Exercice 1 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2021
Thème : Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2021)
Énoncé
1- Commentaire de texte
Texte de Jean Racine, Andromaque, acte III scène 8, 1667.
Lors de la guerre de Troie, le chef des Troyens, Hector, fut tué par Achille, père du roi grec Pyrrhus. La veuve d'Hector, Andromaque, est devenue la prisonnière de Pyrrhus qui l'aime et exerce sur elle un chantage afin qu'elle accepte de l'épouser. S'adressant à sa confidente Céphise, qui l'avait incitée à accepter ce mariage, Andromaque se souvient du massacre des Troyens et du rôle qu'y a joué Pyrrhus.
Andromaque
Dois-je les oublier, s'il ne s'en souvient plus ?
Dois-je oublier Hector privé de funérailles,
Et traîné sans honneur autour de nos murailles 1 ?
Dois-je oublier son père 2 à mes pieds renversé,
5 Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé ?
Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle.
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
10 Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et de sang tout couvert échauffant le carnage.
Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants,
Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants.
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue:
15 Voilà comme Pyrrhus vint s'offrir à ma vue,
Voilà par quels exploits il sut se couronner,
Enfin voilà l'époux que tu me veux donner.
Non, je ne serai point complice de ses crimes;
Qu'il nous prenne, s'il veut, pour dernières victimes.
1 Après avoir tué Hector, Achille avait traîné son corps derrière son char autour des remparts de Troie.
2 Achille, père de Pyrrhus.
Vous ferez le commentaire du texte en vous aidant des pistes suivantes:
1- Comment Racine parvient-il à rendre présente pour les spectateurs la scène de guerre décrite par Andromaque ?
2- Quelles émotions le discours d'Andromaque suscite-t-il chez le spectateur ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Vous ferez le commentaire du texte en vous aidant des pistes suivantes : 1- Comment Racine parvient-il à rendre présente pour les spectateurs la scène de guerre décrite par Andromaque ? 2- Quelles émotions le discours d'Andromaque suscite-t-il chez le spectateur ?
Réponse : Proposition d'organisation pour le commentaire littéraire : Introduction - Accroche : Dans *Andromaque* (1667), Racine revisite la matière troyenne en explorant les déchirements tragiques nés de la guerre de Troie. - Situation du texte : À l'acte III, scène 8, Andromaque est soumise au chantage de Pyrrhus (épouser le vainqueur pour sauver son fils Astyanax). Face aux conseils pragmatiques de sa confidente Céphise, elle ravive le souvenir sanglant de la prise de Troie. - Problématique : Comment Racine transforme-t-il ce récit rétrospectif en un tableau vivant et saisissant, suscitant la terreur et la pitié tout en affirmant l'intégrité morale de l'héroïne tragique ? - Annonce du plan : 1. L'hypotypose tragique : rendre présent l'anéantissement de Troie. 2. Le registre pathétique et l'affirmation d'une héroïne fidèle à son passé. --- Axe 1 : Une évocation visuelle et sonore rendant la scène présente (l'hypotypose tragique) - Une convocation de l'imagination par les impératifs : Les impératifs adressés à Céphise (« Songe, songe », « Figure-toi », « Peins-toi ») s'adressent directement à l'imagination du spectateur, l'obligeant à contempler la catastrophe. - L'intensité sensorielle du tableau : - *Effets visuels et de lumière :* Opposition des ténèbres et du feu (« nuit cruelle », « nuit éternelle », « yeux étincelants », « lueur de nos palais brûlants »). - *Effets sonores :* L'évocation du tumulte et des cris (« cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants ») renforcée par le rythme binaire et les allitérations en sifflantes et dentales. - La figure monstrueuse de Pyrrhus : Dépeint en guerrier furieux et sanguinaire (« de sang tout couvert », « échauffant le carnage »), il est animalisé et diabolisé, rendant impensable l'idée de noces (« voilà l'époux que tu me veux donner »). --- Axe 2 : Terreur, pitié et dignité tragique - La terreur (phobos) : Suscitée par la violence destructrice, la profanation sacrée (Priam ensanglantant l'autel) et l'outrage au cadavre d'Hector traîné autour des remparts. - La pitié (éleos) : Compassion face au sort des Troyens (« tout un peuple », « tous mes frères morts ») et face à la solitude de la veuve (« Andromaque éperdue »). - Le refus héroïque et le dilemme moral : Le recours aux questions rhétoriques anaphoriques (« Dois-je oublier... ») martèle le devoir de mémoire. Le rejet final (« Non, je ne serai point complice de ses crimes ») affirme l'acceptation de la mort plutôt que la trahison des siens. --- Conclusion - Bilan : Par le pouvoir de l'hypotypose et du tragique racinien, le souvenir devient une réalité scénique vibrante qui justifie le refus absolu d'Andromaque. - Ouverture : On peut rapprocher ce récit du songe d'Athalie ou de l'évocation de la mort d'Hippolyte dans *Phèdre*, où le récit poétique prend le relais de la représentation directe de la violence interdite par les règles de la bienséance classique.
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