu de toute obéissance (indépendance naturelle), ou bien trouve-t-elle son accomplissement dans une forme spécifique d'obéissance, distincte de la servitude (autonomie morale et politique) ? I. En première analyse, la liberté semble inconciliable avec l'obéissance à autrui : 1. L'obéissance comme aliénation : se soumettre à la volonté d'une autre personne, c'est perdre sa souveraineté et risquer le despotisme (La Boétie, *Discours de la servitude volontaire*). 2. La liberté négative comme absence d'entraves extérieures (Hobbes, *Léviathan*, chap. XXI) : être libre, c'est ne rencontrer aucun obstacle dans l'exercice de sa puissance. 3. L'exigence sartrienne de liberté : l'existence précède l'essence ; toute obéissance non choisie relève de la mauvaise foi. II. Mais n'obéir à personne conduit à la négation même de la liberté : 1. L'illusion de la toute-puissance : n'obéir à personne à l'état de nature rend la liberté précaire (« la liberté sans lois est licence ») ; la liberté des uns détruit celle des autres (Spinoza, *Traité théologico-politique*). 2. L'esclavage des passions : celui qui n'obéit à personne extérieurement peut être esclave de ses propres désirs désordonnés (Platon, *Gorgias*, dialogue avec Calliclès). 3. La nécessité d'une règle commune pour instituer une coexistence pacifique et garantir les droits. III. La véritable liberté n'est pas le refus de l'obéissance, mais l'autonomie (l'obéissance à la loi rationnelle) : 1. Obéissance et servitude ne se confondent pas : Rousseau (*Du contrat social*, Livre I, chap. VIII) : « L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté ». Dans l'État républicain, on n'obéit pas à un maître, mais à la loi voulue par le corps politique. 2. L'autonomie morale chez Kant (*Fondements de la métaphysique des mœurs*) : être libre, c'est agir selon la loi morale dictée par la raison pratique, et non selon les inclinations sensibles. 3. Conclusion dialectique : La liberté consiste bien à n'obéir à *personne* en tant qu'individu particulier arbitraire (refus de la domination), mais elle exige d'obéir à la *loi* impersonnelle et légitime.

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