Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte · Bac STMG Français Métropole Secours 2026
Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Métropole Secours (2026)
Énoncé
Sujet A — La Boétie, Discours de la servitude volontaire. Parcours: « défendre » et « entretenir » la liberté.
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 200 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 180 mots et au plus 220 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Texte d'après Benoît Heillbrunn, « La consommation, du plaisir à la compulsion », Sciences Humaines, « La mécanique de l'addiction », n°373, 2024.
La surconsommation n’est pas un trait caractéristique de la société moderne. Dès l’Antiquité, des philosophes grecs comme Platon dénoncent le fait de « vouloir plus que sa part » comme une déviance, rappelle le philosophe Dany-Robert Dufour. Bien plus tard, à l’inverse, consommer à outrance est devenu mieux accepté et parfois même valorisé. À partir du 18 e siècle, des pionniers de l’économie et des sciences sociales encouragent le commerce, le luxe, et plus généralement une nouvelle religion conquérante: le marché. L’offre devenant largement supérieure à la demande, tous les subterfuges 1 sont bons pour trouver des débouchés aux industries américaines et européennes.
Le capitalisme s’appuie dès lors sur le marketing, technique de l’addiction marchande par excellence, pour accroître en permanence les quantités achetées et donc encourager la surconsommation de substances, produits ou expériences. Et comment accroître la demande, si ce n’est en faisant en sorte que les clients achètent plus et plus souvent ? Cette logique d’intensification de la consommation est largement relayée par l’apparition des grands magasins (Le Bon Marché en 1852, Les Galeries Lafayette en 1893) et du libre-service, qui permettent aux clients de flâner dans de véritables îles de la tentation et de pouvoir toucher les marchandises sans l’intermédiaire d’un vendeur. C’est à cette époque qu’apparaît dans le champ psychiatrique l’idée « de fièvre acheteuse » – une préoccupation virant à l’obsession délétère 2.
Tout au long du 20 e siècle, la consommation apparaît plus généralement comme un ensemble de pratiques permettant aux individus de renforcer ou de réparer des identités fragmentées ou blessées. La consommation et le marketing jouent à cet égard les rôles de « pharmaka » – mot grec ancien désignant à la fois un poison et un remède. Il s’agit, dans une logique de marché, de soulager un problème qu’on a conçu et dramatisé en amont: créer le désir, l’assimiler à un besoin et proposer aussitôt de le soulager grâce à un acte d’achat…
Ce cycle sans fin cultive une forme de dépendance du client, tout en permettant de créer de la valeur économique de façon continue. Le marché doit dès lors inventer en permanence de nouvelles formes de fragilisation psychologique pour proposer des solutions. Le règne de la marchandise ne cesse de s’élargir pour englober des activités comme le tabagisme, les jeux d’argent et de hasard, la sexualité, l’alimentation, la télévision ou encore l’exercice physique… L’addiction ne concerne dès lors pas uniquement des substances, puisque tout ce qui est monétisable devient l’objet d’une possible addiction.
Aujourd’hui encore, notre société de surconsommation se caractérise par le fait qu’elle crée une économie visant à capter la libido 3 des individus que sont les consommateurs, pour attirer leur investissement sur les objets de la consommation. Selon le philosophe Bernard Stiegler, les jeux, et notamment les jeux d’argent, sont un cas particulièrement pervers de ce qui est, en fait, la loi du marketing en général.
Il existe aussi une dimension politique de l’addiction consumériste. La sociologue Gerda Reith soutient que dans une société qui met en œuvre la gouvernance par la liberté, la liberté consistant à choisir parmi de vastes gammes de produits et d’expériences, l’utilisation même de la liberté de consommer constitue une forme de contrôle social. D’où la dépendance à Internet, aux jeux vidéo ou aux écrans qui semblent toucher des populations de plus en plus jeunes. Dans le champ de la consommation, chacun d’entre nous peut être soumis à un achat coup de cœur, mais quand celui-ci se répète souvent et qu’il semble impossible à l’acheteur de résister, le scénario est souvent celui d’une forte angoisse qui diminue une fois l’achat réalisé, l’acheteur éprouvant alors un vif plaisir. Il faut cependant distinguer les accros du shopping compulsif, qui achètent sous le coup de la détresse émotionnelle, ceux qui font des achats de prestige, pour maintenir leur image sociale, les chasseurs de bonnes affaires, qui achètent des articles en solde même s’ils n’en ont pas besoin, ou encore les collectionneurs, qui se lancent dans une quête éperdue.
Ce mécanisme touche toutes les classes. Très souvent, on trouve des enfants dont les parents ont par manque de temps remplacé l’affection par les cadeaux. Le bien matériel étant considéré comme un gage d’affection, les individus ont alors tendance à s’offrir des cadeaux à eux-mêmes. Ils vivent avec l’idée que seuls les biens qui les environnent leur donnent de la valeur. Cela explique aussi pourquoi les possessions sont considérées comme des faire-valoir vis-à-vis d’autrui. Comme le rappelle la psychologue Charlotte Richoux dans Addictologie clinique, pour les individus qui en souffrent une vie dépensière est l’indicateur qu’ils profitent véritablement de l’existence.
801 mots
1 Subterfuge: stratagème trompeur, malhonnête.
2 Délétère: qui attaque, détruit.
3 Libido: désir.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Contraction de texte : résumer le texte de Benoît Heilbrunn en 200 mots (+/- 10 %).
Réponse : Dès l’Antiquité, le désir d’accumulation excessive fut condamné comme déviant. Pourtant, à l’époque moderne, le commerce s’est imposé comme une norme sacralisée, employant tous les moyens pour écouler une production excédentaire. Le capitalisme s’est alors appuyé sur le marketing pour stimuler sans cesse les achats. / (50) L'avènement des grands magasins a concrétisé cette intensification en rendant l’accès aux produits direct et séduisant, inaugurant l’angoisse de l’obsession acheteuse. Au XXe siècle, consommer est devenu un moyen de restaurer une identité fragilisée. Fonctionnant comme un remède empoisonné, le marché crée des manques artificiels pour / (100) vendre immédiatement leur soulagement. Cette dynamique entretient une dépendance profitable : le commerce étend son emprise à tous les domaines monétisables de l'existence. Aujourd'hui, l'économie cherche à accaparer le désir. Paradoxalement, l'injonction à choisir parmi une infinité d'articles s'apparente à un contrôle social aliénant. Divers profils / (150) se distinguent : acheteurs compulsifs, en quête de statut, chasseurs de rabais ou collectionneurs. Partout, la valeur matérielle tend à supplanter le lien affectif et l'estime de soi, érigeant la dépense effrénée en preuve illusoire d'une vie accomplie. 189 mots
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
‹ Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Métropole 2026 · Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Métropole Secours 2026 ›
Plus d’exercices de Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)
- Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte · Métropole 2026
- Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Métropole 2026
- Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Métropole 2026
- Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Métropole Secours 2026
- Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Métropole Secours 2026
- Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte · Métropole 2025
- Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Métropole 2025
- Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Métropole 2025
- Exercice 2 - Sujet A : Contraction de texte · Métropole remplacement 2025
- Exercice 2 - Sujet B : Contraction de texte · Métropole remplacement 2025