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Sujet du Bac STI2D Français 2026 · Métropole
Sujet du Bac STI2D de Français 2026, Métropole : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte · Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d'étude: le théâtre du XVII ème siècle au XXI ème siècle
Émile Augier, Gabrielle, Acte I, scène 1, 1849.
La scène d'exposition s'ouvre sur un dialogue entre deux époux, Gabrielle et Julien, dans un salon bourgeois. Distraite, elle lit négligemment un livre qu'elle tient à la main. Son mari, avocat, cherche son code pénal. Il lui reproche gentiment de déplacer ses affaires et de ne pas s'intéresser suffisamment à sa profession et à leur situation. Elle s'en repent et lui propose d'en parler. Julien s'exécute alors avec enthousiasme.
Il s'assied près d'elle.
Sache que nous marchons, que nous roulons plutôt
Sur le rude chemin de fortune au grand trot:
J'ai quinze mille francs chez Lassusse; dix mille
Chez Blanche 1, hypothéqués sur sa maison de ville;
5 Ma réputation prend un rapide essor;
Un ministre — et celui de la justice encor ! —
Sur le seul bruit que fait ma petite éloquence,
D'un gros procès qu'il a m'a donné la défense;
Et cela met un homme en posture au Palais 2,
10 Tu comprends ?
Gabrielle.
Oui, très bien.
Julien.
Mes gains ne sont pas laids,
Je fais, bon an mal an, vingt mille francs; je gage
Que j'en vais faire trente et même davantage.
Or, nous en dépensons douze mille environ,
N'est-ce pas ?
Gabrielle.
Oui.
Julien.
Mettons quinze pour compte rond,
15 Et si… Pantagruel répondit à Panurge:
« Quand le printemps fleurit, il faut que je me purge 3. »
Je vois que tu comprends mes calculs.
Gabrielle.
Oui, très bien.
Julien.
Merci ! Nous reprendrons plus tard cet entretien.
Il se lève, et se dirige vers son travail.
C'est plaisir de causer avec sa ménagère,
Se retournant vers sa femme.
20 On vous aime pourtant, pauvre tête légère !
Il s'assied à sa table et travaille.
Gabrielle, à part.
Hélas ! il croit m'aimer… Quelle dérision !
Quand il ne va songeant qu'à son ambition !
Il m'aime ! il dit qu'il m'aime ! — Ô nature immortelle,
Pénétrantes senteurs de la feuille nouvelle,
25 Tranquillité des champs au soleil prosternés,
Est-ce là cet amour dont vous m'entretenez ?
Heureuse !… s'il en est une entre mes compagnes,
Celle qui peut marcher à travers les campagnes,
Appuyant tout son cœur sur un bras bien aimé,
30 Selon le rêve ardent qu'elle s'était formé !
Nous partirions le soir, à cette heure sereine
Où l'ombre et le silence ont apaisé la plaine;
Nous irions… quel bonheur ! moi pendue à son bras,
Lui sur mon pas plus lent ralentissant son pas,
35 Et tous deux regardant tomber la nuit immense
Nous nous enivrerions d'amour et de silence !
Julien.
Gabrielle !
Gabrielle.
Plaît-il ?
Julien.
Hors chez nous 4, où voit-on
Chemise de mari n'avoir pas un bouton ?
Gabrielle.
Ah ! — Mettez une épingle.
Julien.
Il faut que je te gronde.
40 Mon linge est dans l'état le plus piteux du monde.
Gabrielle.
Bien. — Je ferai venir une femme demain.
Julien.
Ma mère m'aurait tout rapiécé de sa main.
1 Lassusse et Blanche doivent de l'argent à Julien.
2 Palais: édifice public où s'exerce la justice.
3 Citation prêtée à Rabelais sans rapport à ce qui a été dit jusque-là.
4 Hors chez nous: excepté chez nous.
Vous commenterez cet extrait de Gabrielle d'Émile Augier. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention:
à l'opposition des deux personnages;
à l'aspect comique et critique de cette scène.
Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)
Sujet A – Contraction de texte
Texte d'après Thierry Wolton, Les Nouvelles Routes de notre servitude, 2022.
Le mimétisme 1 est une composante essentielle du vivre-ensemble. Les réseaux le favorisent. L'usage généralisé et intensif du Web en fait un phénomène de masse qui pousse aux regroupements, qui oblige à la conformité. Les réseaux sociaux ne peuvent pas se permettre d'être porteurs d'une trop grande diversité d'opinions quand ils servent de dénominateur commun à la doxa 2. Leur fonctionnement oblige au regroupement des opinions, que facilite la simplification des choix. Les « j'aime », « je n'aime pas », dynamique d'une partie des échanges, enferment les débats dans une dimension binaire qui n'est pas sans correspondre au système, lui-même binaire, de l'électronique, mère de la révolution numérique. Contrairement à ce qui est le plus souvent prétendu, l'Internet ne garantit pas la liberté d'expression. Ce qui s'y exprime correspond à des choix dictés par le conformisme des « réseauteurs », conséquence du mimétisme qui y prévaut, conforté par la technologie binaire utilisée, concentrée par les sites en vogue.
Il en résulte une uniformisation des échanges, un appauvrissement des contenus, une simplification des opinions, qui facilitent l'agrégation des internautes autour de grandes causes générales, de beaux principes, en guise de certificat de conformité. Vus ainsi, les réseaux sociaux servent de liens de sociabilité, une nécessité pour l'internaute isolé dans l'infini du Web, ou si l'on préfère de lieu d'humanité dans un monde numérisé, dématérialisé. Autre perception possible: les réseaux sont des espaces de normalisation indispensables à l'uniformisation des opinions et des comportements des individus-rois qui se complaisent dans le miroir narcissique du Net. Dans tous les cas, le Net joue un rôle d'intégration qui répond à la fois à la nécessité pour l'internaute de faire société à l'ère du tout-numérique et au besoin de la communauté de trouver un langage commun pour s'entendre et se conformer. Ce contrat est toutefois faussé par l'intervention d'un tiers acteur, l'algorithme, qui détermine les rapprochements des uns avec les autres, qui influence leurs relations, qui transforme les réseaux sociaux en école du panurgisme 3 où les internautes en quête de certitude et de sécurité aiment s'abriter.
L'algorithme est le maître de la Toile. Il fournit à l'utilisateur une information sélectionnée en rapport avec ses intérêts, identifiés grâce aux données laissées par ses navigations sur le Net. Puis il regroupe les internautes par affinités autour de thèmes communs, déterminés à partir de ces mêmes données. Ces deux fonctions sont en adéquation avec la nature du Web qui isole et rassemble à la fois.
Dans ces conditions l'Internet ne saurait être un outil de la démocratie. Les connexions, les choix exprimés procèdent de ces calculs qui ignorent le principe de un homme = une voix, mantra 4 de la démocratie, pour former a contrario des collectifs. L'algorithme est tout autant antinomique 5 de la notion de libre arbitre quand les centres d'intérêt, les activités, les rencontres dépendent de la manière dont il les gère.
Le redéploiement des identités, qui résulte des calculs algorithmiques et des manières de les associer, suscite des actions inattendues: pétitions en ligne, mouvements solidaires, agitation sociale, défense d'intérêts corporatistes, etc. Ces rassemblements ne préjugent en rien de l'identité de chaque participant, la personnalité des internautes s'y déconstruit pour se reconstituer autrement dans l'interactivité alimentée par la machine. Le résultat de ce processus n'a rien de nouveau, hormis la technologie qui en facilite l'émergence: il est pareil à la mutation maintes fois observée de l'individu en homme-foule alors prêt à se joindre à la masse au sein de laquelle il n'est plus ni différent ni meilleur qu'un autre. Le réseau social aide ainsi à combler l'idéal d'égalité que l'internaute est venu chercher sur le Web.
Se rassembler relève de l'instinct pour l'être humain en quête de sécurité. Faire masse protège l'individu de l'hostilité extérieure et le rassure vis-à-vis de ses semblables. L'union permet d'atténuer la peur des autres, les différences se dissolvent dans un tout égalitaire qu'incarne l'homme-masse. À l'ère victimaire, les réseaux sociaux aident l'internaute à se protéger d'une adversité réelle ou supposée, à lui assurer le bien-être de l'anonymat, à satisfaire son instinct grégaire. Le Web a fini par jouer le rôle de maison commune de l'humanité, protectrice et rassurante.
Nul besoin de réfléchir dans la foule numérique, tout le monde va dans le même sens. Le mimétisme rassure, il évite de se distinguer, de s'attirer l'animosité d'autrui, il tient de la sauvegarde de soi-même. Si l'internaute en réseau perd de sa liberté individuelle, il y gagne un sentiment de libération collective.
797 mots
1 Mimétisme: reproduction machinale, inconsciente, de gestes et d'attitudes des gens de l'entourage.
2 Doxa: ensemble des opinions communes aux membres d'un groupe.
3 Panurgisme: comportement d'une personne qui imite systématiquement les autres.
4 Mantra: formule sacrée que l'on répète.
5 Antinomique: opposé.
Vous résumerez ce texte en 200 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 180 mots et au plus 220 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Nombre de mots:
Exercice 2 - Sujet A - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Sujet A – Essai
Texte d'après Thierry Wolton, Les Nouvelles Routes de notre servitude, 2022.
Le mimétisme 1 est une composante essentielle du vivre-ensemble. Les réseaux le favorisent. L'usage généralisé et intensif du Web en fait un phénomène de masse qui pousse aux regroupements, qui oblige à la conformité. Les réseaux sociaux ne peuvent pas se permettre d'être porteurs d'une trop grande diversité d'opinions quand ils servent de dénominateur commun à la doxa 2. Leur fonctionnement oblige au regroupement des opinions, que facilite la simplification des choix. Les « j'aime », « je n'aime pas », dynamique d'une partie des échanges, enferment les débats dans une dimension binaire qui n'est pas sans correspondre au système, lui-même binaire, de l'électronique, mère de la révolution numérique. Contrairement à ce qui est le plus souvent prétendu, l'Internet ne garantit pas la liberté d'expression. Ce qui s'y exprime correspond à des choix dictés par le conformisme des « réseauteurs », conséquence du mimétisme qui y prévaut, conforté par la technologie binaire utilisée, concentrée par les sites en vogue.
Il en résulte une uniformisation des échanges, un appauvrissement des contenus, une simplification des opinions, qui facilitent l'agrégation des internautes autour de grandes causes générales, de beaux principes, en guise de certificat de conformité. Vus ainsi, les réseaux sociaux servent de liens de sociabilité, une nécessité pour l'internaute isolé dans l'infini du Web, ou si l'on préfère de lieu d'humanité dans un monde numérisé, dématérialisé. Autre perception possible: les réseaux sont des espaces de normalisation indispensables à l'uniformisation des opinions et des comportements des individus-rois qui se complaisent dans le miroir narcissique du Net. Dans tous les cas, le Net joue un rôle d'intégration qui répond à la fois à la nécessité pour l'internaute de faire société à l'ère du tout-numérique et au besoin de la communauté de trouver un langage commun pour s'entendre et se conformer. Ce contrat est toutefois faussé par l'intervention d'un tiers acteur, l'algorithme, qui détermine les rapprochements des uns avec les autres, qui influence leurs relations, qui transforme les réseaux sociaux en école du panurgisme 3 où les internautes en quête de certitude et de sécurité aiment s'abriter.
L'algorithme est le maître de la Toile. Il fournit à l'utilisateur une information sélectionnée en rapport avec ses intérêts, identifiés grâce aux données laissées par ses navigations sur le Net. Puis il regroupe les internautes par affinités autour de thèmes communs, déterminés à partir de ces mêmes données. Ces deux fonctions sont en adéquation avec la nature du Web qui isole et rassemble à la fois.
Dans ces conditions l'Internet ne saurait être un outil de la démocratie. Les connexions, les choix exprimés procèdent de ces calculs qui ignorent le principe de un homme = une voix, mantra 4 de la démocratie, pour former a contrario des collectifs. L'algorithme est tout autant antinomique 5 de la notion de libre arbitre quand les centres d'intérêt, les activités, les rencontres dépendent de la manière dont il les gère.
Le redéploiement des identités, qui résulte des calculs algorithmiques et des manières de les associer, suscite des actions inattendues: pétitions en ligne, mouvements solidaires, agitation sociale, défense d'intérêts corporatistes, etc. Ces rassemblements ne préjugent en rien de l'identité de chaque participant, la personnalité des internautes s'y déconstruit pour se reconstituer autrement dans l'interactivité alimentée par la machine. Le résultat de ce processus n'a rien de nouveau, hormis la technologie qui en facilite l'émergence: il est pareil à la mutation maintes fois observée de l'individu en homme-foule alors prêt à se joindre à la masse au sein de laquelle il n'est plus ni différent ni meilleur qu'un autre. Le réseau social aide ainsi à combler l'idéal d'égalité que l'internaute est venu chercher sur le Web.
Se rassembler relève de l'instinct pour l'être humain en quête de sécurité. Faire masse protège l'individu de l'hostilité extérieure et le rassure vis-à-vis de ses semblables. L'union permet d'atténuer la peur des autres, les différences se dissolvent dans un tout égalitaire qu'incarne l'homme-masse. À l'ère victimaire, les réseaux sociaux aident l'internaute à se protéger d'une adversité réelle ou supposée, à lui assurer le bien-être de l'anonymat, à satisfaire son instinct grégaire. Le Web a fini par jouer le rôle de maison commune de l'humanité, protectrice et rassurante.
Nul besoin de réfléchir dans la foule numérique, tout le monde va dans le même sens. Le mimétisme rassure, il évite de se distinguer, de s'attirer l'animosité d'autrui, il tient de la sauvegarde de soi-même. Si l'internaute en réseau perd de sa liberté individuelle, il y gagne un sentiment de libération collective.
797 mots
1 Mimétisme: reproduction machinale, inconsciente, de gestes et d'attitudes des gens de l'entourage.
2 Doxa: ensemble des opinions communes aux membres d'un groupe.
3 Panurgisme: comportement d'une personne qui imite systématiquement les autres.
4 Mantra: formule sacrée que l'on répète.
5 Antinomique: opposé.
Le besoin d'appartenir à un groupe empêche-t-il d'être libre ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le Discours de la Servitude volontaire de La Boétie, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)
Sujet B – Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier soir, Second soir, troisième soir. Parcours: le goût de la science.
Contraction de texte
Texte d'après un entretien accordé par Hubert Reeves à Sciences et avenir (Hors-série Une nouvelle histoire de notre univers, n°158, mai-juin 2009; propos recueillis par Aline Kiner et Sylvie Rouat).
Regarder le ciel, c’est d’abord une émotion. Il y a là un contact, essentiel pour l’homme, avec quelque chose de gigantesque qui le dépasse, l’oblige à sortir de lui-même. En même temps, regarder le ciel donne une autre dimension à notre humanité. Car nous savons aujourd’hui que les atomes dont nous sommes faits ont été forgés dans les étoiles, que nous faisons partie intégrante de l’Univers. Tous les événements qui s’y passent et s’y sont passés ont un rapport avec nous. L’astronomie, science des astres, raconte une histoire qui est aussi la nôtre: l’apparition de notre Système solaire, puis celle de l’être humain en sont des chapitres. Les astronomes, qui travaillent à décrire la genèse des atomes, des molécules, des planètes, de la vie, de tout ce qu’il a fallu pour que nous soyons là aujourd’hui, sont en fait des préhistoriens de l’épopée humaine. Cette prise de conscience est pour moi le plus grand apport de la science du 20 e siècle.
Un jour, Galilée a l’idée de tourner vers le ciel une lunette, un instrument qui servait jusqu’alors à surveiller les armées ennemies. Il découvre que le monde céleste n’est pas parfait, qu’il est soumis au changement. Les observations de Galilée apportent des preuves scientifiques à la découverte faite auparavant par Copernic, ce que Freud appellera « le choc astronomique »: la Terre, et donc l’homme, ne sont pas le centre du monde.
Souvenez-vous de l’astronomie telle qu’elle existait par exemple au temps de François Arago, il y a deux siècles: les étoiles que l’on observait à travers les télescopes semblaient appartenir à une réalité étrangère, loin de celle des humains. Mais si l’Univers a une histoire, cela change notre angle de vue: nous les regardons pour essayer de comprendre nos origines, comme nous tentons de le faire à travers la théorie de l’évolution. D’où venons-nous, pourquoi sommes-nous là, de quoi est fait notre passé ? L’homme est au cœur des recherches astronomiques. L’un des objectifs de l’astronomie est de faire comprendre au public que cette science le concerne au plus haut point, car elle lui parle de lui. Guy Béart ne chantait-il pas: « Parlez-moi de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse »… Et pour cela, il faut des passeurs: il y a de plus en plus de chercheurs qui veulent communiquer, partager leurs recherches. L’astronomie est d’ailleurs à la jonction de deux domaines: la poésie et la science. Le ciel est à la fois un lieu d’émerveillement et un lieu de connaissance, de rationalité, à partir duquel on peut construire des théories, à l’instar de Galilée ou Einstein. Les phénomènes célestes exercent un attrait puissant sur les jeunes gens et peuvent les motiver pour l’étude des sciences.
Étudier l’Univers donne un sens dramatique plus fort à ce qui se passe aujourd’hui sur Terre – je veux parler de la menace que nous faisons peser sur l’environnement par nos activités polluantes et destructrices. Dans notre Système solaire, seule la Terre abrite de la vie. Il s’est passé ici quelque chose de spécial, que les scientifiques peinent à expliquer aujourd’hui encore. Lorsqu’elle est née, il y a 4,5 milliards d’années, notre planète était un monde stérile, une boule de lave incandescente. Et pourtant, seulement quelques centaines de millions d’années plus tard, la vie foisonnait déjà dans les océans. Ce n’était encore que des bactéries et des algues bleues, mais elles allaient donner naissance, au fil des millénaires, à toutes les plantes et les créatures que nous connaissons, y compris nous-mêmes. Aujourd’hui, les activités humaines perturbent l’équilibre planétaire. Ce n’est pas la vie elle-même qui est menacée: elle est très robuste et pourra survivre sous certaines formes aux désordres qui s’annoncent. Mais l’homme, lui, est en péril. Il y a là quelque chose de dramatiquement ironique: l’espèce humaine a été capable de reconstituer le passé de l’Univers depuis le Big-Bang, de montrer à quel point nous vivons sur un astre unique. Et c’est précisément elle qui est menacée de disparition – au moins d’une grave détérioration de ses conditions d’existence – par ses propres agissements !
Pour moi, l’astronomie et l’écologie sont les deux volets d’une même histoire. L’astronomie nous explique comment nous en sommes venus à être ici; l’écologie nous indique comment y demeurer dans des conditions convenables. Ces deux sciences portent ce message: regardons d’où nous venons, émerveillons-nous, mais faisons attention, car notre avenir sera peut-être moins beau.
783 mots
Consigne
Vous résumerez ce texte en 196 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 176 mots et au plus 216 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet B - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Sujet B – Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, Premier soir, Second soir, troisième soir. Parcours: le goût de la science.
Essai
Texte d'après un entretien accordé par Hubert Reeves à Sciences et avenir (Hors-série Une nouvelle histoire de notre univers, n°158, mai-juin 2009; propos recueillis par Aline Kiner et Sylvie Rouat).
Regarder le ciel, c’est d’abord une émotion. Il y a là un contact, essentiel pour l’homme, avec quelque chose de gigantesque qui le dépasse, l’oblige à sortir de lui-même. En même temps, regarder le ciel donne une autre dimension à notre humanité. Car nous savons aujourd’hui que les atomes dont nous sommes faits ont été forgés dans les étoiles, que nous faisons partie intégrante de l’Univers. Tous les événements qui s’y passent et s’y sont passés ont un rapport avec nous. L’astronomie, science des astres, raconte une histoire qui est aussi la nôtre: l’apparition de notre Système solaire, puis celle de l’être humain en sont des chapitres. Les astronomes, qui travaillent à décrire la genèse des atomes, des molécules, des planètes, de la vie, de tout ce qu’il a fallu pour que nous soyons là aujourd’hui, sont en fait des préhistoriens de l’épopée humaine. Cette prise de conscience est pour moi le plus grand apport de la science du 20 e siècle.
Un jour, Galilée a l’idée de tourner vers le ciel une lunette, un instrument qui servait jusqu’alors à surveiller les armées ennemies. Il découvre que le monde céleste n’est pas parfait, qu’il est soumis au changement. Les observations de Galilée apportent des preuves scientifiques à la découverte faite auparavant par Copernic, ce que Freud appellera « le choc astronomique »: la Terre, et donc l’homme, ne sont pas le centre du monde.
Souvenez-vous de l’astronomie telle qu’elle existait par exemple au temps de François Arago, il y a deux siècles: les étoiles que l’on observait à travers les télescopes semblaient appartenir à une réalité étrangère, loin de celle des humains. Mais si l’Univers a une histoire, cela change notre angle de vue: nous les regardons pour essayer de comprendre nos origines, comme nous tentons de le faire à travers la théorie de l’évolution. D’où venons-nous, pourquoi sommes-nous là, de quoi est fait notre passé ? L’homme est au cœur des recherches astronomiques. L’un des objectifs de l’astronomie est de faire comprendre au public que cette science le concerne au plus haut point, car elle lui parle de lui. Guy Béart ne chantait-il pas: « Parlez-moi de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse »… Et pour cela, il faut des passeurs: il y a de plus en plus de chercheurs qui veulent communiquer, partager leurs recherches. L’astronomie est d’ailleurs à la jonction de deux domaines: la poésie et la science. Le ciel est à la fois un lieu d’émerveillement et un lieu de connaissance, de rationalité, à partir duquel on peut construire des théories, à l’instar de Galilée ou Einstein. Les phénomènes célestes exercent un attrait puissant sur les jeunes gens et peuvent les motiver pour l’étude des sciences.
Étudier l’Univers donne un sens dramatique plus fort à ce qui se passe aujourd’hui sur Terre – je veux parler de la menace que nous faisons peser sur l’environnement par nos activités polluantes et destructrices. Dans notre Système solaire, seule la Terre abrite de la vie. Il s’est passé ici quelque chose de spécial, que les scientifiques peinent à expliquer aujourd’hui encore. Lorsqu’elle est née, il y a 4,5 milliards d’années, notre planète était un monde stérile, une boule de lave incandescente. Et pourtant, seulement quelques centaines de millions d’années plus tard, la vie foisonnait déjà dans les océans. Ce n’était encore que des bactéries et des algues bleues, mais elles allaient donner naissance, au fil des millénaires, à toutes les plantes et les créatures que nous connaissons, y compris nous-mêmes. Aujourd’hui, les activités humaines perturbent l’équilibre planétaire. Ce n’est pas la vie elle-même qui est menacée: elle est très robuste et pourra survivre sous certaines formes aux désordres qui s’annoncent. Mais l’homme, lui, est en péril. Il y a là quelque chose de dramatiquement ironique: l’espèce humaine a été capable de reconstituer le passé de l’Univers depuis le Big-Bang, de montrer à quel point nous vivons sur un astre unique. Et c’est précisément elle qui est menacée de disparition – au moins d’une grave détérioration de ses conditions d’existence – par ses propres agissements !
Pour moi, l’astronomie et l’écologie sont les deux volets d’une même histoire. L’astronomie nous explique comment nous en sommes venus à être ici; l’écologie nous indique comment y demeurer dans des conditions convenables. Ces deux sciences portent ce message: regardons d’où nous venons, émerveillons-nous, mais faisons attention, car notre avenir sera peut-être moins beau.
783 mots
Sujet
Le goût de la science nous aide-t-il à voir le monde autrement ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur Les Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)
Sujet C – Graffigny, Lettres d'une Péruvienne. Parcours: « un nouvel univers s'est offert à mes yeux ».
Contraction de texte
Texte d'après un entretien accordé par l'écrivain Mathias Énard au magazine Le UN des libraires ( L'Art de voyager, printemps 2024, propos recueillis par Lou Héliot).
À l'origine, le voyage est lié à la découverte — scientifique, économique, politique, commerciale, militaire... Les récits de voyage existent alors, mais ils sont surtout utilitaires. Les pèlerins du Moyen Âge rédigent des sortes de guides qui indiquent par où passer et ne pas passer, où dormir, etc. Marco Polo écrit pour les autres commerçants vénitiens, qui voudraient faire le même trajet que lui. Du côté de la péninsule arabique, on trouve des textes magnifiques: des « poèmes de navigation », sortes de cartes maritimes écrites en vers que l'on apprenait par cœur et qui expliquaient en détail comment se rendre, par exemple, d'Oman à Zanzibar.
Il existe aussi des récits de voyages merveilleux, d'aventures comme l' Odyssée où Ulysse découvre des pays et des peuples qui n'existent pas, qui ne figurent pas sur les cartes des marchands grecs ou phéniciens de l'époque. Ces deux pôles vont coexister jusqu'au 13 e siècle environ. Mais c'est vraiment à partir de la fin du 18 e siècle que le voyage va devenir un art, un but en soi et une expérience décorrélée du déplacement: un moment de contemplation, de réminiscence, de mélancolie. Et cela s'incarne en littérature avec des récits de « voyage » proprement dit, et intitulés comme tels.
Il faut bien voir que si le 19 e siècle est le grand moment du récit de voyage, c'est aussi parce qu'il est le grand moment de l'exploration, de la découverte, de la recherche géographique, archéologique, botanique... Au cours de ce siècle, une grande partie de l'Afrique reste inconnue des Européens, tout comme une grande partie de l'Amérique du Sud. Mais, bien entendu, la destination qui s'impose à cette époque, c'est l'Orient. Si les destinations sont souvent les mêmes — Constantinople, l'Égypte, les paysages bibliques —, chaque récit est différent. Il ne s'agit plus ici de donner des conseils pratiques — le guide est désormais un genre à part entière, bien séparé. Ce qui se raconte dans ces récits, c'est véritablement la personnalité et la sensibilité du voyageur romantique. Son vécu devient plus intéressant que la destination elle-même.
Le voyage est inconfortable, par la nature même du déplacement — les valises, le train, le décalage... —, mais surtout parce que l'on manque toujours de temps pour apprendre, pour comprendre les lieux que l'on traverse. Le voyage s'accompagne toujours de cette sensation d'être un peu perdu, un peu déplacé, décentré. Une sensation à la fois fascinante, quoiqu'aussi souvent amère, frustrante. Je n'aime les voyages que quand ils sont longs, qu'ils s'étendent sur plusieurs années.
Le tourisme est une forme dévoyée du voyage. On a l'impression que le tourisme prend physiquement la place du voyageur, l'enfermant dans un trajet tout tracé et l'empêchant de raconter autre chose. Il n'y a plus de place pour le récit lorsqu'on est au milieu d'une foule de gens qui vont à droite, à gauche sur la base des mêmes informations puisées aux mêmes guides, répétant inlassablement les mêmes gestes devant les mêmes paysages, mangeant la même glace au même café... Le tourisme de masse, en ce sens, est une malédiction.
La découverte d'un Orient exotique et lointain est derrière nous. Nous avons désormais des images, des connexions, des liens bien plus étroits qu'à l'époque où personne ne savait à quoi ressemblaient Alger ou les pyramides ! La distance parcourue par les voyageurs d'aujourd'hui est en réalité infiniment moins grande qu'alors. Et, en sens inverse, de nombreux auteurs turcs, syriens, indiens... ont écrit sur leur découverte de l'Occident. Disons que l'expérience du voyage est plus « à parts égales », on se détache de ce mouvement de domination de l'Europe vis-à-vis du reste du monde. Maintenant, tout le monde est dominé et aliéné de la même manière par le commerce et le marketing !
Nous vivons dans un monde complètement différent de celui des grands voyageurs du 19 e siècle. Cela ne veut pas dire que le voyage est devenu impossible. En réalité, ce qui compte, c'est la manière dont on va l'expérimenter et le raconter. On peut tout à fait conserver l'esprit de voyage à quelques mètres de chez soi. La seule condition est de faire l'expérience de la différence, de cette tension qu'il y a entre soi et l'autre quand on reçoit une forme d'altérité et qu'on s'y confronte. C'est pour moi le voyage réduit à sa plus simple expression. Que l'on soit à l'autre bout du monde ou à cinquante mètres de chez soi, à pied ou à dos d'âne, cela importe peu, en vérité.
740 mots
Consigne
Vous résumerez ce texte en 185 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 167 et au plus 203 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de la contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet C - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Sujet C – Graffigny, Lettres d'une Péruvienne. Parcours: « un nouvel univers s'est offert à mes yeux ».
Essai
Texte d'après un entretien accordé par l'écrivain Mathias Énard au magazine Le UN des libraires ( L'Art de voyager, printemps 2024, propos recueillis par Lou Héliot).
À l'origine, le voyage est lié à la découverte — scientifique, économique, politique, commerciale, militaire... Les récits de voyage existent alors, mais ils sont surtout utilitaires. Les pèlerins du Moyen Âge rédigent des sortes de guides qui indiquent par où passer et ne pas passer, où dormir, etc. Marco Polo écrit pour les autres commerçants vénitiens, qui voudraient faire le même trajet que lui. Du côté de la péninsule arabique, on trouve des textes magnifiques: des « poèmes de navigation », sortes de cartes maritimes écrites en vers que l'on apprenait par cœur et qui expliquaient en détail comment se rendre, par exemple, d'Oman à Zanzibar.
Il existe aussi des récits de voyages merveilleux, d'aventures comme l' Odyssée où Ulysse découvre des pays et des peuples qui n'existent pas, qui ne figurent pas sur les cartes des marchands grecs ou phéniciens de l'époque. Ces deux pôles vont coexister jusqu'au 13 e siècle environ. Mais c'est vraiment à partir de la fin du 18 e siècle que le voyage va devenir un art, un but en soi et une expérience décorrélée du déplacement: un moment de contemplation, de réminiscence, de mélancolie. Et cela s'incarne en littérature avec des récits de « voyage » proprement dit, et intitulés comme tels.
Il faut bien voir que si le 19 e siècle est le grand moment du récit de voyage, c'est aussi parce qu'il est le grand moment de l'exploration, de la découverte, de la recherche géographique, archéologique, botanique... Au cours de ce siècle, une grande partie de l'Afrique reste inconnue des Européens, tout comme une grande partie de l'Amérique du Sud. Mais, bien entendu, la destination qui s'impose à cette époque, c'est l'Orient. Si les destinations sont souvent les mêmes — Constantinople, l'Égypte, les paysages bibliques —, chaque récit est différent. Il ne s'agit plus ici de donner des conseils pratiques — le guide est désormais un genre à part entière, bien séparé. Ce qui se raconte dans ces récits, c'est véritablement la personnalité et la sensibilité du voyageur romantique. Son vécu devient plus intéressant que la destination elle-même.
Le voyage est inconfortable, par la nature même du déplacement — les valises, le train, le décalage... —, mais surtout parce que l'on manque toujours de temps pour apprendre, pour comprendre les lieux que l'on traverse. Le voyage s'accompagne toujours de cette sensation d'être un peu perdu, un peu déplacé, décentré. Une sensation à la fois fascinante, quoiqu'aussi souvent amère, frustrante. Je n'aime les voyages que quand ils sont longs, qu'ils s'étendent sur plusieurs années.
Le tourisme est une forme dévoyée du voyage. On a l'impression que le tourisme prend physiquement la place du voyageur, l'enfermant dans un trajet tout tracé et l'empêchant de raconter autre chose. Il n'y a plus de place pour le récit lorsqu'on est au milieu d'une foule de gens qui vont à droite, à gauche sur la base des mêmes informations puisées aux mêmes guides, répétant inlassablement les mêmes gestes devant les mêmes paysages, mangeant la même glace au même café... Le tourisme de masse, en ce sens, est une malédiction.
La découverte d'un Orient exotique et lointain est derrière nous. Nous avons désormais des images, des connexions, des liens bien plus étroits qu'à l'époque où personne ne savait à quoi ressemblaient Alger ou les pyramides ! La distance parcourue par les voyageurs d'aujourd'hui est en réalité infiniment moins grande qu'alors. Et, en sens inverse, de nombreux auteurs turcs, syriens, indiens... ont écrit sur leur découverte de l'Occident. Disons que l'expérience du voyage est plus « à parts égales », on se détache de ce mouvement de domination de l'Europe vis-à-vis du reste du monde. Maintenant, tout le monde est dominé et aliéné de la même manière par le commerce et le marketing !
Nous vivons dans un monde complètement différent de celui des grands voyageurs du 19 e siècle. Cela ne veut pas dire que le voyage est devenu impossible. En réalité, ce qui compte, c'est la manière dont on va l'expérimenter et le raconter. On peut tout à fait conserver l'esprit de voyage à quelques mètres de chez soi. La seule condition est de faire l'expérience de la différence, de cette tension qu'il y a entre soi et l'autre quand on reçoit une forme d'altérité et qu'on s'y confronte. C'est pour moi le voyage réduit à sa plus simple expression. Que l'on soit à l'autre bout du monde ou à cinquante mètres de chez soi, à pied ou à dos d'âne, cela importe peu, en vérité.
740 mots
Sujet de l'essai
Le voyage permet-il toujours de découvrir un autre univers ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les Lettres d'une Péruvienne de Madame de Graffigny, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
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